Musiques et Sons du Maghreb #1 – La Musique Citadine

Musiques et Sons du Maghreb #1 – La Musique Citadine

#1 La Musique citadine

La musique maghrébine se compose de quatre grands genres musicaux : la musique citadine arabe (Ala, Malouf, Malhoun, Chgouri, Haouzi..etc), la musique populaire (châabi, Aita, Rai, Reggada..), la musique berbère (Ahwash, Kabyle, Tsanguif, Ahidous..), la musique bédouine (Guedra, Targui, Ahellil , la musique spirituelle (Madah, Aissawa, Gnawa, Samaa…) et la variété occidentale (jazz, rap, rock, funk, orchestre philarmonique…) et la variété orientale (libano-égyptenne, indienne…etc). Chaque groupe musical en soi est constitué de sous-groupes régionaux.

1- La Musique arabo-andalouse

La musique arabo-andalouse (arabe : الطرب الأندلسي), aussi appelée [read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]al moussiqa al andaloussia, gharnati, san’â, chaàbi, hawzi ou malouf en Algérie, al-ala, gharnati ou al-ala au Maroc, malouf en Tunisie et en Libye est un genre musical profane, classique ou savant, du Maghreb, distinct de la musique arabe classique pratiquée au Moyen-Orient (ou Machrek) et en Égypte. Elle est l’héritière de la musique pratiquée en Espagne et au Portugal avant la Reconquista et de la tradition musicale arabe transmise au ixe siècle de Bagdad (alors capitale des Abbassides) à Cordoue et Grenade grâce notamment à Ziriab, musicien brillant qui en créa à l’époque les bases, en composant des milliers de chants et en instituant le cycle des noubat, composées de formes poétiques tels le muwashshah ou le zadjal (qui furent l’une des sources des Cantigas de Santa Maria du roi Alphonse X de Castille, du flamenco et des troubadours). Cette musique aura également une influence sur la musique occidentale contemporaine, notamment sur les œuvres de Camille Saint-Saëns à la suite de ses contacts avec des musiciens Algériens, tel Mohamed Sfindja.

De ces instables émigrations, se sont alors formées des Ecoles différentes, tirant leurs influences des trois Ecoles Andalouse principales : Cordoue, Séville et Grenade. On retrouvera alors au Maghreb l’Ecole Algérienne, l’Ecole Libyenne, l’Ecole Marocaine, et l’Ecole Tunisienne. Ces différences font alors dire aux connaisseurs que Tlemcen reçut l’héritage musical de Cordoue, Fès celui de Grenade, tandis que Tunis et Tripoli bénéficièrent de l’héritage de Séville.

Nouba de Fes:

Au Maroc, les Andalous apportent trois formes musicales : « tarab al-âla », forme principale rencontrée à Fès, « tarab al-gharnâti », forme rencontrée à Oujda, Rabat et Salé ainsi que les « piûtim » et les « trîq » pratiquées par les juifs. Le pays est fortement imprégné par la culture arabo-andalouse pour de multiples et évidentes raisons. Par sa proximité géographique avec l’Espagne qui fera qu’une large majorité d’arabo-andalous chassés s’installeront par strates successives (avant et après 1492 et en 1609) au Maroc. Cette musique est restée très vivace au Maroc où elle possède un véritable public d’avertis depuis des siècles.

Nouba Raml El Maya (Tlemcen)

Nouba Qodam El Maya (Fez)

[/read]

1-1 Musique séfarade

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]
Tarab Sefardi (Tetouan)

Il y avait bon nombre de musiciens juifs au sein du Califat qui régnait sur l’Espagne au Moyen Âge. De même, on en retrouve aussi à la Cour d’Alphonse X de Castille, où ils participeront à l’élaboration des Cantigas de Santa Maria. Cette harmonie des cultes ne devait pas durer et lors de la Reconquista, bon nombre de musiciens juifs furent contraints à l’exil en même temps que les Arabes ou musulmans. Il y eut plusieurs vagues d’émigrations qui portèrent au Maghreb ces réfugiés. Ils y furent bien reçus et purent continuer leurs activités musicales (piyyut) en se regroupant au sein de quelques cités. Ils adoptèrent alors l’arabe comme langue et pratiquèrent le répertoire arabo-andalou (puis l’aroubi), d’autant plus facilement que les Musulmans avaient des réticences vis-à-vis de la musique instrumentale. Cette tradition et cette cohabitation dure depuis des siècles sans faillir.

Romance séfarade

Langue vernaculaire judeo-andalouse, la Haketia tire son nom d’un terme arabe, ħaka حكى, qui signifie « dire » ou « raconter ». Son foyer de la haketia se situe sur la côte nord du Maroc, à Tétouan, avec une forte implantation dans les villes de Tanger, Larache, Asilah, Ksar El Kebir, Chefchaouen. Du fait des mouvements migratoires des populations juives, la haketia s’est diffusé par la suite en Algérie, essentiellement dans la région d’Oran (voir Tetuani), et en Amérique latine.

On s’accorde à relever une influence croissante de l’espagnol péninsulaire sur la haketia au fil du temps. Cette « recastillanisation » (Haïm Vidal Séphiha)  ou « hispanisation » (Yaakov Bentolila)  peut être datée de 1860, date à laquelle une expédition espagnole s’empare de Tétouan. Une telle évolution est favorisée par les contacts étroits qu’entretient le Maroc avec la péninsule Ibérique, contacts renforcés par la colonisation et l’instauration du protectorat espagnol sur le Maroc en 1912.

