Patrimoine Mondial au Maghreb

Avec une diversité de paysages et un patrimoine historique uniques, le Maghreb compte parmi les régions qui ont le plus de biens culturels, naturels et immatériels inscrits sur cette prestigieuse liste.

vous trouverez dans cet article toutes les informations concernant ces sites :  les raisons de leur classement au patrimoine mondial, leur histoire, les informations pratiques concernant les transports pour se rendre sur place et se déplacer, ainsi qu’une sélection d’hébergements et de restaurants pour partir à la découverte de ces sites exceptionnels à la valeur universelle reconnue. Les tarifs et les horaires d’ouverture indiqués sont ceux de 2018.

Sites classés Patrimoine mondial

L’objectif principal de la liste du patrimoine mondial est de faire connaître et de protéger les sites que l’organisation considère comme exceptionnels. Pour ce faire, et dans un souci d’objectivité, ont été mis en place des critères. À l’origine, seuls existaient les sites culturels (1978), dont l’inscription sur la liste était régie par six critères. Puis, à la suite notamment d’un souci de rééquilibrer la localisation du patrimoine mondial entre les continents, sont apparus les sites naturels et quatre nouveaux critères. Enfin, en 2005, tous les critères ont été fondus en 10 critères uniques applicables à tous les sites : 

  • Représenter un chef-d’œuvre du génie créateur humain;
  • Témoigner d’un échange d’influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l’architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages; 
  • Apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue;
  • Offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine;
  • Être un exemple éminent d’établissement humain traditionnel, de l’utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer; 
  • Être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle; Représenter des phénomènes naturels ou des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles;
  • Être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l’histoire de la Terre; 
  • Être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l’évolution et le développement des écosystèmes;
  • Contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique.

Amphithéâtre d’El Jem (1979)

Parmi les trésors du patrimoine tunisien, un monument, classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979, incarne l’apothéose de l’architecture romaine en Afrique du Nord : l’amphithéâtre d’El Jem. Dominant la petite ville d’El Jem (l’antique Thysdrus), ce colosse en pierres de taille, du grès dunaire à la patine dorée, est si imposant qu’il ne manque guère d’impressionner ses visiteurs, suscitant la plus vive admiration.

Élevé au cours du premier tiers du IIIe siècle de notre ère, il se présente sous la forme d’une énorme ellipse, aux axes mesurant 148 et 122 mètres, ayant un périmètre de 427 mètres. Pourvu extérieurement, sur trois niveaux, de 192 arcades, entre lesquelles s’intercalent des colonnes à fûts lisses, coiffées de chapiteaux corinthiens et composites, il atteint une trentaine de mètres de hauteur. L’édifice pouvait accueillir jusqu’à 35.000 spectateurs. À la différence du Colisée de Rome et de la plupart des amphithéâtres antiques, bâtis en grande partie en briques, celui d’El Jem fut entièrement construit en pierres de taille, ce qui est bien plus onéreux. Ceci témoigne de la richesse prodigieuse de de Thysdrus à l’époque romaine, en particulier au cours des IIe et IIIe siècles ap. J-C.

✈ Aéroport de Monastir (69,2 km. Environ 1 heure), Aéroport de Sfax (84,6 km. Environ 1 heure), Aéroport Enfidha-Hammamet (104 km. Environ 1 heure), Aéroport de Tunis (210 km. Environ 2 heures) 
🚃 L'utilisation du train est une méthode très pratique. Les trains sont confortables et le voyage est court. On peut prendre un train tôt le matin, à Tunis, visiter El Jem et reprendre le train de l'après-midi, pour rentrer à Tunis. Tout peut être fait en un jour et laisser du temps libre à Tunis.
🕔 Ouvert de 7 h 30 - 17 h 30, du 16 septembre au 31 mars, de 7 h 30 - 18 h 30, du 1er avril au 15 septembre. 
💰 Entrée : 10 TND pour les étrangers (entrée commune avec le musée), droit de photographie : 1 TND.

Médina de Tunis (1979)

La Médina de Tunis fait partie des premières villes arabo-musulmanes du Maghreb (698 après J.-C.). Capitale de plusieurs dynasties à rayonnement universel, elle représente un établissement humain témoin de l’interaction entre l’architecture, l’urbanisme et les effets socioculturels et économiques des cultures antérieures. Sous les Hafsides et les Almohades venus du Maroc (XIIe au XVIe siècle) elle était considérée comme une des plus importantes et des plus riches villes du monde arabe. Il subsiste de nombreux témoignages de cette période et de périodes antérieures. Entre le XVIe et le XIXe siècle, les nouveaux pouvoirs lui ont donné de nombreux palais et résidences, de grandes mosquées, des zaouias et des médersas.

Le bien inscrit couvre une superficie d’environ 280 ha et présente toutes les composantes d’une ville arabo- musulmane. Il est constitué de la médina centrale (VIIIe siècle) et des faubourgs Nord et Sud (XIIIe siècle). On y dénombre 700 monuments historiques dont des palais, des mosquées, des mausolées, des medersas et des fontaines. Par ses souks, son tissu urbain, ses quartiers résidentiels, ses monuments et ses portes, cet ensemble constitue un prototype parmi les mieux conservés du monde islamique. Le rôle de relais qu’a elle a joué entre le Maghreb, le Sud de l’Europe et l’Orient a favorisé les échanges d’influences dans le domaine des arts et de l’architecture, et ce pendant des siècles. En tant que ville importante et capitale de différentes dynasties (depuis les Banu Khurassan, jusqu’aux Husseinites), elle offre un témoignage exceptionnel sur les civilisations de l’Ifriqiya (essentiellement à partir du Xe siècle).

✈ Aéroport de Tunis (8 km. Environ 15mn ) 
🚃 Tunis est reliée, par train, aux principales destinations touristiques du pays. Le réseau tunisien est connecté au réseau algérien,ce qui permet une liaison directe avec l'Algérie, en prenant le Maghreb express Tunis, à Alger. On pourrait même aller jusqu'au Maroc, si la frontière algéro-marocaine n'était fermée.
🚗 De Gabès, Sfax, Sousse et Hammamet, Tunis est facilement accessible par l'autoroute A 1, en bon état, mais très fréquentée. De Jedeida, emprunter la route RN 7.
(entrée par la Porte de France) 🕔 Accessible 24 h sur 24. 💰 Entrée libre.

Site archéologique de Carthage (1979)

Fondée dès le IXe siècle av. J.-C. sur le golfe de Tunis, Carthage établit à partir du VIe siècle un empire commercial s’étendant à une grande partie du monde méditerranéen et fut le siège d’une brillante civilisation. Au cours des longues guerres puniques, elle occupa des territoires de Rome, mais celle-ci la détruisit finalement en 146 av. J.-C. Une seconde Carthage, romaine celle-là, fut alors fondée sur ses ruines.

Fondation phénicienne en lien avec Tyr au Liban et refondation romaine sur ordre de Jules César, Carthage a également été la capitale d’un royaume vandale et de la province byzantine d’Afrique. Ses ports antiques témoignent des échanges commerciaux et culturels durant plus de 10 siècles. Le tophet, aire sacrée dédiée à Baal, contient de nombreuses stèles où se lisent de nombreuses influences culturelles. Lieu exceptionnel d’éclosion et de diffusion de plusieurs cultures qui se sont succédé (phénico-punique, romaine, paléochrétienne et arabe), Carthage a exercé une influence considérable sur le développement des arts, de l’architecture et de l’urbanisme dans la Méditerranée.

Le site de Carthage offre également un témoignage exceptionnel de la civilisation phénico-punique dont elle constituait le centre de rayonnement dans le bassin occidental de la Méditerranée. Il s’agit également de l’un des centres les plus brillants de la civilisation africo-romaine. Sa résonance historique et littéraire  a toujours nourri l’imaginaire universel. Le site est associé notamment à la patrie de la légendaire princesse tyrienne Elyssa-Didon, fondatrice de la ville, qui a été chantée par Virgile dans l’Eneide; au grand navigateur-explorateur Hannon; à Hannibal, l’un des grands stratèges militaires de l’histoire ; à des écrivains comme Apulée, fondateur de la littérature latine africaine ; au martyr de Saint Cyprien et à Saint Augustin qui y fit sa formation et de fréquents séjours.

✈ Aéroport de Tunis (10 km. Environ 20 mn) 
🚃 Tunis est reliée, par train, aux principales destinations touristiques du pays. Le réseau tunisien est connecté au réseau algérien,ce qui permet une liaison directe avec l'Algérie, en prenant le Maghreb express Tunis, à Alger. On pourrait même aller jusqu'au Maroc, si la frontière algéro-marocaine n'était fermée. 🚗 De Gabès, Sfax, Sousse et Hammamet, Tunis est facilement accessible par l'autoroute A 1, en bon état, mais très fréquentée. De Jedeida, emprunter la route RN 7.
(entrée par la Porte de France) 🕔 Accessible 24 h sur 24. 💰 Entrée libre.

Parc national de l’Ichkeul (1980)

Le lac Ichkeul est le dernier grand lac d’eau douce d’une chaîne qui s’étendait autrefois le long de l’Afrique du Nord. Caractérisé par un fonctionnement hydrologique très particulier basé sur une double alternance saisonnière de niveaux d’eau et de salinité, le lac et les marais qui l’entourent constituent un relais indispensable pour des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs qui viennent hiverner à l’Ichkeul.

Le Parc contient des habitats naturels importants en tant que site d’hivernage essentiel des oiseaux du paléarctique occidental. Chaque hiver, le bien accueille une densité exceptionnelle d’oiseaux d’eau avec des effectifs pouvant atteindre certaines années plus de 300.000 canards, oies et foulques présents au même moment. Parmi ces oiseaux, trois espèces dont la protection est d’intérêt mondial sont présentes : l’érismature à tête blanche (Oxyura leucocephala), le fuligule nyroca (Aythya nyroca) et la sarcelle marbrée (Marmaronetta angustirostris). De par la diversité de ses habitats, le bien abrite une faune et une flore très riches et diversifiées avec plus de 200 espèces animales et plus de 500 espèces végétales.

✈ Aéroport de Tunis (78 km. Environ 1h15 mn) 
🚗 De Bizerte, prendre la route RN 11, vers le sud-ouest en direction de Mateur. Après la traversée de Tinja, la route coupe la voie ferrée. L'entrée du parc national est à droite, 50 m plus loin. De Tunis, prendre la route RN 7 en direction de Mateur. Là, tourner sur la droite sur la route RN 11 en direction du nord vers Bizerte. L'entrée du parc national se trouve 50 m avant de traverser la voie ferrée Mateur-Tinja.
🚌 Le plus pratique pour se rendre au parc d'Ichkeul est le taxi, sinon le transport en bus, mais compter 10 km de marche de la station Ichkeul jusqu'au parc.
🚃 Tun
🕔 Ouverts tous les jours de 8h à 18h.

La Kalâa des Béni Hammad (1980)

Située à 36 km M’Sila en Algérie et à 1 000 m d’altitude, la Kalâa des Béni Hammad a été fondée au début du XIe siècle par Hammad, fils de Bouloughine (fondateur d’Alger), et abandonnée en 1090 sous la menace de l’invasion hilalienne. C’est un des complexes monumentaux les plus intéressants et les plus précisément datés de la civilisation islamique. Elle fut la première capitale des émirs hammadites et a connu une grande splendeur. La Kalâa comporte, à l’intérieur d’une enceinte fortifiée de 7 km partiellement démantelée, un grand nombre de vestiges monumentaux, parmi lesquels la grande mosquée et son minaret, et toute une série de palais. La mosquée, avec sa salle de prière de 13 nefs à 8 travées est la plus grande après celle de Mansourah et son minaret est le plus ancien d’Algérie après celui de Sidi Boumerouane. Les ruines de la Kalâa témoignent du grand raffinement de la civilisation hammadite maintenant disparue.

Fondée en 1007 en tant que place forte militaire, elle fut par la suite rehaussée au rang de métropole. Elle a influencé le développement de l’architecture arabe ainsi que d’autres foyers civilisateurs dont le Maghreb, l’Andalousie et la Sicile. Les vestiges archéologiques et monumentaux de la Kalâa des Béni Hammad, parmi lesquels on compte la grande mosquée et son minaret ainsi qu’une série de palais, constituent les principales ressources qui témoignent de la richesse et de l’influence de cette civilisation hammadite.

✈ Aéroport d'Alger (108 km. Environ 2h), Aéroport de Sétif (108km, Environ 1h20) 
🚗 D'Alger, compter 263km et 4h de route via la A1 et la N5 à partir de Maadid 

Médina de Fès (1981)

Plus grande ville historique du monde arabo-musulman, capitale culturelle et spirituelle du Maroc fondée au IXe siècle, abritant la plus vieille université du monde. Elle compte 8000 édifices ayant une valeur historique et esthétique dont 3500 fontaines, 785 monuments religueux (mosquées, medersa, synagogues) , 115 foundouks, 110 palais et demeures.

Fès a connu sa période faste aux XIIIe et XIVe siècles, sous la dynastie mérinide, quand elle supplanta Marrakech comme capitale de l’Empire marocain.  En la parcourant, on peut facilement se laisser emporter à travers son histoire, grâce à ses nombreux monuments. Des Idrissides aux Alaouites, des Andalous aux Juifs, toutes les dynasties et tous les peuples ont laissé leur empreinte sur la ville.

L’espace urbain non carrossable y conserve la majorité de ses fonctions et attributions d’origine. Elle ne représente pas seulement un patrimoine architectural, archéologique et urbain exceptionnel, mais elle véhicule aussi un mode de vie, des savoirs-faire et une culture qui persistent et se renouvellent malgré les divers effets des mutations des sociétés modernes. La présence de l’oued Fâs admirablement canalisé par la nature mais aussi domestiqué par l’homme et de nombreuses sources a donné un urbanisme de qualité et favorisé différentes industries.

La médina de Fès constitue un témoignage vivant d’une cité florissante de l’Occident méditerranéen ayant exercé une influence considérable principalement du XIIe au XVe siècle, sur le développement de l’architecture, des arts monumentaux et de l’aménagement urbain en Afrique du Nord, en Andalousie et en Afrique sub-saharienne. Elle constitue également un exemple éminent d’une ville médiévale créée aux tous premiers siècles de l’islamisation du Maroc et matérialisant un type original d’établissement humain et d’occupation du territoire traditionnel représentatifs de la culture citadine marocaine sur une longue période historique (du IXe au début du XXe siècle).  En dépit du transfert du siège de la capitale à Rabat, en 1912, elle garde son statut de capitale culturelle et spirituelle du pays.

Djémila (1982)

Situé à 50 km de Sétif en Algérie, connu sous son nom antique Cuicul, le site de Djémila est un établissement d’une ancienne colonie romaine fondée sous le règne de Nerva (96-98 de notre ère). Avec son forum, ses temples et ses basiliques, ses arcs de triomphe et ses maisons, à 900 m d’altitude, est un exemple remarquable d’urbanisme romain adapté à un site montagneux.

Le site comprend un répertoire typologique et architectural très diversifié, avec système défensif et arc de triomphe, édifices édilitaires et de spectacles, équipements d’artisanat et de commerce, dont le marché des frères Cosinus qui constitue un exemple remarquable de la prospérité économique de la cité.

Timgad (1982)

Sur le versant nord des Aurès en Algérie, Timgad fut créée ex nihilo, en 100 apr. J.-C., par l’empereur Trajan comme colonie militaire. Avec son enceinte carrée et son plan orthogonal commandé par le cardo et le decumanus, les deux voies perpendiculaires qui traversaient la ville, c’est un exemple parfait d’urbanisme romain.

Par son régime de camp militaire romain, son modèle urbanistique planifié et son type d’architecture civile et militaire particulier, le site reflète un profond échange d’idées, de technologies et de traditions exercées par le pouvoir central de Rome sur la colonisation des hautes plaines de l’Algérie antique. Timgad reprend les préceptes de l’urbanisme planifié de la période romaine, régi par un remarquable plan orthogonal en damier. Timgad constitue ainsi un cas typique d’un modèle urbanistique, dont la permanence du plan initial du castrum militaire avait régi le développement du site à travers toutes les époques ultérieures et continue encore à témoigner du génie constructeur des ingénieurs militaires de la civilisation romaine aujourd’hui disparue.

Tipasa (1982)

Situé à 70 km à l’ouest d’Alger sur les rives de la Méditerranée, Tipasa, ancien comptoir punique, fut occupé par Rome, qui en fit une base stratégique pour la conquête des royaumes maurétaniens. Il comprend un ensemble unique de vestiges phéniciens, romains, paléochrétiens et byzantins, voisinant avec des monuments autochtones, tel le Kbor er Roumia, grand mausolée royal de Maurétanie.

Les vestiges architecturaux et archéologiques dedes sites de Tipasa illustrent des méthodes de construction et des traditions architecturales particulières au Maghreb antique. Intégrés dans leur espace naturel, ces sites présentent une singularité morphologique, urbanistique et architecturale qui les distingue des autres sites antiques méditerranéens et en fait un exemple unique. Tipasa reflète de manière très significative les contacts entre les civilisations indigènes et les vagues de colonisation punique et romaine entre le VIe siècle avant J.-C.et le VIe siècle de notre ère.

L’édifice funéraire monumental de forme circulaire, dit Mausolée royal de Maurétanie, associe une tradition architecturale locale du type basina, à un mode de couverture en chemise tronconique à gradins, fruit de différents apports notamment hellénistiques et pharaoniques.


Vallée du M’Zab (1982)

Le paysage de la vallée du M’Zab, créé au Xe siècle par les Ibadites autour de leurs cinq ksour, ou villages fortifiés, semble être resté intact. Simple, fonctionnelle et parfaitement adaptée à l’environnement, l’architecture du M’Zab a été conçue pour la vie en communauté, tout en respectant les structures familiales. C’est une source d’inspiration pour les urbanistes d’aujourd’hui constituant la marque, dans le désert, d’une civilisation sédentaire et urbaine porteuse d’une culture originale qui a su, par son génie propre, préserver sa cohésion à travers les siècles.

Ce modèle d’habitat a exercé une influence considérable pendant près d’un millénaire sur l’architecture et l’urbanisme arabes, y compris sur les architectes et urbanistes du XXe siècle, de Le Corbusier à Fernand Pouillon et André Raverau. Les trois éléments constitutifs des ensembles urbains et d’habitat de la Vallée du M’Zab : ksar, cimetière et palmeraie avec sa cité d’été, sont un témoignage exceptionnel de la culture ibadite à son apogée et du principe égalitaire qui était méticuleusement appliqué par la société mozabite qui, à travers d’ingénieux systèmes de captage et de répartition de l’eau et de création de palmeraie, a su réaliser une interaction extrêmement efficiente de l’homme avec un environnement semi-désertique.

Tassili n’Ajjer (1982)

Couvrant  une superficie de 72 000 km² au Sud-est de l’algérie, cet étrange paysage lunaire de grand intérêt géologique abrite l’un des plus importants ensembles d’art rupestre préhistorique du monde. Plus de 15 000 dessins et gravures permettent d’y suivre, depuis 6000 av. J.-C. jusqu’aux premiers siècles de notre ère, les changements du climat, les migrations de la faune et l’évolution de la vie humaine aux confins du Sahara. Le panorama de formations géologiques présente un intérêt exceptionnel avec ses « forêts de rochers » de grès érodé.

es représentations  de la période des têtes rondes renvoient à d’éventuelles pratiques magico-religieuse vieilles de quelques 10 000 ans, alors que  les représentations de la période des bovidés, marquant la vie quotidienne et sociale, présentent un  réalisme esthétique naturaliste comptant parmi les plus célèbres de l’art pariétal préhistorique. Les dernières images montrent des représentations de la domestication des chevaux et des chameaux.

Les hommes ont  vécu dans cet espace en développant des comportements physiologiques et culturels adaptés à la rigueur du climat ; leurs témoignages remontent à plusieurs centaines de milliers d’années. L’art rupestre, justement tassilien, est l’expression la plus éloquente de relations entre l’homme et son environnement. Cet art montre des espèces dépendantes de l’eau, telles l’hippopotame et des espèces éteintes dans la région depuis plusieurs milliers d’années. Cette combinaison d’éléments géologiques, écologiques et culturels constitue un exemple éminemment représentatif du témoignage de la vie.

Site archéologique de Cyrène (1982)

Colonie des Grecs de Théra, Cyrène fut l’une des principales villes du monde hellénique. Romanisée, elle resta une grande capitale jusqu’au tremblement de terre de 365. Un millénaire d’histoire est inscrit dans ses ruines, célèbres depuis le XVIIIe siècle.

Site archéologique de Leptis Magna (1982)

Embellie et agrandie par Septime Sévère, enfant du pays devenu empereur, Leptis Magna était l’une des plus belles villes de l’Empire romain, avec ses grands monuments publics, son port artificiel, son marché, ses entrepôts, ses ateliers et ses quartiers d’habitation.

Site archéologique de Sabratha (1982)

Comptoir phénicien drainant les produits de l’Afrique intérieure, Sabratha fit partie de l’éphémère royaume numide de Massinissa avant d’être romanisée et reconstruite aux IIe et IIIe siècles.

Médina de Marrakech (1985)

Fondée en 1070-1072 par les Almoravides , Marrakech fut longtemps un centre politique, économique et culturel majeur de l’Empire Marocain, régnant sur l’Afrique du Nord et l’Andalousie. Des monuments grandioses remontent à cette période : la mosquée de la Koutoubiya, la Casbah, les remparts, les portes monumentales, les jardins, etc. Plus tard, la ville accueillera d’autres merveilles, tels le palais Badî, la medersa Ben Youssef, les tombeaux saâdiens, de grandes demeures, etc. La place Jamaâ El Fna, véritable théâtre en plein air, émerveille toujours les visiteurs.

Grâce à sa conception d’origine toujours conservée, ses matériaux de construction et de décoration perpétuellement utilisés et son environnement naturel (notamment les Jardins de l’Aguedal, de la Ménara et la Palmeraie dont la plantation est attribuée aux Almoravides) encore protégé, la médina de Marrakech jouit de toutes ses composantes initiales aussi bien culturelles que naturelles qui lui confèrent une Valeur universelle exceptionnelle.

Les 700 hectares de sa Medina, constituent un exemple achevé d’une grande capitale islamique de l’Occident méditerranéen, abritant un nombre impressionnant de chefs-d’œuvre de l’architecture et de l’art (remparts et portes monumentales, mosquée de la Koutoubia, tombeaux saâdiens, ruines du palais Badiâ, palais Bahia, bassin et pavillon de la Ménara) dont chacun pourrait justifier, à lui seul, une reconnaissance de la Valeur universelle exceptionnelle.