Hija Mia- Amina Alaoui (Haketia de Tetouan)

[/read]

1-2 Tarab El Ala (Maroc)

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]

Le Maroc a été fortement imprégné par la culture et la musique andalouse à la fois en raison de la proximité géographique avec l’Espagne, de l’intervention des dynasties de l’actuel Maroc en Andalousie, de l’installation de nombreux andalous de Tolède, Cordoue, Séville, Valence ou Grenade à la suite de l’expulsion des Morisques d’Espagne vers le Maroc en 1609. Du fait de sa position géographique, le Maroc a toujours été une zone naturelle d’échanges entre l’Europe, l’Afrique et le monde musulman. Du fait de sa position de capitale (en particulier spirituelle), la ville de Fès devint la patrie de nombreux réfugiés musulmans et juifs espagnol. Un quartier de Fès est d’ailleurs aujourd’hui connu sous le nom de Quartier andalou.

Tarab El Ala (Fes)

La musique andalouse marocaine est nettement différente de la musique orientale : elle ne comporte généralement pas de quarts de tons, elle suit en principe le système de la gamme tempérée occidentale, la gamme est souvent exécutée comme une seule succession mélodique, alors qu’en musique orientale, elle est polycorde et, enfin, sa ligne mélodique est simple et claire, les modulations y sont rares. La composition musical est construite selon un nouba, c’est-à-dire un mode dans lequel des pièces instrumentales et vocales s’enchaînent selon un ordre déterminé et selon une progression musicale allant du non mesuré au mesuré. Un prélude libre, laissant une large place à l’improvisation ouvre la suite où se succèdent diverses pièces, notamment des poèmes dont les thèmes sont souvent l’amour, la nature, le vin… La nouba se termine par une phase plus vive, plus rythmée.

Tarab Andaloussi de Fes

Opéra de Rabat

Rabat constitue également une des 3 principales écoles de musique arabo-andalouse d’al-Ala, les Rbatis sont, traditionnellement, amateurs de cette musique. De nos jours, une demi douzaine d’orchestres de la musique al-aala sont actifs à Rabat.

Ala de Rabat

Chabab El Andalous de Rabat

Actuellement, les groupes les plus connus d’Al-Aala de Rabat (Chabab Al-Andalus, Orch. Amine Debbi, Orch. de l’assoc. des amateurs de musique andalouse á Rabat) suivent une école « ‘hybride », résultante d’une période oú les médias (qui se résumaient á la seule radio-TV gouvernementale) donnèrent beaucoup d’importance á l’orchestre Loukili (orch. de la Radio-TV marocaine).

Al Ala de Rabat

Originaire d’Afghanistan et du Nord du Pakistan, le r’bab, rubab, robab ou rabab est un instrument à cordes joué dans de nombreux groupes de musique arabo-andalouse.

Al Ala de Rabat

Sur le plan musical, Tétouan est également un centre de rencontre de plusieurs styles andalous: la musique andalouse d’Al Aala, principal genre de musique de la ville qui anime toutes les occasions festives, a été modernisé par Mohammed El Arbi Temsamani. Les principaux instruments sont le violon, le luth et les percussions (Tar et Derbouka). Le piano et les cuivres (saxophone et clarinette) ont été introduits par Temsamani.

Al Ala de Tetouan

Tétouan n’était plus qu’une modeste bourgade avant l’arrivée des musulmans d’Andalousie. Les émigrés Grenadins furent à l’origine de la renaissance de la ville et de son extraordinaire développement. Pendant quatre siècles, du XVIe au XIXe, Tétouan fut un foyer de culture andalouse . Gouvernée par de grandes familles au pouvoir héréditaire, riche d’une forte élite intellectuelle et commerçante se perpétuant d’âge en âge, elle sut maintenir son autonomie politique, étendre ses échanges vers l’Europe et le Proche-Orient, accueillir des populations diverses, tout en conservant sa profonde originalité culturelle.

Qacida de Tetouan

Suivant l’école de Tétouan, la Ala de Chaoue a des marques spécifiques (abscence d’inqilab pendant l’insiraf vers le Mcharqi Sghir, contrairement aux autres écoles du Maroc)

Ala de Chaouen

De nos jours le répertoire Al-âla du Maroc ne comprend plus que 11 noubas sur les 24 théoriques. Elles sont complètes et longues comme le veut la tradition puisque chaque nouba est supposée durer 1 heure, ce qui les singularise par rapport aux autres noubas maghrébines plus nombreuses, parfois incomplètes mais surtout plus courtes; chacune d’entre elles est divisée en cinq mouvements (mîzân) joués sur cinq rythmes de base. Chaque nouba est très longue mais il est rare qu’on les joue au complet. On se contente souvent de jouer un seul mouvement. Chaque suite comprend des poèmes chantés en arabe littéral ou dialectal.

Toushia de Fez

L’orchestre est généralement composé du plusieurs instruments à cordes (violon, rebab, oud, violoncelle, alto), des percussions et un ou plusieurs chanteurs. Les membres de l’orchestre sont tous vêtus d’une tenue marocaine traditionnelle avec un Fez, des djellabas blanches et des babouches blanches ou jaunes.

Orchestre de Fez

Après l’avènement des Alaouites, en 1660, la musique arabo-andalouse connaît un nouvel essor grâce aux zâwya et tariqa (confréries soufies) qui encouragent leurs adeptes à la pratique musicale. Un siècle plus tard, le Tétouanais Al-Hâ’ik sauvegarde le patrimoine poétique et musical de al-Âla.

Mawal de Tetouan

En 1886, Al-Jâm’î publie un ouvrage sur le répertoire pratiqué à Fès : Précis du kunnâsh de al-Hâ’ik. Entre la fin du xixe siècle et le début du xxe siècle, des mouvements importants de populations au sein du Maroc auraient entraîné une dissémination de la musique andalouse dans le pays. Ceci renforça la vivacité déjà préexistante de cette musique qui possède un véritable public d’avertis depuis des siècles.

Mawal de Fez

À la même période, entre Oujda et Tlemcen et Oran (en Algérie) des échanges musicaux et humains ont eu lieu entrainant une dissémination du style gharnati au Maroc
[/read]

1-3 Gharnati (Algérie, Maroc)

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]
Gharnati de Fez

Le gharnati ou musique gharnatie (arabe : الغرناطي) désigne le répertoire de musique arabo-andalouse qui porte en souvenir, le nom de la ville espagnole de Grenade, dont il est originaire. Le gharnati est généralement exécuté en petite formation, composée de musiciens à la fois instrumentistes et chanteurs, et valorisant le chant en solo. Le chant est exécuté à l’unisson par un ensemble restreint, parfois enrichi d’ornements vocaux effectués par le mounchid, ce qui différencie le gharnati d’autres styles de musique arabo-andalouse

Gharnati de Fez

Pour beaucoup d’historiens en art, le berceau arabe du chant grenadin reste la ville algérienne de Tlemcen. De même, les premiers chanteurs gharnatis du Maroc du XIXe siècle avaient, le plus souvent, des origines algéro-andalouses. Grenade et Tlemcen ont partagé des intérêts communs et établi des alliances : les dynasties nasride de Grenade et zianide se sont liées contre les couronnes d’Aragon et celle de Mérinides au Maroc, ce qui a conduit un très grand nombre de familles grenadines à se réfugier en premier à Tlemcen après la chute de Grenade en 1609.

Gharnati de Tlemcen

De retour au Maroc, les maîtres du chant grenadin se sont majoritairement installés à l’ouest du Maroc, à Oujda, dans le nord, à Tanger, Tétouan mais aussi vers le centre, à Fès, Zarhoun et à Rabat. Au début du XIXe siècle, les « qsidas » religieuses furent récitées dans des « msids », des écoles où l’on apprenait, également, le Coran. Les « qsidas » sentimentales, elles, furent chantées dans des célébrations traditionnelles, telles que les mariages et les fêtes. Pour le musicologue Ahmed Aydoune, la musique gharnatie est celle de l’intelligentsia du Maroc, des bourgeois et des amoureux de la littérature arabe.

Gharnati de Rabat

Au gré des siècles, une nouvelle tendance est née : soucieux de l’aspect sophistiqué de ce style musical, les mâalems marocains ont donné naissance à des écoles modernes entièrement dédiées à leur art fétiche. Parler de l’Ecole de Rabat ramène automatiquement à reconnaître le travail accompli par Ahmed Piro, l’un des piliers de cet héritage musical. « J’ai grandi dans une famille de mélomanes épris de la tradition musicale grenadine. Inévitablement, depuis mon plus jeune âge, je connais par coeur des centaines de qsidas. J’en compose également, au gré de mes inspirations. L’école gharnatie de Rabat, elle, ne déroge pas aux règles musicales des autres écoles du même style », témoigne maître Piro. Et de conclure : « Même si au Maroc, l’heure est à la fusion des genres musicaux, les mordus de la tradition grenadine préfèrent rester fidèles aux règles et exigences de cet art ancestral ».

Gharnati de Rabat

Tlemcen est également la capitale de la musique arabo-andalouse en Algérie. Elle est le berceau de grands artistes de ce genre. Deux anciennes écoles de musique arabo-andalouse co-existent en Algérie. Celle de Tlemcen et de Constantine. L’école d’Alger ne fut fondé que plus tardivement. Elle est davantage reconnue comme un berceau du « hawzi », un autre genre musical qui découle de la musique andalouse.

Gharnati d’Alger

Gharnati de Tlemcen

L’Association de Musique Andalouse EL-BACHTARZIA de Koléa a été fondé en 1992 en hommage au grand Maître de la musique arabo-andalouse et homme de théatre, Mahiéddine BACHTARZI.

Gharnati d’Oujda

Festival de la Musique Gharnatie à Oujda

[/read]

1-4 Malouf (Algérie, Tunisie, Libye)

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]
Le Malouf remonte aux origines lointaines des écoles de Séville, Grenade et Cordoue. Son introduction s’est faite progressivement par les musiciens andalous chassés d’Espagne, avant de se fixer dans l’Est algérien. Le malouf qui reste fondamentalement un dérivé populaire de la musique andalouse revêt certaines particularités: utilisation du quart de ton, qui confère un aspect de maqam hérité de la musique arabe, et des sonorités riches du fait que l’accordage du violon qui se met différemment des autres genres andalous. Il faut savoir que le malouf est une poésie rythmée appelée zjel qui a sa propre interprétation, ses rythmes dynamiques et son harmonie mélodieuse qui se base sur une suite de mouvements.

Malouf de Constantine

À Constantine il existe un autre genre musical majeur, aussi ancien que la nouba, connu sous la dénomination de Zjoul (ce sont des azjels propre à l’école de Constantine et non interprétés dans la nouba). Les thèmes des Zjoul ont trait à la nature. On interprète les zjoul sur une musique monocorde qui se termine par une envolée élégante. Ce genre musical utilise les modes musicaux connus dans l’école andalouse de Constantine mais avec des rythmes qui lui sont propres. Le chant des Zjoul s’accompagne souvent par les frappes des mains.

Zjoul de Constantine

Dérivé du Malouf, le Mahjouz est un autre genre où le chant est fortement scandé et accompagné d’une musique composée sur les modes musicaux du Malouf, mais avec des rythmes différents de ceux de la Nouba. Dans ce genre musical, la zorna (instrument à vent de la famille des hautbois) tient la place du f’hel (petite flûte faite à partir de la tige d’un roseau). Les textes du Mahjouz sont en arabe populaire algérien, dont les auteurs sont des poètes issus du sud-est constantinois de l’époque.

Mahjouz de Constantine

Le maalouf est également très répandu à Annaba, représenté par les artistes Hassan El Annabi, Hamdi Benani, Cheikh Dib, M’barek Dekhla, Salim Halali et Allaoua El Far.

Dans la tradition musicale tunisienne, la Malouf occupe une place privilégiée car il comprend l’ensemble du patrimoine musical traditionnel et englobe aussi bien le répertoire profane (hazl) que les répertoires religieux (jadd) rattachés aux liturgies des différentes confréries. Il recouvre toutes les formes de chant traditionnel classique : le muwashshah, genre post-classique dont la forme se détache du cadre rigide du qasida classique, le zadjal qui s’apparente au muwashshah mais fait surtout usage de la langue dialectale, et le shghul, chant traditionnel élaboré . Mais la forme principale du malouf est la nouba, terme désignant à l’origine la séance de musique et que l’on peut aujourd’hui traduire par « suite musicale ».