L’habitat ancien, devenu vulnérable du fait de l’évolution démographique, représente, avec son lacis de ruelles, ses maisons, ses souks, ses fondouks, ses activités artisanales et commerciales traditionnelles, un exemple éminent de ville historique vivante.

Cité punique de Kerkouane et sa nécropole (1985,1986)

Situé à l’extrémité du Cap Bon sur une falaise qui domine la mer, Kerkouane apporte un témoignage exceptionnel sur l’urbanisme phénico-punique. Abandonnée pendant la première guerre punique (vers 250 av. J.-C.), et n’ayant de ce fait pas été reconstruite par les Romains, elle apporte un témoignage exceptionnel sur l’urbanisme phénico-punique. Contrairement à ce qui s’est passé à Carthage, Tyr ou Byblos, aucune agglomération romaine ne s’est surimposée à la ville phénicienne dont le port, les remparts, les quartiers d’habitation, les boutiques, les ateliers, les rues, les places, les temples et la nécropole se dessinent nettement dans leur état du IIIe siècle av. J.-C.

Il s’agit de l’unique cité punique actuellement reconnue en Méditerranée et qui recèle une mine d’informations sur l’urbanisme (l’aménagement de l’espace respecte un plan général préétabli : des rues larges et relativement droites forment un réseau en damier dont les cases sont remplies par les insulae) et l’architecture (de défense, domestique, religieuse, structures artisanales, techniques et matériaux de construction). Sur la base des données mises au jour, l’archéologue est en mesure de tracer le profil d’une cité punique telle qu’elle était entre le VIe et le milieu du IIIe siècle av. J.-C. La découverte de Kerkouane constitue un apport considérable pour une meilleure connaissance des sites phénico-puniques en Méditerranée.

Sites rupestres du Tadrart Acacus (1985)

À la frontière du Tassili n’Ajjer algérien, également site du patrimoine mondial, ce massif rocheux est riche de milliers de peintures rupestres de styles très différents dont les plus anciennes remontent à 12 000 ans environ av. J.-C., les plus récentes pouvant être datées du Ier siècle de l’ère chrétienne. Ces peintures reflètent les modifications profondes de la faune et de la flore, ainsi que les divers modes de vie des populations qui se sont succédé dans cette partie du Sahara.

Ancienne ville de Ghadamès (1986)

Bâtie dans une oasis, Ghadamès, « la perle du désert », est une des plus anciennes cités présahariennes et un exemple exceptionnel d’habitat traditionnel. Son architecture domestique se caractérise par les différentes fonctions assignées à chaque niveau : rez-de-chaussée servant de réserve à provisions, étage familial surplombant des passages couverts aveugles qui permettent une circulation presque souterraine dans la ville et terrasses à ciel ouvert réservées aux femmes.

Ksar d’Aït-Ben-Haddou (1987)

Situé sur les contreforts des pentes méridionales du Haut Atlas dans la province de Ouarzazate, le site d’Aït-Ben-Haddou est le plus célèbre des ksour de la vallée de l’Ounila. Le Ksar d’Aït-Ben-Haddou est un exemple frappant de l’architecture du sud marocain. Le Ksar est un groupement d’habitations essentiellement collectif. À l’intérieur de murailles défensives renforcées de tours d’angle et percées d’une porte en chicane, se pressent de nombreuses maisons d’habitation, les unes modestes, les autres faisant figure de petits châteaux urbains avec leurs hautes tours d’angle décorées à la partie supérieure de motifs décoratifs en brique crue, mais aussi des bâtiments et des espaces communautaires.

es plus anciennes constructions ne paraissent pas antérieures au XVIIe siècle, bien que leur structure et leur technique se soient propagées dès une époque très reculée dans les vallées du sud marocain. Le site aurait été également un des nombreux comptoirs sur la route commerciale qui liait l’ancien Soudan à Marrakech par la vallée du Dra et le col de Tizi-n’Telouet. Sur le plan architectural, la structure de l’habitat se présente sous forme d’un groupement compact, fermé et suspendu. Les espaces publics du ksar se composent d’une mosquée, d’une place publique, des aires de battage des céréales à l’extérieur des remparts, d’une fortification et d’un grenier au sommet du village, d’un caravansérail, de deux cimetières (musulman et juif) et du sanctuaire du saint Sidi Ali ou Amer.

Le Ksar d’Aït- Ben-Haddou est une parfaite synthèse de l’architecture en terre des régions présahariennes du Maroc.

Medina de Kairouan (1988)

Fondée en 670,  Kairouan est la plus ancienne base arabo-musulmane du Maghreb. La ville a prospéré sous la dynastie aghlabide, au IXe siècle. Malgré le transfert de la capitale politique à Tunis au XIIe siècle, Kairouan est restée la première ville sainte du Maghreb. Son riche patrimoine architectural comprend notamment la Grande Mosquée, avec ses colonnes de marbre et de porphyre, et la mosquée des Trois-Portes qui date du IXe siècle.

Capitale de l’Ifriqiya pendant cinq siècles, elle a été un lieu de diffusion exceptionnel de la civilisation arabo-musulmane. Kairouan constitue un témoignage unique sur les premiers siècles de cette civilisation et sur son développement architectural et urbanistique. Le site inscrit est un bien en série qui comprend la médina et ses faubourgs, les Bassins des Aghlabides et la Zawiya de Sidi Sahib. La médina (54 ha) et ses faubourgs (20 ha) est un ensemble urbain qui présente toutes les composantes d’une ville arabo-musulmane. La médina est constituée d’habitations juxtaposées réparties en quartiers que séparent des rues étroites et sinueuses ; elle est entourée par des remparts qui s’étendent sur plus de trois kilomètres.

La Grande Mosquée, reconstruite au IXe siècle, est l’un des monuments majeurs de l’Islam mais aussi un chef d’œuvre de l’architecture universelle. Elle a servi de modèle à plusieurs mosquées maghrébines, particulièrement en ce qui concerne les motifs décoratifs dont elle possède un répertoire unique. D’autre part, la Mosquée des Trois Portes, édifiée en 866 apr. J.-C., est la plus ancienne des mosquées à façade sculptée de l’Islam connues à ce jour. Avec la Grande Mosquée, la Mosquée des Trois Portes, le Bassin des Aghlabides, sans parler de nombreux vestiges archéologiques, Kairouan offre un témoignage exceptionnel sur la civilisation des premiers siècles de l’Hégire en Ifrîqiya.

A côté de la Grande Mosquée, le premier lieu de culte fondé au Maghreb, 38 ans seulement après la mort du Prophète, la Zaouïa de Sidi Sahâb abrite les restes d’Abou Djama, un des compagnons de Mahomet. On ne s’étonnera pas que, naguère encore, sept pèlerinages à Kairouan aient pu tenir lieu du pèlerinage à La Mecque prescrit à tous les Musulmans.

Médina de Sousse (1988)

Située dans le Sahel tunisien, Sousse, important port commercial et militaire sous les Aghlabides (800-909), est un exemple typique de ville des premiers siècles de l’islam. Avec sa casbah, ses remparts, sa médina et sa Grande Mosquée, la mosquée Bu Ftata et son ribat typique, à la fois fort et édifice religieux, elle était l’un des éléments d’un système de défense de la côte.

La médina de Sousse constitue un exemple éminent de l’architecture arabo-musulmane et méditerranéenne qui reflète un mode de vie traditionnel particulier. Cette typologie, devenue vulnérable sous l’effet des mutations socio-économiques irréversibles et de la modernité, constitue un patrimoine précieux qui doit être sauvegardé et protégé.

Parc national du banc d’Arguin (1989)

Situé le long de la côte atlantique mauritanienne, ce parc est formé de dunes de sable, de zones côtières marécageuses, de petites îles et d’eaux littorales peu profondes. L’austérité du désert et la richesse biologique de la zone marine créent un paysage terrestre et marin exceptionnellement contrasté. Une remarquable diversité d’oiseaux migrateurs y passent l’hiver. On y trouve également plusieurs espèces de tortues marines ainsi que des dauphins, que les pêcheurs utilisent pour rabattre les bancs de poissons.

Le Parc est un écosystème riche en biodiversité de nutriments et matières organiques, conséquence surtout de l’existence de vastes étendues de vasières couvertes d’herbiers marins, d’un important apport sédimentaire éolien d’origine continentale et de l’effet de l’upwelling permanent du Cap Blanc. Cette richesse assure le maintien d’un milieu marin et littoral suffisamment riche et diversifié pour entretenir d’importantes communautés de poissons, d’oiseaux et de mammifères marins.

Le Parc constitue également l’habitat le plus important de l’Atlantique occidental pour les oiseaux nicheurs de l’Afrique de l’Ouest et les échassiers migrateurs d’origine paléarctique. Les vastes étendues de vasières abritent plus de deux millions d’oiseaux limicoles migrateurs provenant du Nord de l’Europe, de la Sibérie et du Groenland. La population d’oiseaux nicheurs est aussi remarquable en termes de diversité et de nombre : entre 25 000 et 40 000 couples appartenant à 15 espèces d’oiseaux. La zone de hauts-fonds et ilots est aussi le siège d’une activité biologique intense : on y trouve 45 espèces de poissons, 11 espèces de crustacés et plusieurs espèces de mollusques. Le bien abrite aussi quelques espèces de tortues marines notamment la tortue verte (Chelonia mydas) sur la liste rouge de l’UICN des espèces menacées. Parmi les mammifères, il subsiste encore quelques populations reliques de gazelles dorcas (Gazella dorcas), Le grand dauphin et le dauphin à bosse de l’Atlantique sont fréquemment observés dans le bien.

Casbah d’Alger (1992)

La Casbah d’Alger apparaît comme un exemple significatif de ville historique maghrébine qui eut une grande influence sur l’urbanisme dans la partie occidentale de la Méditerranée et en Afrique sub-saharienne.

Dans cet ensemble vivant où résident près de 50.000 personnes, se conservent encore de très intéressantes habitations traditionnelles, palais, hammams, mosquées et divers souks, dont la forme urbaine représente le témoignage d’une stratification de plusieurs tendances dans un système complexe et original qui s’est adapté, avec une remarquable souplesse, à un site fortement accidenté.

La Casbah d’Alger est un exemple éminent d’un habitat humain traditionnel représentatif de la culture musulmane profondément méditerranéenne, synthèse de nombreuses traditions. Les vestiges de la citadelle, des mosquées anciennes, des palais ottomans, ainsi qu’une structure urbaine traditionnelle associée à un grand sens de la communauté sont les témoins de cette culture et le résultat de son interaction avec les diverses couches de peuplement.

Ville historique de Meknès (1996)

Fondée au XIe siècle par les Almoravides en tant qu’établissement militaire, Meknès devint capitale sous le règne de Moulay Ismaïl (1672-1727), fondateur de la dynastie alaouite. Il en fit une impressionnante cité de style hispano-mauresque ceinte de hautes murailles percées de portes monumentales qui montre aujourd’hui l’alliance harmonieuse des styles islamique et européen dans le Maghreb du XVIIe siècle.

Jouissant d’une situation géographique remarquable dans la plaine du Saïss, entre le Moyen-Atlas et le massif pré-rifain du Zerhoun, elle renferme des vestiges qui témoignent du tissu socio-économique ancien et de la ville impériale créée par le sultan Moulay Ismail (1672-1727). C’est la présence de nos jours de cette ville historique renfermant des vestiges rares et des monuments importants au milieu d’un espace urbain en pleine mutation, qui donne à ce patrimoine urbain sa valeur universelle.