Malouf Tunisien

Kairouan, capitale des Aghlabides et première ville religieuse du pays, cultive vers la fin du viiie siècle un art musical comparable à celui qui fleurit à Bagdad et son influence s’étend jusqu’à Fès (Maroc) en passant par Béjaïa, Constantine et Tlemcen en Algérie. C’est pourquoi l’illustre musicien Ziriab, fraîchement expatrié de Bagdad, en fait une longue étape de son voyage vers l’Occident (aux environs de 830) avant de s’établir à Cordoue où il fondera la première école de musique andalouse.

Malouf de Kairouan

Si le malouf tunisien a subi l’influence ottomane qui se traduit par l’usage des modes (maqâmat) et des formes (bashraf et samai) turques, l’accord des instruments reste maghrébin et la musique reste ancrée dans le genre arabo-andalou et l’art de la nouba occidentale. L’école de Kairouan s’est transportée à Tunis, où le malouf est représenté par : Khemaïs Tarnane, Cheikh El Afrit, Raoul Journo, Ali Sriti, Lotfi Bouchnak, Tahar Gharsa, Zied Gharsa.

Malouf de Tunis

La Libye possède également un patrimoine commun issu de la musique arabo-andalouse. Mais ce pays, plus que les trois autres a subi l’influence turque qui a laissé des traces très visibles jusqu’à l’occupation italienne en 1911.Le malouf libyen a quasi disparu aujourd’hui et n’est plus guère représenté que par l’Ensemble de Malouf de la Grande Jamahiriya dirigé par Hassan Laribi.

Malouf Libyen

Malouf Libyen

[/read]

1-5 Sanâa(Algérie)

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]

Le Sanaa est la forme algéroise de la musique arabo-andalouse, à la suite de l’installation des réfugiés andalous et morisques, en majorité cordouans, à Alger.

Les villes du centre de l’algérie comme: Blida, Bejaia, Cherchell suivent aussi la tradition de l’école andalouse d’Alger. Mostaganem est la seule ville de l’ouest Algérien où on pratique la San’aa Algéroise.


[/read]

1-6 Hawzi (Algérie)

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]

Le haouzi est un genre poétique qui est né dans les faubourgs de Tlemcen et s’est répandu au sein des populations citadines. En l’absence de documents situant précisément son émergence, on peut affirmer que Khaled El Mendassi a été le premier poète populaire au cours du xvie siècle à l’avoir consacré.

Le haouzi est au gharnati ce que le zadjal est au muwashah. Du point de vue linguistique, il se distingue par l’emploi de la langue usuelle populaire de l’époque. C’est une longue poésie qui compte des strophes constituées en refrains (Aqfal) et en couplets (Adouar). Les spécialistes en attribuent avec certitude l’origine socio-historique à la ville de Tlemcen et ses alentours. Pour ses compositions musicales, le Haouzi utilise huit modes sur seize connus dans le répertoire de la musique classique algérienne dit  » musique andalouse  » à savoir: Moual, âraq, Ghrib, Reml maya, Jarka, Zidane, Sika, Mazmoum. Ses principales variantes sont appelées M’senaa, Goubahi, Bérouali, Zendali. Les concepteurs de ce genre sont tous d’origine tlemcenienne et ils se sont inspirés du patrimoine arabo-andalou pour y apporter les dernières perfections savantes. Parmi les plus célèbres de ces poètes et musiciens, on peut citer Mohamed BENMSAÏB, Ahmed BENTRIKI ou encore Mohamed BENSAHLA et son fils Boumediène.

Fadhéla Dziria, (1917-1970), l’une des figures les plus marquantes de la chanson citadine dite « Haouzi »

Hawzi de Blida

[/read]

1-7 Melhoun (Maroc)

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]

Le melhoun est un genre musical populaire citadin qui puise ses textes dans les répertoires des poètes du melhoun marocain. L’origine du Malhoun est une forme musicale savante relativement moderne qui remonte au xiie siècle, et emprunte ses modes à la musique arabo-andalouse en simplifiant ses modes et se développe sous une forme littéraire ne respectant pas la structure grammaticale classique (le Qasidah).

Musique citadine, le Malhoun se développe principalement à l’intérieur des corporations artisanales de Meknes. Il s’agit d’une poésie chantée en arabe dialectal, à sujet bien religieux que profane, caractérisé par un langage sophistiqué et par une mélodie en style déclamatoire. Le poème écrit en zéjal est enrichie de mélodies populaires, cette création va donner naissance au Melhoun. Cette poésie conserve la division du texte en strophes comme dans le chant andalou : le couplet (ghson : branche ou rameau) peut comprendre de huit à seize vers, un court refrain (harba : lance) offre une alternance qui permet de rompre la monotonie du discours musical du chant melhoun.

D’après Ibn Khaldoun à l’époque de la dynastie almohade de nombreuses productions maghrébines et andalouses du zajal (poème écrit en arabe dialectal) ont vu le jour, c’était les prémices du Melhoun. La forme première du Melhoun était véhiculée par El meddah (le laudateur) et s’accommodait en effet très bien avec la mission de diffusion d’informations que s’étaient assignée les premiers Almohades.

D’Azemmour à Salé, le Melhoun a connu des jours fastes au XIXème siècle avec des représentants illustres qui ont en ont fait un chaînon fort du malhoun et de la tradition poétique zemmourie et salouie de ce siècle.

Malhoun de Salé

Malhoun d’Azemmour

Le Malhoun a également été introduit à Marrakech après l’installation de nombreuses fammiles originaires de Fez au début du XX siècle

Malhoun de Marrakech

Malhoun de Fez

Selon le chercheur illustre du patrimoine du malhoun. Ahmed Souhoum, Mohamed Ben Sghir représente un chaînon fort du malhoun et de la tradition poétique d’Essaouira de ce siècle. Ce maître était un adepte de la confrérie des aissaoua pour laquelle il a composé plusieurs chants religieux (adkar). Sa poésie d’une extrême finesse épousait la culture de son époque. Néanmoins la richesse de ses textes et de son répertoire lui ont valu une grande notoriété dans tout le Maroc et ce jusqu’à nos jours. Parmi ses célèbres qaçaïd on peut citer en particulier Lafjar (l’aube); achamâa (la bougie), al falaka (la punition), al kasbah et al warchane (la colombe). Al Warchane est un véritable hymne à l’amour de l’auteur pour sa ville natale, poésie dans laquelle la colombe d’Essaouira effectue une longue pérégrination, imaginaire jusqu’à Tlemcen en Algérie après avoir rendu visite aux sept saints des regraga dans l’arrière pays des chiadmas pour recueillir leur bénédiction.


[/read]

1-8 Chaabi algérois (Algérie)

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]

En Algérie, le chaâbi désigne un genre musical né à Alger au début du xxe siècle, dérivé de la musique arabo-andalouse.

En parallèle du medh (chant religieux) qui est l’ancêtre du chaâbi, Alger possédait déjà un autre genre musical populaire qu’on appelle aroubi et qui puise ses modes dans la musique arabo-andalouse. Au temps de Cheïkh Nador (décédé en 1926) il y avait une pléiade d’artistes meddah (interprète du medh) tels que Mustapha Driouèche, Kouider Bensmain, El Ounas Khmissa, Mohamed Essafsafi, Saïd Derraz, Ahmed Mekaïssi, Saïd Laouar, Mahmoud Zaouche. Au début du vingtième siècle, existait déjà une tradition dans les fumeries de la Casbah d’Alger qui consistait à interpréter des istikhbar (improvisation musicale, prélude vocal improvisé sur un rythme libre) dans les modes musicaux sika et sahli tout en s’accompagnant d’un guember. À l’origine, les chants sacrés du medh étaient accompagnés par le son des instruments à percussion et des instruments à vent.

Les musiciens ont commencé alors à adapter les textes interprétés aux modes andalous de l’école algéroise tout en travaillant la forme et l’orchestration. Ce n’était pas la forme musicale la plus appréciée, ni la plus écoutée car parfois les textes du Melhoun sont écrits en arabe dialectal marocain mais qu’en plus leur contenu est frappé d’anachronisme et ne reflète aucunement les événements socio-historiques qu’a connus l’Algérie.

Le chaâbi est ainsi né au début du xxe siècle dans la région d’Alger . Il est issu d’un mélange entre trois sources principales : la mélodie arabo-andalouse, le melhoun marocain et la poésie amoureuse ainsi que la langue berbère dans un certain temps. Le genre appartient dans sa forme à la musique arabo-andalouse mais enrichi aujourd’hui par divers influences arabe, européenne et africaine dans ses mélodies et gnawa et berbère dans ses rythmes. Alger demeure son centre le plus actif, suivi par, dans une moindre mesure, la ville de Mostaganem. Cependant, il est apprécié dans toute l’Algérie, pour l’aspect moral et social de ses textes.

Le chaâbi utilise les instruments de musique suivants : deux instruments à percussion à savoir la derbouka et le tar mais aussi le mandole chaâbi (instrument typiquement algérien, sorte de grosse mandoline aux sonorités de guitare, munie d’un long manche avec quatre cordes doubles en métal), le violon et le banjo (généralement dans l’orchestre chaâbi, nous avons un banjo guitare et un banjo ténor), ney (flûte en roseau) sans oublier le qanûn. Les violonistes de l’arabo-andalou et du chaâbi utilisent toujours leur violon à la verticale. Quant au mandole, il a remplacé la kouitra (instrument de la musique arabo-andalouse algérienne). Il n’est pas rare d’entendre aussi le piano. En revanche, aucun instrument électrique n’est admis, hormis parfois le clavier pour son côté pratique.
[/read]

1-9 La Rachidia (Tunisie)

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]

Deux ans après le congrès sur la musique arabe, organisé en mars 1932 au Caire, La Rachidia tunisienne voit le jour en réaction à l’envahissement des espaces publics, notamment les cafés, par les disques originaires du Machrek, à l’apparition de chansons tunisiennes écrites en français — menaçant selon ses fondateurs l’identité nationale en période de colonisation — et aux effets de chansons alors considérées comme « de bas étage ».

Louisa Tounsia (Louisa la Tunisienne), de son vrai nom Louisa Saâdoun, née en 1905 et décédée en 1961, est une chanteuse tunisienne du xxe siècle. Elle jouit d’une très grande popularité avant, durant et après la Seconde Guerre mondiale. D’origine juive, connue par l’état civil sous le nom de Louisa Saâdoun, elle chante régulièrement à Paris, avec l’orchestre du cabaret La Casbah en 1947, et au Maroc où elle obtient un grand succès.

Saliha , née en 1914 à Nebeur dans le gouvernorat du Kef et décédée le 26 novembre 1958 à Tunis, est une autre figure importante de la Rachidia. Artiste passionnée et authentique, elle demeure à travers ses chansons attachée à son terroir et à ses origines campagnardes

[/read]

1- La Musique classico-populaire

2-1 Chgouri Chaabi (Maroc)

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]

Le chaâbi citadin marocain ou chgouri est un genre musical influencé par les modes de la musique andalouse et tirant son origine dans les genres musicaux ruraux tel le chaabi et la taqtouqa ainsi que dans le melhoune de Meknes.

Ce style de musique populaire est associé à la fête et s’est surtout développé dans les villes marocaines . L’utilisation du langage arabe dialectique (darija) et la création de nouveaux rythmes ont fait de ce style un complément essentiel de la danse.