Outre son intérêt architectural de style hispano-mauresque, Meknès revêt une importance particulière du fait qu’il s’agit de la première grande œuvre de la dynastie alaouite, reflétant la grandeur de son concepteur. Elle offre également une approche remarquable du tracé urbain intégrant des éléments tant de l’architecture que de l’urbanisme islamiques et européens.

Meknès se distingue également par l’aspect gigantesque et volumineux de ses remparts dont la hauteur atteint 15 m. Elle est considérée comme un témoin exemplaire des villes fortifiées du Maghreb.Dotée d’un urbanisme princier, la ville historique de Meknès illustre également les spécificités de l’architecture de terre (le pisé) des villes sub-sahariennes du Maghreb.

Anciens ksour de Ouadane, Chinguetti, Tichitt et Oualata (1996)

Cités fondées aux XIe et XIIe siècles pour répondre aux besoins des caravanes traversant le Sahara, ces centres marchands et religieux devinrent des foyers de la culture islamique. Ils ont remarquablement préservé un tissu urbain élaboré entre le XIIe et le XVIe siècle, avec leurs maisons à patio se serrant en ruelles étroites autour d’une mosquée à minaret carré. Ils témoignent d’un mode de vie traditionnel, centré sur la culture nomade, des populations de l’Occident Saharien.

Les ksour apportent un témoignage unique sur la culture nomade et du commerce en milieu désertique. Leurs racines remontent au Moyen Âge. Établis en milieu désertique aux confins du Maghreb et des grands ensembles du «bilad es-soudan», ils étaient des centres prospères d’où a rayonné une intense vie religieuse et culturelle.

Cités médiévales, les anciens ksour offrent un exemple éminent de type d’ensembles architecturaux illustrant 7 siècles de l’histoire humaine. Ils recèlent une architecture de pierre originale et décorative. Ils offrent un modèle d’habitat typique des ksour sahariens, particulièrement bien intégrés à l’environnement : leur tissu urbain est dense et serré, parcouru de passages étroits et sinueux, enserrés entre les murs d’enceinte aveugles des maisons organisées autour d’une cour centrale.

Villes historiques vivantes, elles sont un exemple éminent d’établissements humains traditionnels, qui offrent les derniers témoignages d’un mode d’occupation de l’espace original et traditionnel, très représentatif de la culture nomade et du commerce de longue distance en milieu désertique. C’est dans ce cadre particulier que les cités ont fourni des entrepôts sûrs pour mettre à l’abri des produits commerciaux et se sont développées jusqu’à devenir les brillants foyers de la culture et de la pensée islamique.

Médina de Tétouan (ancienne Titawin) (1997)

Tétouan a eu une importance particulière durant la période islamique, à partir du VIIIe siècle, comme principal point de jonction entre le Maroc et l’Andalousie. Après la Conquête chrétienne de la Péninsule Ibérique, la ville a été reconstruite par des réfugiés chassés par les Espagnols. Cela est visible dans l’architecture et l’art qui témoignent de fortes influences andalouses. C’est l’une des plus petites médinas marocaines, mais sans aucun doute la plus complète, dont, ultérieurement, la majorité des bâtiments sont restés à l’écart des influences extérieures.

La médina de Tétouan est ceinte d’une muraille historique d’environ 5 km de longueur et l’accès s’effectue à travers sept portes. La trame urbaine est caractérisée par des artères principales reliant les portes entre elles et donnant accès, d’une part à des espaces ouverts (places et placettes) et à des monuments d’intérêt collectif comme les fondouks, les mosquées, les zaouïas et les quartiers destinés à l’artisanat et au commerce et, d’autre part, aux voies secondaires qui mènent aux impasses et îlots résidentiels constituant des espaces semi privés.

Véritable synthèse des cultures marocaine et andalouse, la ville historique de Tétouan présente des particularités urbanistiques et architecturales qui ont influencé le développement architectural et artistique de l’époque du protectorat espagnol. La ville de Tétouan est fort renommée par son École des arts et métiers (Dar Sanaa) et par son Institut National des Beaux-arts qui témoignent d’une tradition ancestrale et d’une ouverture sur le monde d’aujourd’hui.

La médina de Tétouan constitue également un exemple remarquable de ville fortifiée sur la côte méditerranéenne, adossée à un paysage montagnard du nord marocain. Sa position stratégique  en face du détroit de Gibraltar a joué un rôle important comme point de jonction et de transition entre deux civilisations (espagnole et arabe) et deux continents (Europe et Afrique du Nord).

Site archéologique de Volubilis (1997)

La capitale de la Maurétanie, fondée au IIIe siècle av. J.-C., fut un avant-poste important de l’Empire romain et a été ornée de nombreux beaux monuments. Il en subsiste d’importants vestiges dans le site archéologique, situé dans une région agricole fertile. La ville devait devenir plus tard, pendant une brève période, la capitale d’Idriss Ie r , fondateur de la dynastie des Idrissides, enterré non loin de là, à Moulay Idriss.

Volubilis renferme les vestiges essentiellement romains d’un municipe fortifié bâti sur un site imposant au pied du Djebel Zerhoun. Sa superficie atteint 42 hectares. Elle est d’une importance exceptionnelle en ce qu’elle montre le développement urbain et la romanisation aux frontières de l’empire romain et l’illustration graphique de l’interface entre les cultures romaine et indigène.

Du fait de son isolement et qu’elle n’ait pas été occupée pendant près de mille ans, elle présente un niveau important d’authenticité. C’est l’un des sites les plus riches de cette période en Afrique du Nord, non seulement pour ses vestiges mais aussi pour la grande richesse de ses données épigraphiques.

Le site archéologique de Volubilis est un exemple exceptionnel d’une ville témoignant d’un échange d’influences depuis la Haute Antiquité jusqu’à l’arrivée de l’Islam. Ces échanges se sont croisés sur une aire citadine correspondant au périmètre du site, et sur une aire rurale étendue entre les rides prérifaines du Zerhoun et la plaine du Gharb. Ces influences témoignent de cultures méditerranéenne, libyque et maure, punique, romaine et arabo-islamique ainsi que des cultures africaine et chrétienne. Elles se traduisent par l’évolution urbaine de la ville, les modes de construction et de décoration architecturales, et la création de paysages.

Le site est un exemple exceptionnel d’ensemble archéologique, architectural et d’un foyer de différentes formes d’immigration, de traditions culturelles et de cultures disparues (libyco-berbère et maurétanienne, romaine, chrétienne et arabo-islamique) depuis la Haute Antiquité jusqu’à l’arrivée de l’Islam.

Le site archéologique de Volubilis est chargé d’histoire, d’événements, d’idées, de croyances et d’œuvres artistiques d’une signification universelle, notamment en tant que lieu qui abrita pour une brève période la capitale de la dynastie musulmane des Idrissides. La ville de Moulay Idriss Zerhoun toute proche du site abrite le tombeau de ce fondateur qui fait l’objet d’un pèlerinage annuel.

Dougga / Thugga (1997)

Avant l’annexion romaine de la Numidie, la ville de Thugga, construite sur une colline surplombant une plaine fertile, a été la capitale d’un État libyco-punique. Elle a prospéré sous la domination romaine et byzantine mais a décliné au cours de la période islamique. Les ruines visibles aujourd’hui témoignent de manière imposante des ressources d’une petite ville romaine aux frontières de l’Empire.

Le site archéologique de Dougga est situé dans la région du nord-ouest de la Tunisie, perché sur le sommet d’une colline à 571 m d’altitude dominant la vallée fertile de l’oued Khalled. Avant l’annexion de la Numidie par Rome, Thugga avait plus de six siècles d’histoire et a été, selon toute vraisemblance, la première capitale du royaume numide.

Le site archéologique couvre une superficie d’environ 75 ha. Ces vestiges d’une cité entière avec toutes ses composantes témoignent de plus de 17 siècles d’histoire. Ils constituent un ensemble exceptionnel qui illustre la synthèse entre différentes cultures : numide, punique, hellénistique et romaine. Les monuments romains furent intégrés au tissu urbain qui resta fondamentalement numide. C’est un exemple exceptionnel permettant d’illustrer au mieux la naissance d’une cité autochtone, son développement et son histoire à partir du second millénaire avant J.-C.

Le site de Dougga conserve dans son intégralité les vestiges d’une cité antique avec toutes ses composantes et offre le meilleur exemple connu de l’organisation d’une ville de fondation autochtone et de l’adaptation de son urbanisme au modèle romain.

Pendant environ deux siècles et demi, deux communautés juridiquement distinctes, l’une composée des habitants autochtones et l’autre formée des colons qui étaient des citoyens romains, allaient coexister dans la même ville et sur un même territoire. Elles allaient participer toutes les deux au même titre au développement et à l’épanouissement de la cité.

Tout en gardant un urbanisme foncièrement numide, Thugga s’est ainsi trouvée dotée d’une parure monumentale à la romaine. À cet égard, elle constitue un exemple représentatif d’une cité du Maghreb sous les rois numides et durant les premiers siècles de l’Empire romain.

Médina d’Essaouira (ancienne Mogador) (2001)

Essaouira est un exemple exceptionnel de ville fortifiée de la fin du XVIIIe siècle selon les principes de l’architecture militaire européenne de l’époque, transposée dans un contexte nord-africain. Depuis sa fondation, elle est restée un port de commerce international de premier plan reliant le Maroc et l’arrière-pays saharien à l’Europe et au reste du monde.

Avec l’ouverture du Maroc sur le reste du monde à la fin du XVIIe siècle, la médina d’Essaouira a été conçue par un architecte français profondément influencé par le travail de l’ingénieur militaire Vauban à Saint-Malo. Elle a largement conservé l’aspect d’une ville européenne.

La ville offre également l’exemple d’un centre multiculturel comme en fait preuve la coexistence, dès sa conception, de diverses ethnies telles les Amazighes, Arabes, Africains, et Européens et multiconfessionnel (musulmans, chrétiens et juifs). Indissociable de la médina, l’archipel de Mogador comprend un grand nombre de biens culturels et de sites naturels d’une Valeur universelle exceptionnelle. Sa fondation relativement tardive par rapport aux autres médinas d’Afrique du Nord fut l’œuvre du Sultan alaouite Sidi Mohamed Ben Abdallah (1757-1790) qui voulait faire de cette petite cité de l’Atlantique un port royal et un chef-lieu du commerce marocain avec l’extérieur. Longtemps connue sous le nom de Port de Tombouctou, Essaouira devint l’une des pièces maîtresses du commerce atlantique entre l’Afrique et l’Europe à la fin du XVIIIe siècle et durant le XIXe siècle.

Cité portugaise de Mazagan (El Jadida) (2004)

Les fortifications de Mazagan, qui font aujourd’hui partie de la ville d’El Jadida, furent édifiées comme colonie Portugaise sur la côte atlantique marocaine au début du XVIe siècle. La colonie fut reprise par les Marocains en 1769. Les fortifications, avec leurs bastions et remparts, constituent un exemple précoce de l’architecture militaire de la Renaissance. Les édifices portugais encore visibles sont la citerne et l’église de l’Assomption, construite dans le style manuélin (gothique tardif).

La ville portugaise de Mazagan, l’un des premiers établissements en Afrique occidentale des explorateurs portugais qui faisaient route vers l’Inde, offre un témoignage exceptionnel des influences croisées entre les cultures européenne et marocaine, qui apparaissent clairement dans l’architecture, la technologie et l’urbanisme.

Située à 90 km au sud de Casablanca, elle domine une baie naturelle d’une grande beauté. Les frères Francisco et Diogo de Arruda construisirent la première citadelle en 1514. Celle-ci fut agrandie en 1541- 1548 et transformée en forteresse en forme d’étoile par Joao Ribeiro et Juan Castillo selon les plans de l’architecte italien Benedetto da Ravenna.

La forteresse de Mazagan avec son fossé et ses remparts infléchis est l’un des premiers témoins dans le monde lusitanien de l’application des nouvelles conceptions architecturales de la Renaissance adaptées à l’avènement de l’arme à feu par une technologie portugaise. Témoin intégral et unique au Maroc de l’avènement de ce nouveau style, Mazagan est mieux conservée que les autres fortifications portugaises du Maroc, alors que la plupart des comptoirs portugais dans le monde ont subi beaucoup de changements.

Après le départ des Portugais en 1769 et l’abandon qui s’ensuivit, la forteresse fut réhabilitée au milieu du XIXe siècle et appelée El-Jadida (la nouvelle), devenant un centre commercial et une société multiculturelle comptant des habitants musulmans, juifs et chrétiens.

Rabat, capitale moderne et ville historique : un patrimoine en partage (2012)

Située sur la façade atlantique, au nord-ouest du Maroc, Rabat est le résultat d’un dialogue fructueux entre le passé arabo-musulman et le modernisme occidental. Le site comprend la « ville nouvelle », conçue et construite sous le Protectorat français de 1912 aux années 1930, ainsi que les parties anciennes de la ville qui remontent parfois au XIIe siècle.

La « ville nouvelle » représente un des plus grands et plus ambitieux projets urbains du XXe siècle en Afrique, probablement le plus complet. Les parties anciennes abritent la mosquée Hassan (début de la construction en 1184) ainsi que les remparts et portes almohades, seuls vestiges subsistant d’un grand projet de ville capitale du califat almohade. On y trouve aussi des vestiges de la principauté morisque, ou andalouse, du XVIIe siècle.

La ville moderne est caractérisée par la cohérence de ses espaces publics et par la mise en œuvre d’idées hygiénistes (réseaux, rôle de la végétation, etc.). L’habitat est illustré par des quartiers à l’identité bien affirmée : médina et qasba, quartiers résidentiels et des classes moyennes de la ville moderne, enfin le quartier néo-traditionnel des Habous de Diour Jamaâ. La ville intègre en son sein une somme importante d’éléments monumentaux, architecturaux et décoratifs issus des différentes dynasties antérieures.

Par son ensemble urbain, ses monuments et ses espaces publics, la ville moderne de Rabat respecte les nombreuses valeurs du patrimoine arabo-islamique antérieur et s’en inspire. De manière exceptionnelle, elle témoigne de la diffusion des idées européennes du début du XXe siècle, de leur adaptation au Maghreb et, en retour, d’une influence sur l’architecture et les arts décoratifs autochtones.

La ville apporte un exemple éminent et achevé d’urbanisme moderne, pour une ville capitale du XXe siècle, par une organisation territoriale fonctionnelle qui assume une intégration des valeurs culturelles du passé au sein du projet moderniste. La synthèse des éléments décoratifs, architecturaux et paysagers, de même que le jeu d’opposition entre présent et passé, offrent un ensemble urbain raffiné et rare.

Chef-d’œuvres du patrimoine oral et immatériel de l’humanité

Le patrimoine culturel immatériel (PCI) est une catégorie de patrimoine issue de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel adoptée par l’UNESCO en 2003. La notion de patrimoine culturel immatériel est apparue au début des années 1990, après les recommandations de 1989 sur la protection des cultures traditionnelles, et en contrepoint du patrimoine mondial tourné essentiellement vers les aspects matériels de la culture.

En 1997 s’est tenue à Marrakech, à l’initiative d’intellectuels marocains et de l’Unesco, une réunion au cours de laquelle a été défini le concept de « patrimoine oral de l’humanité », et décidé d’établir une distinction pour la préservation et la mise en valeur des « chefs-d’œuvre » de ce patrimoine.

** L’espace culturel de la place Jemaa el-Fna (2001)

La place Jemaa el-Fna est l’un des principaux espaces culturels de Marrakech. Devenue l’un des symboles de la ville depuis sa fondation au onzième siècle, elle offre une concentration exceptionnelle de traditions culturelles populaires marocaines qui s’expriment à travers la musique, la religion et diverses expressions artistiques. Située à l’entrée de la Médina, cette place triangulaire entourée de restaurants, d’échoppes et de bâtiments publics est le théâtre quotidien d’activités commerciales et de divertissements. Elle est un point de rencontre pour les habitants de la ville, mais également pour les gens venus d’ailleurs. Tout au long de la journée, et jusque tard dans la nuit, on peut y acheter des fruits, déguster des mets traditionnels et trouver toute une variété de services tels que soins dentaires, médecine traditionnelle, divination, prédication, tatouage au henné ou portage d’eau. On peut également y voir et entendre conteurs, poètes, charmeurs de serpents, musiciens berbères (mazighen), danseurs gnawis et joueurs de senthir (hajhouj). Les expressions orales étaient autrefois continuellement renouvelées par les bardes (imayazen) qui parcouraient les territoires berbères. Aujourd’hui encore, ils mêlent le geste à la parole pour enseigner, divertir et charmer le public. Ils tendent désormais à adapter leur art au monde contemporain en improvisant sur la trame d’un texte ancien, rendant ainsi leurs récits accessibles à un plus large public.

La place de Jemaa el-Fna est un lieu majeur d’échanges culturels et bénéficie d’une protection depuis 1922 au titre d’élément du patrimoine artistique du Maroc. Mais l’urbanisation, en particulier les spéculations immobilières et le développement de l’infrastructure routière, est considérée comme une sérieuse menace pour cet espace culturel. Si la place Jemaa el-Fna jouit d’une grande popularité, les pratiques culturelles pourraient toutefois être affectées par une acculturation, notamment liée au développement du tourisme.

**Le Moussem de Tan-Tan (2005)

Le Moussem de Tan-Tan, dans le sud-ouest du Maroc, est un rassemblement annuel de nomades du Sahara qui réunit plus d’une trentaine de tribus du sud marocain et d’autres régions du nord-ouest de l’Afrique.

À l’origine, il avait lieu tous les ans vers le mois de mai. S’inscrivant dans le calendrier agropastoral des nomades, il était l’occasion de se retrouver, d’acheter, de vendre et d’échanger des denrées et autres produits, d’organiser des concours d’élevage de dromadaires et de chevaux, de célébrer des mariages et de consulter les herboristes. Le Moussem était également le prétexte à diverses expressions culturelles : musique, chants populaires, jeux, joutes de poésie et autres traditions orales Hassani. C’est à partir de 1963 que ces rassemblements ont pris la forme d’un Moussem (sorte de foire annuelle ayant des fonctions à la fois économiques, culturelles et sociales), quand le premier Moussem de Tan-Tan a été organisé pour promouvoir les traditions locales et offrir un lieu d’échange, de rencontre et de réjouissances.

Le Moussem aurait été au départ associé à Mohamed Laghdaf, farouche résistant à l’occupation franco-espagnole, mort en 1960 et enterré non loin de la ville de Tan-Tan. Entre 1979 et 2004, les problèmes de sécurité dans la région ont empêché la tenue du Moussem. Aujourd’hui, les populations nomades sont particulièrement soucieuses de protéger leur mode de vie. Les mutations économiques et techniques qu’a connues la région ont profondément modifié le mode de vie des communautés bédouines nomades, obligeant nombre d’entre elles à se sédentariser. L’urbanisation et l’exode rural ont en outre contribué à la disparition de nombreux aspects de la culture traditionnelle de ces populations, notamment l’artisanat et la poésie. C’est pourquoi les communautés bédouines comptent sur le renouveau du Moussem de Tan-Tan pour les aider à assurer la survie de leurs savoir-faire et traditions.

**Moussem des Cerises de Sefrou (2012)

Pendant trois jours en juin, chaque année, la population locale de Sefrou célèbre la beauté naturelle et culturelle de la région, symbolisée par la cerise et la nouvelle Reine des Cerises choisie cette année-là à l’issue d’un concours qui attire des compétitrices de la région et du pays tout entier. Le point culminant de la fête est un défilé avec des troupes de fantasia, de musiques rurales et urbaines, de majorettes et de fanfares, et des chars représentant les producteurs locaux. Au centre se tient la Reine des Cerises qui offre des cerises aux spectateurs, parée de ses plus beaux costumes et entourée de ses dauphines. Toute la population contribue à la réussite du festival : les femmes artisanes fabriquent les boutons en soie pour les vêtements traditionnels, les arboriculteurs fournissent les cerises, les clubs sportifs locaux prennent part aux compétitions et les troupes de musique et de danse animent l’ensemble des festivités. Le festival est une source de fierté et d’appartenance qui valorise l’amour-propre de la ville et de ses habitants, et constitue une contribution fondamentale à leur identité locale.

La cerise de Sefrou, ou el-Beldi, est une cerisette noire, très sucrée à sa maturité, que l’on trouve au Maroc. Selon la tradition, sa queue aurait des vertus curatives.

**Les rites et les savoir-faire artisanaux associés à la tradition du costume nuptial de Tlemcen (2012)

Le rituel nuptial de Tlemcen dans le nord-ouest de l’Algérie commence chez les parents où la mariée revêt une robe de soie dorée réalisée dans un tissage traditionnel, entourée de ses amies et cousines mariées, parées de leurs costumes nuptiaux. Des dessins symboliques au henné sont appliqués sur ses mains et une femme plus âgée l’aide à revêtir un caftan de velours brodé, les bijoux et une coiffe conique. Des rangs de perles baroques protègent ses organes vitaux et de reproduction contre les esprits malfaisants. En quittant le foyer, la mariée est dissimulée sous un voile de soie flamboyant. Pendant la fête nuptiale, une femme mariée du cercle de ses proches dessine des motifs arrondis rouges et argentés sur les joues et sous la lèvre inférieure de la mariée pour la purifier et la protéger. Une fois protégée par son caftan, ses bijoux et son maquillage, la mariée quitte son voile, prête à se marier. Les jeunes filles de Tlemcen sont initiées à la tradition du costume dès le plus jeune âge, tandis que l’artisanat que représente la confection du précieux costume nuptial se transmet de génération en génération. Le rite symbolise l’alliance entre les familles et la continuité entre les générations, alors que l’artisanat joue un rôle majeur dans la perpétuation de la créativité et l’identité de la communauté de Tlemcen.

**La diéte méditerranéenne de Chefchaouen (2013)

La diète méditerranéenne implique un ensemble de savoir-faire, de connaissances, de rituels, de symboliques et de traditions qui concernent les cultures, les récoltes, la cueillette, la pêche, l’élevage, la conservation, la transformation, la cuisson et, tout particulièrement, la façon de partager la table et de consommer les aliments. Manger ensemble constitue le fondement de l’identité et de la continuité culturelles des communautés du bassin méditerranéen. C’est un moment d’échange social et de communication, d’affirmation et de refondation de l’identité de la famille, du groupe ou de la communauté. La diète méditerranéenne met l’accent sur les valeurs de l’hospitalité, du bon voisinage, du dialogue interculturel et de la créativité, et sur un mode de vie guidé par le respect de la diversité. Elle joue un rôle important dans les espaces culturels, les fêtes et les célébrations en rassemblant des populations de tous âges, classes et conditions. Elle inclut l’artisanat et la production d’objets pour le transport, la conservation et la consommation des aliments, entre autres les plats en céramique et les verres. Les femmes jouent un rôle essentiel dans la transmission des savoir-faire et des connaissances de la diète méditerranéenne, dans la sauvegarde des techniques, dans le respect des rythmes saisonniers et des ponctuations festives du calendrier, et dans la transmission des valeurs de l’élément aux nouvelles générations. De même, les marchés jouent un rôle clé en tant qu’espaces de culture et de transmission de la diète méditerranéenne, dans l’apprentissage quotidien de l’échange, du respect mutuel et de l’accord.