Le chgouri a la particularité d’être commun aux citadins musulmans et juifs. Parmi les célèbres chanteurs de chaâbi citadin on cite Houcine Slaoui, Pinhas Cohen, Haïm Botbol, Abdessadeq Cheqara, Émile Zrihan, Samy Elmaghribi, Maxime Karoutchi, Mike Karoutchi, Cheikh Mouijo, Nino El Maghrebi.

Zohra Al Fassiya (1905-1994), née à Séfrou près de Fès, est une chanteuse et poétesse marocaine. Sa contribution à la musique marocaine moderne, et plus particulièrement au genre du melhoun est largement reconnue. Son répertoire inclut également bien d’autres genres comme le chaâbi, le gharnati, le djiri, le houzi, tous genres reliés à la musique arabo-andalouse d’Algérie et du Maroc, ainsi que des chansons populaires à caractère plus européen. Juive, elle dut émigrer en 1962 en Israël, pays où ses talents furent ensevelis dans un oubli complet. Vers la fin des années 2000, plusieurs artistes marocains ont repris son répertoire et un hommage posthume lui fut dédié en 2009 au festival des Andalousies Atlantiques d’Essaouira.

Le chaabi ou chgouri de Tetouan aborde avec aisance des répertoires sacrés et profanes, souvent mêlés qu’ils soient arabes, arabo-andalou ou judéo-arabe, de la poésie populaire à thématique essentiellement amoureuse, jusqu’au piyyoutim, et smaa (louanges à Dieu).

Chgouri de Rabat

Houcine Ben Bouchaïb (1921–1951), surnommé Houcine Slaoui en raison de sa naissance à Salé, est un chanteur compositeur marocain, également luthiste, qui a marqué l’histoire de la musique populaire marocaine. Il est considéré comme le père de la musique châabie.

À 20 ans, Houscine Saloui commence à composer sa propre musique et à écrire ses propres textes. Pendant sa carrière, il aborde tous les sujets de société : la corruption qui sévissait pendant la famine des années 1940, l’amour et le désamour (Yamna), le caractère de ses compatriotes (hdi rassek lay fouzou bik el qoumane ya flane)…

Houcine Slaoui développe un talent incontestable en pointant subtilement du doigt là où ça fait mal. On lui doit aussi l’immortelle Dakhlat l’marikane, racontant avec humour le débarquement en 1942 des troupes militaires américaines au Maroc

Chaabi instrumental

Chgouri Chamali (Nord du Maroc)

Rahima accompagnée de l’orchestre féminin de Tétouan.

Orchestre féminin de Tétouan.

Abdessadeq Cheqara (né en 1931 – décédé le 31 octobre 1998) (en arabe: عبد الصادق شقارة) est un chanteur marocain de musique arabo-andalouse et de musique marocaine folk. Connu comme le grand maître de al-Ala (musique andalouse), il était aussi un violoniste et un virtuose de l’oud, instrument utilisé principalement dans les pays arabes. Cheqara a fait beaucoup pour populariser la musique andalouse, qui était en grande partie dédiée aux élites du domaine et tournée vers les seuls Andalous.

Une grande partie de l’Andalousie, de chansons populaires ou de chaâbi (Sha’abi) auraient été influencées par des femmes andalouses musiciennes de Tétouan comme Hajja Shili et Hajja Shahaba. Pour des raisons sexistes, elles n’étaient pas autorisées à enregistrer ou à jouer si des hommes étaient présents, et elles sont donc mal connues de nos jours. Abdessadeq Chekara aurait eu l’habitude de se joindre à Hajja Cha’haba et Hajja Shili pour apprendre les chansons chantées par les femmes. De nombreuses chansons populaires (comme Bent Bladi) sont ainsi écrites en prenant le point de vue d’une femme.

Chaabi Tangérois

Chaabi Chgouri de Casablanca

Musique populaire casablancaise des années 1940

En 1949, Salim Halilil s’installe à Casablanca et rachète un vieux café dans le Maarif, quartier cosmopolite de la ville qu’il transforme en un prestigieux cabaret, Le Coq d’Or. Le cabaret est fréquenté par les familles riches du pays et des personnalités de passage. Le Coq d’Or est détruit dans un incendie et Salim revient alors en France, à Cannes, au début des années 1960.

Tout comme les musulmans au Maroc, la communauté juive a toujours été fan et admiratrice de la musique Chaâbi. Cette scène s’était largement développée et les juifs marocains considéraient la musique chaâbi comme une nécessité pour toute grande occasion. Des artistes juifs avaient commencé à se distinguer dans ce domaine. Maurice Elbaz, producteur artistique, explique que « la musique chaâbi judéo-marocaine s’est depuis très tôt épanouie, dans le sens où par rapport à la tradition juive, il n’y avait pas d’interdit. Il y avait moins de tabous que chez leurs compatriotes musulmans et étaient aidés par une certaine tradition de chant synagogal marocain.

Raymonde El Bidaouia, « La perle orientale », figure de la chanson casablancaise.

Chaabi Judeo-Marocain

[/read]

2-2 Variété Tunisienne

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]

Dans les années 1960 et 1970, on assiste à l’émergence de compositeurs et d’interprètes travaillant pour la plupart au sein de l’orchestre de la radio-télévision tunisienne. Dans cette vague, la variété occupe une place de choix.

La création en 1983 de la Troupe nationale de musique sous la direction de son fondateur, le compositeur Ezzedine Ayachi, donne une impulsion significative à la création musicale. Parmi les compositeurs actuels figurent Ezzedine Ayachi, Adnène Chaouachi, Fethi Zghonda, Abdelkrim Shabou, Mohamed Majri, Abderrahmane Ayadi, Mohamed Salah Harakati, Naceur Sammoud, Mohamed Driss, Abdelhakim Belgaïd, Rachid Yeddes, Samir Agrebi et Lotfi Bouchnak. Parmi les interprètes les plus représentatifs se trouvent Latifa Arfaoui, Bouchnak, Amina Fakhet, Dhikra Mohamed, Najet Attia, Soufia Sadok, Sonia M’Barek, Saber Rebaï, Slah Mosbah, Noureddine El Béji, Chedly Hajji, Dorsaf Hamdani ou encore Nawal Ghacham.

La chanson tunisienne empruntant des mélodies et rythmes populaires a connu, notamment avec Ahmed Hamza et plus tard Kacem Kefi, une ascension importante. Originaires de Sfax, ils emboîtent tous les deux le pas à Mohamed Ennouri, maître incontesté de la musique populaire dans cette métropole du sud du pays. À partir des années 1980, la scène musicale voit émerger une génération de musiciens, compositeurs et interprètes de formation musicale arabe et occidentale qui considèrent que la musique tunisienne a besoin de nouvelles techniques d’écriture. Leur approche repose sur l’écriture harmonique et contrapuntique ainsi que sur l’orchestration où la variété des timbres instrumentaux constitue un élément essentiel.

L’Orchestre symphonique tunisien (الأوركسترا السمفوني التونسي), fondé en 1969, est l’un des principaux orchestres symphoniques de la Tunisie. Il s’agit d’un établissement placé sous tutelle du ministère de la Culture.

Abdelkrim Shabou, chanteur et compositeur tunisien. En 1982-1983, il fait partie des fondateurs de la Troupe nationale de musique. En 1993, il ouvre un conservatoire de musique portant son nom à El Menzah

Dans les quartiers de la médina de Tunis, notamment de celui de Halfaouine qui a produit nombre d’artistes et où se mêlaient charmeurs de serpents, conteurs, musiciens de rue, et cafés-concerts, Lotfi Bouchnak grandit dans un environnement qui associe l’enracinement aux principes de la famille arabo-musulmane, le rythme effervescent de son quartier et l’amour pour la musique traditionnelle tunisienne et orientale. Cette association a forgé sa forte personnalité, un sens de la perfection, une grande sensibilité et déterminé ultérieurement son parcours artistique.

Lotfi Bouchnak est également ambassadeur de la paix auprès de l’ONU depuis le 12 juillet 2004 et ambassadeur honorifique du Festival de la chanson orientale à Sarajevo depuis mars 2004.

Chanteur hors pair, Lotfi bouchnaq a une technique lui permettent de toucher à la perfection avec des envolées, des variations, des ornementations et des pics inégalables

L’émergence de nouvelles tendances de métissage et de musiques improvisées depuis la fin des années 1990 fait évoluer le paysage musical tunisien. Les partisans, instigateurs prometteurs de ce nouveau phénomène, sont ceux qui privilégient l’improvisation. Parmi les références, on cite les compositeurs-interprètes Dhafer Youssef (oud), Anouar Brahem (oud), Fawzi Chekili (guitare), Jasser Haj Youssef (violon et viole d’amour), Fayçal Karoui (saxophone), Lassad Hosni (percussions), Riadh Fehri (oud), Béchir Selmi (violon), Achref Chargui (oud), Yousra Dahbi (oud), Hichem Hemrit (guitare) et Wajdi Cherif.


[/read]

2-2 Variété Marocaine

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]

Né en 1928 dans la médina de Salé, Maati Belqacem apprend le coran au msid (école coranique). Pendant son enfance, il s’initie à la musique arabo-andalouse et au chant du Malhoun en fréquentant les cafés traditionnels, notamment celui de Mohamed Baroudi, les « Halka » de Bab Lakhmis (Salé) et de Souk Laghzel (Rabat). À l’âge de 15 ans, il commence à imiter les grands chanteurs arabes de l’époque, comme Mohammed Abdel Wahab, Oum Kalthoum et Farid El Atrache. En 1947, il forme, en compagnie d’un groupe d’amis, un orchestre local dirigé par le musicien Mohammed benabdeslam, appelé « Al Ittihad Assalaoui », puis rejoint l’orchestre de la radio régionale de Fès. Il se fait remarquer par sa maîtrise de la contrebasse et le luth. Pendant les années 1950, il fréquente également des groupes de jazz américains dans la base de Kénitra (40 km de Salé).

Après l’indépendance du Maroc en 1956, Maati Belqacem se consacre à la chanson marocaine et travaille avec les plus éminents et les plus importants musiciens de l’époque, comme Abderrahim Sekkat et Abdenbi El-Jerari. Plusieurs de ses chansons sont devenues des classiques de la musique marocaine moderne, notamment Alach ya ghzali, Ya Bent Lamdina, Kan yahen alia et Mkhasamni.

Ghita Benabdeslam a entamé sa carrière artistique au milieu des années soixante-dix avec la «reprise» de la célèbre chanson « Allah aâliha k’sara » composée initialement par son père Mohamed Benabdeslam à la chanteuse Naïma Samih, qui était elle aussi, à ses débuts.

Ismail Ahmed descend d’une grande famille de caids des Doukkala, les Khattabi. A Rabat, il rejoint à 14 ans l’orchestre « al ittihad arribati » de Abdennebi Jirari. Flairant ses potentialités artistiques, le maître l’oriente. Il s’inscrit au conservatoire La mamounia où il passe deux ans à s’initier au violon sous la direction d’un professeur allemand. Cet apprentissage académique de la musique classique internationale ne l’empeche pas de continuer de puiser dans le riche et foisonnant patrimoine marocain. Avec ses amis Mohamed El Wali, Mustapha Lamdaouer et Abdelmaksoud Ben Azzouz, il ne ratait pour rien au monde les soirées de musique andalouse et du Melhoun, organisées tous les jeudis à Salé.

Saâa Saîda

Ghita Ben Abdessalam

Samira Saîd

Naima Samih est une artiste et chanteuse marocaine d’origine sahraouie. Sa voix authentique, puissante, lui donne d’emblée une envergure spéciale et lui permet rapidement de se distinguer sur la scène musicale marocaine. Dans les années 80, le monde arabe fait enfin sa connaissance. Mais, du fait d’une grave intoxication, elle est hospitalisée.