**Le pèlerinage annuel au mausolée de Sidi ‘Abd el-Qader Ben Mohammed dit « Sidi Cheikh » (2013)

Chaque année, les communautés soufies nomades et sédentaires effectuent un pèlerinage au mausolée du mystique musulman Sidi ‘Abd el-Qader Ben Mohammed dit « Sidi Cheikh », enterré à El Abiodh Sidi Cheikh. À partir du dernier jeudi de juin, trois jours de rituels religieux et de manifestations profanes festives rendent hommage au fondateur de la confrérie. Le pèlerinage renouvelle les liens et les alliances au sein de la confrérie soufie et assure la paix et la stabilité entre les communautés. Il a également contribué au récent essor du soufisme ainsi qu’à la promotion de valeurs communautaires telles que l’hospitalité et de pratiques collectives telles que les hymnes à Sidi Cheikh, les récitations du Coran, les danses et les chants profanes. Les rituels commencent par une récitation en chœur du Coran suivie, à l’aube, d’une cérémonie consistant à renouveler l’affiliation des communautés à la confrérie soufie. Les festivités profanes comprennent des jeux d’escrime, des compétitions équestres et des danses qui mobilisent plus de 300 cavaliers venant des différentes communautés. Les connaissances spirituelles s’apprennent et se transmettent dans les familles, tandis que les maîtres soufis enseignent les principaux rituels et prières soufis aux initiés à travers un apprentissage formel. Les danses et jeux profanes des hommes et des femmes s’enseignent dans des associations ou sont transmis par la pratique.

**Les pratiques et savoirs liés à l’imzad des communautés touarègues (2013)

La musique de l’imzad, caractéristique des populations touarègues, est jouée par les femmes avec un instrument à corde unique frottée, également connu sous le nom d’imzad. La musicienne place l’instrument sur ses genoux et joue en position assise au moyen d’un archet en bois arqué. Alliant musique et poésie, la musique de l’imzad est fréquemment jouée lors des cérémonies dans les campements touarègues. L’instrument fournit l’accompagnement mélodique des chants poétiques ou populaires glorifiant les aventures et les exploits des héros du passé, qui sont souvent chantés par les hommes et auxquels hommes et femmes participent en émettant des cris modulés ou aigus. La musique revêt également une fonction thérapeutique car elle est jouée pour chasser les mauvais esprits et atténuer les souffrances des malades. Le son de l’imzad reflète les sentiments et les états d’âme de l’interprète, et toute difficulté d’exécution au cours d’une interprétation est considérée comme un signe de malheur. Les femmes fabriquent l’instrument à partir d’une demi-calebasse séchée et évidée. Celle-ci est tendue d’une peau du côté ouvert, percée de deux ouïes en forme de rosace et munie d’un chevalet en bois en forme de V. Le savoir musical de l’imzad est transmis oralement selon des méthodes traditionnelles qui favorisent l’observation et l’assimilation.

**L’argan, pratiques et savoir-faire liés à l’arganier  (2014)

L’arganier est une espèce sylvestre endémique présente dans la Réserve de biosphère de l’arganeraie du sud-ouest marocain. Les femmes et, dans une moindre mesure, les hommes vivant dans les zones rurales de la Réserve utilisent des méthodes traditionnelles pour extraire l’huile d’argan du fruit de l’arganier. Différentes tâches, dont la réalisation se transmet par voie d’imitation et par l’apprentissage non formel, sont nécessaires pour obtenir l’huile, qui trouve de nombreux usages dans l’alimentation, la médecine et la cosmétique. Ces tâches sont la cueillette des fruits, leur séchage, le dépulpage, le concassage, le tri, la mouture et le malaxage. Le moulin à bras spécifique est fabriqué par des artisans locaux, et le malaxage suppose l’ajout progressif d’eau tiède selon des quantités précises. Tous les aspects culturels relatifs à l’arganier, dont la culture de l’arbre, l’extraction de l’huile, la préparation des recettes et des produits dérivés, et la confection des outils artisanaux nécessaires aux différentes tâches contribuent à la cohésion sociale, à l’entente entre les individus et au respect mutuel entre les communautés. L’huile d’argan s’offre en cadeau de mariage et s’utilise fréquemment pour la préparation de plats de cérémonie. Les savoir-faire traditionnels portant spécifiquement sur l’extraction de l’huile et ses multiples usages sont transmis par les « arganières », qui apprennent à leurs filles, dès leur plus jeune âge, à les mettre en pratique.

**Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba dans l’oasis de Djanet, Algérie (2014)

Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba sont pratiqués sur dix jours par deux communautés vivant à Djanet au cours du premier mois du calendrier lunaire musulman. Des danseurs et des chanteuses s’affrontent pour avoir le droit de représenter leur communauté lors d’une compétition sur neuf jours appelée « Timoulawine ». Les vainqueurs participent le lendemain au rituel et aux cérémonies de la Sebeïba. Les danseurs, en tenue guerrière, et les chanteuses se rendent dans un lieu appelé « loghya » pour pratiquer le rituel. Une fois arrivés, les danseurs forment un cercle rituel en faisant cliqueter leurs épées en continu tandis que les femmes chantent des chants traditionnels au rythme des tambourins. À la fin de la journée, les participants se dispersent. Les connaissances liées au rituel et aux cérémonies sont transmises directement des anciens aux jeunes. Les artisans locaux fabriquent et réparent les tenues, les armes, les bijoux et les instruments de musique nécessaires au rituel et aux cérémonies. Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba sont un marqueur important de l’identité culturelle des Touaregs qui vivent dans le Sahara algérien. Ils permettent de renforcer la cohésion sociale et de conjurer symboliquement les éventuels actes de violence entre les communautés rivales en simulant et en transposant cette violence dans le domaine de la compétition artistique.

**Le sbuâ, pèlerinage annuel à la zawiya Sidi El Hadj Belkacem, Gourara (2015)

Chaque année, les pèlerins des communautés zénètes, dans le sud-ouest du Sahara algérien, visitent les mausolées des saints pour commémorer la naissance du prophète Mahomet. Le sbuâ est un pèlerinage qui s’étale sur une semaine et comporte des pratiques culturelles festives liées à des activités de groupe, comme des visites et des célébrations accompagnées de chants et de danses. Les pèlerins terminent leur voyage le septième jour sur une place à l’extérieur d’une  »zawiya » (institution communautaire) située au centre de Gourara, qui abrite le mausolée de Sidi El Hajd Belkacem. Les différents groupes de pèlerins fusionnent symboliquement autour d’un détenteur portant l’étendard du saint avant de rejoindre ensuite leurs groupes respectifs pour poursuivre le rituel, qui est dirigé par les pèlerins les plus âgés. Les femmes participent aux rassemblements en poussant des youyous et en présidant le rituel dit « de la meule », une semaine avant le début de la cérémonie, au cours duquel elles broient la première poignée de céréales utilisée pour faire le couscous mangé par les pèlerins. Les détenteurs de cette tradition peuvent remonter leur lignée jusqu’aux saints et se décrivent comme des descendants. Les enfants et les jeunes sont impliqués de manière formelle dans les différents aspects (actes, prières et chants), devenant peu à peu eux-mêmes les détenteurs de la connaissance. Compte-tenu de l’ensemble des croyances et des rites à l’œuvre dans le pèlerinage, le sbuâ est considéré par les communautés comme étant une expression de leur histoire et des liens qui les unissent.

**Fauconneries de Boulaaouane (2016)

Utilisée à l’origine pour se procurer de la nourriture, la fauconnerie est désormais davantage liée à la protection de la nature, au patrimoine culturel et à l’engagement social des communautés. Suivant leurs propres traditions et principes éthiques, les fauconniers dressent, forment et font voler des oiseaux de proie (falconidés, mais aussi aigles et accipitridés) en développant un lien avec eux et en devenant leur principale source de protection. Présente dans de nombreux pays du monde, la pratique peut varier, par exemple, au niveau du type d’équipement utilisé, mais les méthodes restent les mêmes. Se considérant comme un groupe, les fauconniers peuvent voyager pendant des semaines pour chasser, en se racontant, le soir, leur journée. Ils considèrent la fauconnerie comme un lien avec le passé, notamment lorsqu’il s’agit de l’un des derniers liens avec l’environnement naturel et la culture traditionnelle de la communauté. Les connaissances et savoir-faire se transmettent de génération en génération dans le cadre du mentorat, de l’apprentissage au sein des familles, ou d’une formation dans des clubs et des écoles. Dans certains pays, un examen national doit être passé pour devenir fauconnier. Des rencontres et festivals permettent aux communautés de partager leurs connaissances, de renforcer la sensibilisation et de promouvoir la diversité.

**La Taskiwin, danse martiale du Haut-Atlas occidental (2017)

La Taskiwin est une danse martiale typique des montagnes du Haut-Atlas occidental au centre du Maroc. Elle tire son nom de la corne richement décorée que porte chaque danseur, le Tiskt. Elle consiste à faire vibrer les épaules au rythme des tambourins et des flûtes. Cette pratique encourage la cohésion sociale et l’harmonie et représente un important mode de socialisation pour les jeunes. La transmission aux jeunes générations s’effectue le plus souvent de façon informelle, par un apprentissage direct. Toutefois, pour plusieurs raisons, la danse est désormais circonscrite à un nombre réduit de villages et est menacée de disparition. La mondialisation menace de la faire tomber dans l’oubli, comme en témoigne le désintérêt croissant des jeunes envers le patrimoine traditionnel, au profit des pratiques artistiques modernes. Plusieurs communautés ne pratiquent plus la danse et les amateurs et détenteurs qui restent n’arrivent pas à trouver d’apprentis à qui transmettre leur savoir-faire. L’artisanat relatif aux instruments et aux accessoires est également sur le déclin. Néanmoins, au cours des deux dernières décennies, la nécessité d’assurer la viabilité de la Taskiwin a fait l’objet d’une prise de conscience collective dans certaines communautés. Ainsi, la première association dédiée à cette pratique a été créée dans la région en 1993. Cette initiative a été suivie par plusieurs autres villages et plusieurs associations locales sont en cours de création.

**Les savoirs et savoir-faire des mesureurs d’eau des foggaras ou aiguadiers du Touat-Tidikelt (2018)

L’élément concerne le savoir et les savoir-faire des mesureurs d’eau des foggaras (système d’irrigation), ou aiguadiers, des communautés ksouriennes du Touat et du Tidikelt. Les mesureurs d’eau participent à différentes opérations qui vont du calcul des parts d’eau à la réparation des peignes de répartition des eaux et la conduite de l’eau dans les rigoles. Chaque foggara relie plusieurs catégories d’agents sociaux et de détenteurs de savoirs dont les propriétaires, les travailleurs manuels, les comptables et les mesureurs d’eau. C’est le savoir de ces derniers qui semble menacé. Le mesureur d’eau est un personnage essentiel de la vie des ksour sahariens car il gère un domaine vital dont dépend la survie de tous. Il a un rôle à la fois intellectuel et manuel et peut être appelé à tout moment par la communauté. Actuellement, un manque de communication entre les jeunes et leurs ainés est observé. En outre, plusieurs facteurs ont modifié le bon fonctionnement des foggaras, notamment des transformations initiées par le pouvoir central dans les rapports de propriété, les effets de l’urbanisation et de la modernisation et une absence de prise en considération des mesures à mettre en œuvre pour assurer la transmission du savoir. La disparition de l’activité des mesureurs d’eau est illustrée par leur âge avancé qui met en évidence une absence de renouvellement des praticiens.

**Les savoir-faire liés à la poterie des femmes de Sejnane (2018)

Les savoir-faire liés à la poterie des femmes de Sejnane ont trait à la pratique consistant à utiliser une technique particulière pour produire des artefacts en terre cuite pour la maison, notamment des ustensiles de cuisine, des poupées et des figurines animalières inspirées par l’environnement. Toutes les étapes de la production sont accomplies par des femmes, qui vendent également les poteries dans le village et sur le bord des routes avoisinantes ; les femmes occupent donc une place importante dans la communauté. L’argile est généralement extraite dans les lits d’oueds, puis elle est débitée en mottes, concassée, purifiée et détrempée avant d’être pétrie et façonnée. Une fois cuites, les poteries sont décorées de motifs géométriques bicolores rappelant les tatouages traditionnels et les tissages berbères. Les hommes participent à la vente, ce qui fait de cet artisanat familial un outil de promotion de la cohésion familiale. Confrontées aux évolutions socioéconomiques, les femmes de Sejnane ont adapté leur artisanat aux nouvelles exigences de la vie moderne et aux aléas de la demande, révélant ainsi leur capacité d’innovation. Les connaissances et savoir-faire relatifs à cet artisanat de la poterie manuelle à Sejnane sont transmis dans le cadre d’un enseignement traditionnel et informel au sein des communautés où les jeunes filles sont encouragées à apprendre cet art du feu en plus de leur scolarité. L’Office national de l’artisanat dispense également des cours de formation pour les jeunes femmes de la communauté qui souhaitent se consacrer à cette activité.

Sites classés sur la Liste Indicative du Patrimoine mondial

L’inscription sur la liste indicative constitue la première étape de l’inscription sur la liste du patrimoine mondial. Elle regroupe les éléments pour lesquels l’État partie a l’intention de déposer un dossier de candidature à l’UNESCO, avant que ne soit validé son passage en session du Comité du patrimoine mondial. La liste indicative du patrimoine mondial est donc une antichambre de la liste du patrimoine mondial listant les éléments recensés et mis en valeur par chaque État partie.

*Moulay Idriss Zerhoun (1995)

Ville fondée sur le mont de Zerhoun par Idriss I fondateur du ler état Islamique au Maroc à la fin du VIIème siècle. Elle revêt un caractère spirituel qui a permis l’établissement de plusieurs monuments et sanctuaires religieux dont le plus important est le mausolée Moulay Idriss. La ville se caractérise par une architecture Islamique élaborée et conçue selon un style parfaitement intégré à l’environnement culturel local

*Taza et la Grande Mosquée (1995)

Taza est une cite ancienne dont l’importance remonte à l’époque Almohade (XIIème S) pendant laquelle furent édifies plusieurs ouvrages défensifs (enceinte et bastions) et en particulier la grande mosquée qui renferme un important lustre importé d’Andalousie à la suite de la bataille d’Alarcos. Carrefour important entre l’Est et l’Ouest du pays, la situation stratégique de la ville située en élévation dans un col étroit lui confère une épopée historique qui s’étale sur plusieurs siècles.

*Mosquée de Tinmel (1995)

La mosquée de Tinmel a été édifiée dans la région du Haut-Atlas à la mêmoire de Mehdi Ibn Toumert fondateur de la dynastie Almohade (XIIème siècle). Cette mosquée a été construite selon un procédé Andalou Maghrébin qui allie le raffinement de la tradition architecturale et les techniques de construction locale.

*Ville de Lixus (1995)

La ville de Lixus est d’après de nombreux auteurs anciens l’une des premières cites de l’occident méditerranéen. Elle est située à l’embouchure de l’oued Lukkos, en face de la ville moderne de Larache.

Les fouilles qui y ont été entreprises ont montré que le site a été occupé depuis le VIIIème siècle avant J.C jusqu’au XIV4me siècle après J.C. Les secteurs fouillés ont touché un quartier religieux constitué de nombreux temples, un quartier d’habitat préroman et romain, un complexe industriel de salaisons (l’un des plus importants du bassin méditerranéen)…

La stratigraphie du site comprend 5 grandes phases: phénicienne, punique, mauritanienne, romaine et post-romaine et une dernière phase islamique.

*El Gour (1995)

Type de Tumulus appelé « Bazina » constitué d’assises en blocs de pierres taillées disposées régulièrement les unes sur les autres en forme de gradins circulaires.

Site de l’époque protohistorique (V4me siècle avant J.C.) édifié au profit d’un personnage illustre dans la région de Meknes au Maroc.

*Grotte de Taforalt (1995)

Site préhistorique de la période paléolithique, de renommée international (population mechtoide), situé dans le Nord-est du Maroc. Il s’agit d’une gallérie d’environ 55 mètre de profondeur caractérisée par un remplissage stratigraphique relatant toute l’histoire du paléolithique superieure de l’Afrique du nord.

De cette grotte ont été exumé une importante industrie lithique et une nécropole constituée d’environ cent individus appartenant au type mechtoide (homme moderne de l’Afrique du nord). Cette population date d’environ 20000 ans avant J.C.

*Parc naturel de Talassemtane (1998)

Ecosystème forestier méditerranéen endémique,unique dans le monde par sa richesse en espèces végétales endémiques telles que Abies marocca(Sapin du Maroc), rares ou remarquables, son paysage d’une beauté exceptionnelle (pics de montagnes calcaires, falaises, gorges, grottes…) surplombant la cité de Chefchaouen, ville de tradition andalouse.

*Aire du Dragonnier Ajgal (1998)

Ecosystème présteppîque à préforestier endémique, unique dans le monde par sa richesse en espèces végétales endémiques telles que Dracuena draco subsp. ajgal (Dragonnier du Maroc) et Argania Spinosa (Arganier), rares ou remarquables; son paysage d’une beauté exceptionnelle (falaises importantes des djebels Imzi et Adad-Medni), est réhaussé par la présence de peintures rupestres exécutées avec la sang extrait du tronc du dragonnier.

*Lagune de Khnifiss (1998)

D’une superficie totale de 60.000 ha au Nord-Est de Tarfaya, la lagune de Khnifiss est un fleuron des réserves marocaines qui offre une diversité étonnante de biotopes dans un milieu désertique austère mais à la beauté paysagère somptueuse. Les valeurs naturelles du site sont rehaussées par la présence de vestiges archéologiques préhistoriques et historiques sur lesquels des recherches pluridisciplinaires se penchent ces dernières années.

*Parc national de Dakhla (1998)

Le Parc National de Dakhla s’étend sur une supefflcie de 14160 km2 qui occupe 1/10 de celle de la rovince de Oued Eddahab dans l’extrême Sud du Maroc. ll est célèbre pour sa richesse en groupements végétaux et en faune propre au zones à climat prearide. Sa côte, notamment la presqu’ile du Cap blanc-Aguerguer, est connue pour sa population de Phoques moines Monachus monachus. Elle justifie à elle seule son classement en parc national.

*Paysage culturel d’Azougui (2001)

Le paysage culturel d’Azougui se compose de plusieurs structures culturelles dont l’existence est étroitement liée au milieu, et ce dernier est également soit une production culturelle soit un phénomène naturel qui porte maintenant les empreintes de toutes les valeurs culturelles qu’il abrite. Les composantes essentielles de ce paysage sont:

Le phénomène de l’Oasis dont ‘apparition est étroitement lié à la création d’Azougui, dont les vestiges témoignent de ce passé florissant, dans un milieu de plus en plus désertique n’acceptant plus les autres formes d’agriculture.

Le site archéologique d’Azougui, première capitale des Almoravides sous forme de forteresse construite en pierre sèche comportant un mur d’enceinte et plusieurs concessions. Cette forteresse a été agrandie au fil des temps, ce qui se justifie par l’urbanisation à l’intérieur du mur de l’enceinte sur un périmètre de plusieurs kilomètres.

Les objets archéologiques exhumés fournissent une information éloquente sur le rôle que jouait le site dans le commerce transsaharien à travers la céramique et le verre, tous importés d’horizons différents, notamment le Maghreb, la Péninsule Ibérique et le proche Orient. En outre la tradition orale fournit des témoignages cohérents et concordants sur le rôle de l’Imam El Mejdhoub, personnalité mythique et religieuse d’envergure et son adepte l’Imam El Hadramy El Morady dont la tombe se situe au coeur du site et dont l’oeuvre manuscrite « El Ichara-Vy Tadbiri El Imara » fut la première en politique dans la région.

*Site archéologique de Kumbi Saleh (2001)

Capitale de l’Empire du Ghana dégage plusieurs concessions d’une architecture exceptionnelle et d’une richesse extraordinaire en matériel archéologique, en particulier la mosquée qui est considérée actuellement la plus ancienne et la plus grande mosquée de l’Afrique de l’Ouest. Parmi les objets archéologiques exhumés apparaissent des plaques épigraphiées très originales, une étonnante côte de mailles et de rares objets métalliques. La plus ancienne date du site remonte au 4è » siècle, mais son abandon n’est attesté que vers la moitié du 13è » siècle.

Le site est un ensemble architectural extraordinaire dont le périmètre dépasse 10 km. Les concessions dégagées montrent l’emploi très particulier des plaques de schiste dans un art architectural exceptionnel, duquel seront inspirées, plus tard les villes de Oualata et de Néma. Les édifices religieux très marquant dans le site sont le monument animiste à colonnes et la grande mosquée remarquablement restituée par l’archéologie. L’Empire du Ghana, est selon les auteurs anciens, l’organisation politique la plus importante dans la région, pendant cette période et, il avait sous son autorité un grand nombre de royaumes, ce qui lui a permis le contrôle du célèbre commerce de l’or soudanais et ceci jusqu’à l’avènement de la conquête almoravide qui a changé considérablement le mode de vie à Kumbi Saleh ; et le rayonnement scientifique des villes historiques de Tichitt et Oualata et plutard Toumbouctou, en plus du changement de l’axe du commerce transaharien au profit de ces ville a accéléré l’abandon de la ville.

*Site archéologique de Tegdaoust (2001)

Tegdaoust fut une étape incontournable du commerce et de l’industrie métallurgique de l’or, le fer et le cuivre ; elle était certainement la première étape sur la route liant le Maghreb et le pays soudanais. Cette cité a connu un commerce florissant de l’or et des activités socio-économiques très aisées pendant plusieurs sièccles. Le site archéologique date du 8è,e siècle, mais il a connu plusieurs périodes d’occupation qui perdurent dans le temps jusqu’au 13 è,e siècle. Entre 1050 et 1070, le site, qui jusqu’à cette date était sous l’autorité de l’Empire du Ghana, a été conquis par les Almoravides. Les fouilles du sites ont montré l’évolution de l’architecture et de la vie humaine dans un milieu qui connaît une croissance de l’aridité et, elles ont dégagé des objets très significatifs dans le commerce et l’industrie de l’or, dont une balance vraisemblablement la plus ancienne de la région.