«Fat el fout» est l’une des belles chansons du début des années quatre-vingt, concoctée par le trio Ali Haddani, Abdelkader Wahbi et Majda Abdelouahab Après le succès phénoménal de «Jrit ou jarit», le parolier Ali Hadani et le compositeur Abdelkader Wahbi, préparaient deux autres chansons pour Naima Samih. Les choses de la vie ont empêché le projet d’aboutir et le texte de «Fat el fout» macérait dans un tiroir. Après maintes recherches, ils apprennent l’existence à Casablanca d’une jeune chanteuse au nom de Majda Blidi, issue d’une famille de musiciens. Ils la contactèrent et lui soumettent le premier couplet qu’elle chanta avec grâce. La chanson a trouvé finalement sa voix. Pendant des semaines, le parolier et le compositeur faisaient la navette Rabat-Casa pour répéter avec elle au sein de sa famille. Une fois la chanson prête, ils l’enregistrèrent avec l’orchestre national. Et dès sa première diffusion le public l’adopta et en fera un tube consacré par le prix de la chanson de la saison 1981.

Née en 1960 à Kénitra, au Maroc, Latifa Raafat s’est fait connaître au début des années 1980. Latifa Raafat remporte le prix de la chanson marocaine avec le titre « Khouyi ».

Latifa Raafat dispose d’une des plus belles discographies de la chanson marocaine avec des titres comme Moghyara, Donia, Al Hamdo Li Llah, Ya Hali Ya Aachrani ou encore Ana fi Arek Ya Yama. La réputation de Latifa Raafat s’étend dans le monde arabe en entier et c’est grâce à elle et à son art que les autres pays arabes découvrent pleinement le dialecte marocain.

Mohamed El Hayani est né à Casablanca en 1947. Sa passion pour le chant l’a mené à Rabat où il intègre la chorale de la radio nationale, encouragé par le doyen de la chanson marocaine, Abdelkader Rachdi.

El Hayani a enregistré sa première chanson « Ya Oulidi » à la fin des années soixante avant de marquer les esprits avec « Rahila », chanson mythique composée par feu Abdessalam Amer.

Naima Samih – Yak a Jarhi

Nadia Ayoub

Abdelwahab Doukkali est né le 1er janvier 1941, à Fès, dans une famille de 13 enfants, conservatrice, modeste et très pieuse de par son patriarche qui tenait tout ce beau monde d’une poigne de fer.
Doté d’une personnalité profondément artistique, Abdelwahab Doukkali s’adonne, très jeune, à la musique, au théâtre, au dessin et à la peinture.
À l’âge de 18 ans, en 1959 donc, Abdelwahab Doukkali, empli d’espoirs et la tête pleine de rêves, prend la route et atterrit à Rabat où ses ambitions sont bientôt freinées alors qu’il s’ennuie à mourir dans son emploi à la RTM.
Bien qu’il ne soit pas apprécié de plusieurs de ses collègues de travail, Abdelwahab Doukkali s’attire néanmoins la sympathie du directeur de la RTM, Mahdi Elmandjra qui l’encourage et lui prédit une carrière flamboyante s’il se motive et essaie véritablement d’y arriver.
Revigoré par tant de confiance, c’est un Abdelwahab Doukkali motivé plus que jamais qui débarque à Casablanca, la ville où la musique se fait à l’époque.

Marsoul El Hob

Grand nom et indéniable légende de la chanson marocaine, Abdelwahab Doukkali a offert au répertoire marocain plus d’une centaine de compositions qui se passent de génération en génération dont « Marsoul el Hob », « Kan ya makan », « Lil o Njoum » ou encore « El-leil We Ana We Enta ».

Abdelwahab Doukkali a obtenu le 1er prix au Premier Festival de la chanson marocaine, qui s’est déroulé à Mohammedia en 1985. Il a participé a ce festival avec la chanson “kan ya makan” dont l’orchestration et l’harmonie furent réalisées par le défunt Abdeslam Khachan, ancien chef d’orchestre royal (de 1973 a 1999).

[/read]

2-3 Musique Classique Arabe

[read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]

Dès son jeune âge, Lotif Bouchnak s’intéresse à la musique et reprend les chansons de la diva Oum Kalthoum et des maîtres de la chanson égyptienne. Il intègre ensuite la Jeunesse musicale tunisienne puis La Rachidia comme premier soliste. Il peut y pratiquer le chant dont il améliore la technique avec le maître de la musique orientale et virtuose de l’oud, Ali Sriti. Cet apprentissage lui permet d’accéder très tôt à une maîtrise de la musique classique égyptienne et surtout d’élargir sa maîtrise des techniques vocales et instrumentales syro-andalouses et turques : muwashshahs, qasids, dawrs et maqâms irakien, chant mystique et même opéra. Ceci lui permet d’exceller dans l’interprétation du malouf et de développer un style d’interprétation particulier, avec une nette propension à l’improvisation (irtijel) — un genre de chant délaissé car difficile — sur des strophes classiques ou des poèmes en arabe dialectal ; ces derniers mettent en valeur ses qualités vocales.

Chanteuse préférée du roi Hassan II, Aziza Jalal a chanté pour la marche verte et l’unité nationale, comme elle a chanté pour Jerusalem et elle aussi chanté pour l’unité arabe lors des jeux panarabes à Rabat, au Maroc de 1985. La diva a également donné une série de concerts nationaux et internationaux, pour des causes humanitaires.

Warda Al Jazairia est une vedette algérienne de la musique classique arabe. Elle est considérée comme une « diva » de la chanson arabe, au même titre qu’Oum Kalthoum , Sabah ou Fairuz. Son répertoire comprend plus de 300 chansons. Durant sa carrière, Warda a vendu plusieurs dizaines de millions d’albums. Il existe une panoplie d’artistes connus dans le style orientaliste.

Aicha Redouane

Ahmed Gherbaoui

[/read]



Laisser un commentaire


%d blogueurs aiment cette page :