*Les oasis à foggaras et les ksour du Grand Erg Occidental (2002)

Dans le complexe spatial formé du Grand Erg Occidental et de la vallée de la Saoura la stratification dans le temps de l’action anthropique a donné lieu à un modèle original d’implantation d’oasis où le cadre naturel et les interventions dues à l’homme concourent à la formation de l’écosystème. L’oued Saoura a été défini comme un « événement unique dans tout le Sahara africain » et comparé, pour ce qui est de l’importance géographique et de l’impact sur les civilisation, au Nil d’Egypte.

La Saoura a creusé sa vallée au cours du quartenaire en s’encaissant dans les terrains du tertiaire continental du piedmont sud atlastique. La vallée étroite et bien dessinée s’insère entre la chaine de Ouargla et le tertiaire continental. Elle a été une grande voie caravanière transharienne qui joignait Gao en territoire malien après la traversée de Tanezrouft. Elle présente un des paysages les plus marquants de part et d’autre de l’oued Saoura, ici se juxtaposent les escarpements rougeâtres de la Hamada du Guir à l’ouest et les dunes blondes du grand erg occidental à l’est. Entre les deux , s’égrènent palmeraies et ksours jalonnant l’oued. Partout des puits à balancier destinés à élever l’eau ; beaucoup de ksour sont encore occupés ( Aguedel, El ouarta, Guerzim, Kerzaz…).

*Sites, lieux et itinéraires augustiniens du Maghreb central (2002)

Parmi les pères de l’église, Augustin (Theveste 354 – Hippone 430) est sans conteste l’un des plus connus. Rhéteur philosophe, théologien, penseur hors du commun, mystique et fondateur d’une règle monastique originale a marqué d’une empreinte particulière son époque et, depuis lors, sa renommée n’a cessé de croître dans le monde.

Les activités épiscopales d’Augustin n’ont pas seulement pour site son siège d’Hippone. A partir d’Hippone, ses missions les plus diverses le conduisent en des lieux et selon des itinéraires qui recouvrent l’ensemble de l’est algérien et une partie du centre de l’Algérie d’aujourd’hui .

Depuis son ordination et jusqu’à la fin de sa vie, Augustin n’en fut pas moins sur les routes de l’Afrique non seulement pour y prêcher en des circonstances diverses mais aussi pour participer aux différents conciles qui se déroulaient dans sa province ou hors de sa juridiction ecclésiastique. Ses déplacements en Numidie et en Maurétanie sont bien attestés et les lieux visités bien identifiés grâce à ses nombreuses correspondances et sermons .

Il se déplaça 4 fois à Mila , 1 fois à Calama, 4 fois à Cirta, 3 fois à Khamissa, 4 fois à Thagaste, 1 fois à Sétif, 1 fois à Caesarea, 1 fois à Ténes et 1 fois à Tobna . Ces sites d’existence , d’études et de déplacement surprennent par leur richesse et étonnent par leur variété. Elles jalonnent les routes stratégiques entre les plateaux peuplés de nomades et le littoral.

*Nedroma et les Trara (2002)

Capitale des Trara bâtie sur le revers de djebel Filaoussene par Abdelmoumen Ben Ali en 1150 sur les ruines d’une cité berbère. Elle a accueilli de nombreux immigrants andalous chassés par la reconquista. Elle devint un important centre de textile au 16 ème siècle.

C’est une ville étagée sur les flancs du djebel Filaoussène entre 400 et 500 m d’altitude sur un site verdoyant arrosé par des sources d’eau importantes où les maisons bleues, blanches, vertes et brunes forment un cadre enchanteur.

*Oued souf (2002)

Ensemble d’oasis unique implanté en plein erg imposant un mode particulier de mise en valeur (technique du Ghout ) et un système de culture originale: les palmiers sont plantés directement au dessus de la nappe au fond de vastes entonnoirs creusés dans le sable. Des cultures secondaires sont faites sur le bord des entonnoirs et irrigués par des puits à balancier. Ce type d’oasis ne se base pas sur une structure géomorphologique ou sur un système hydrographique apparent. L’existence des oasis s’avère une création complètement artificielle dont chaque pouce de terrain est directement disputé aux dunes. Le travail de maintenance ne peut jamais s’interrompre, étant donné l’impossibilité de bloquer l’action continue du vent et des sables contre laquelle toute opposition drastique est vouée à l’échec. Des barrières artificielles de palmes provoquent l’accumulation de sable et favorisent le système protectif des entonnoirs creusés.

C’est une région ayant une identité spécifique mais dont l’histoire est très mal connue. Sa population métissée comprend des descendants d’ancêtres nomades de Troud et Adouane venus du Yemen mêlés à des populations zénètes preéxistantes. Le souf est aussi le pays des roses des sables , des fennecs et des tapis de haute laine ou en poil de chameau. A 15 km à l ‘ouest d’El Oued : l’oasis de Ourmes.

*Les Mausolées Royaux de Numidie, de la Maurétanie et les monuments funéraires pré-islamiques (2002)

Il s’agit de biens funéraires produits d’une brillante civilisation originale à la fois africaine et méditerranéenne.

Ces monuments royaux représentent une sélection d’exemples remarquables de sépultures remontant à des périodes variées et issues de régions différentes. Ils témoignent de la diversité des conceptions architecturales et techniques artisanales élaborées au cours de plusieurs millénaires.

Cet ensemble est constitué par : La Soumaa d’El Khroub, le Medracen, le e Mausolée Royal Maurétanien sur la côte de Tipasa, lee Mausolée de Beni Rhénane en bordure de l’oued Tafna, les Djeddars , tombeaux situés à 30 km au sud de Tiaret (dans les hauts plateaux) et le Tombeau de Tin Hinan ( Abalessa) dans le Hoggar.

*Parc des Aurès avec les établissements oasiens des gorges du Rhoufi et d’El Kantara (2002)

L’Aurès est limité à l’ouest par la grande dépression de Batna à l’est par la vallée de l’oued El Arab et tombant brutalement au dessus des plaines sur ses faces nord et sud. Ses crêtes culminent au nord est à plus de 2000 m.

Une végétation très variée traduit des contrastes climatiques comme il y en a peu en Algérie. Le versant nord porte des chênes verts et en altitude , de belles cedraies qui couronnent le sommet des grands anticlinaux sur sols gréseux silicieux. Le versant méridional porte des forêts de pins d’Alep et de genévriers de phénicie qui font place vers le sud à la steppe et dans le fond des vallées aux palmeraies. L’Aurès fait cohabiter à 30km de distance le cèdre et le palmier, l’on moissonne le blé en juin dans le nord; en avril dans les palmeraies. De tels contrastes ne s’expliquent que parce que l’Aurès met directement en contact le Tell et le Sahara.

Cette région a une originalité humaine incontestable; c’est le pays Chaouia et présente une grande unité de comportement : société traditionnelle berbère qui a conservé sa langue, ses coutumes et son habitat à terrasses. Cette spécificité est due en partie à ce que l’Aurès a été longtemps un monde fermé. Il est protégé par ses hautes murailles et ses vallées peu ouvertes. L’habitat en villages tassés sur les pentes (Dechras) et les terroirs de cultures en terrasses étagées soutenues par des murettes de pierres témoignent d’une implantation humaine ancienne bien adaptée en milieu montagnard. Nature et implantation humaine se conjuguent ici pour faire des Aurès un monde original.

*Parc National d’El Feija (2008)

Le parc national d’El Feijaa été investi par l’homme depuis la préhistoire, à savoir il y a 10.000 ans (le néolithique). La présence des silex et des obsidiennes taillés atteste de cette présence. L’appropriation préhistorique de ce site est encore plus attestée par des traces de peintures rupestres dans les creux du Rocher de Kef Negcha, qui pourrait être considéré jadis comme un lieu de culte pour les populations autochtones.

Le parc se situe dans l’étage bioclimatique humide à hiver tempéré. La pluviométrie moyenne annuelle est de 1217 mm. Dans les hauteurs, la pluviométrie est estimée à 1500 mm/an. On enregistre quelques jours de neige ainsi que plusieurs mois de sécheresse. La température moyenne annuelle est de 14,3°C. Le relief est formé par des collines et falaises. L’altitude varie de 550 à 1550 m, point culminant du parc, connu sous le nom de Statir. Le sol typique est brun lessivé à humus de type mull. Dans le parc, il y a une vingtaine de sources dont dix se situent dans la réserve des cerfs.

Le Parc National d’El Feija abrite une forêt de Chêne Zen considéré comme la plus belle Zénaie en Afrique du Nord.

*Parc National de Bouhedma (2008)

Le parc s’étend dans les bioclimats arides inférieurs à variante tempérée et fraîche, jusque dans le semi-aride inférieur à variante fraîche. Les précipitations peuvent être estimée à 140 mm dans la plaine et à 300 mm au sommet du djebel.

Le Parc représente un vestige unique d’une ancienne savane présaharienne analogue à celle du Sahel africain. Au fil des années la grande faune a progressivement disparue (Eléphant, bœuf sauvage, antilope Bubale, gazelle m’horr, lion de l’Atlas, pintade de Numidie et plus récemment l’Oryx, l’Addax, le léopard, le Guépard, l’Autruche à cou rouge…..). Une partie de ces espèces disparues était partiellement ou totalement inféodée aux écosystèmes steppiques arborés.

La steppe à Acacia raddiana et la présence d’espèces sauvages disparues ou menacées de disparition dans le sahel et dans le maghreb (Oryx, Addax, Gazelles, Autruches,. . .) contribuent à la renommée internationale du Parc Nationale.

*Chott El Jerid (2008)

Le Chott El Jerid est une vaste dépression salée, située entre la chaîne de montagnes du Cherb au nord et le désert au sud, et reliée à l’est au Chott Fejaj ; c’est la plus vaste du chapelet de dépressions entre la steppe et le désert, caractéristique du nord saharien. La région du Jerid (c’est-à-dire « la région du palmier ») comprend toute la zone de Tozeur au nord du Chott. La zone humide elle-même est difficile d’accès, traversée par une seule route qui s’étend sur à peu près quatre-vingts kilomètres entre Tozeur au nord-ouest et la région de Kebili (appelée « Nefiaoua ») au sud-est. Il est fort dangereux de s’écarter de cette route pendant la traversée du Chott car la surface est peu stable, et l’histoire raconte de nombreux incidents au cours desquelles des troupeaux de dromadaires, des caravanes, si ce n’est des armées entières, sont disparus sous les boues instables. Autrefois, elle abritait un lac de grande étendue. Aujourd’hui elle est rarement en eau, et son principal intérêt est plutôt hydrologique, géologique et géomorphologique, à cause des nappes d’eau fossile souterraines qui nourrissent les oasis autour du site, et également de la possibilité de gisements de valeur économique, notamment de pétrole.

*Oasis de Gabès (2008)

L’oasis de Gabès est l’unique oasis littorale de la méditerranée et l’un des derniers exemples d’oasis de ce type dans le monde. Elle constitue aussi un refuge pour une faune riche en petits mammifères, reptiles, mollusques et insectes, et pour une faune associée, peu connue encore, composée pour l’essentiel d’oiseaux transsahariens, migrateurs et hivernants d’intérêt international.

En plus de la proximité de la mer, l’oasis de Gabès avec ses étages de cultures (strate supérieure constituée de palmier dattier, strate moyenne constituée de différents arbres fruitiers et strate basse composée de différentes plantes maraîchères, industrielles et fourragères) constitue un microclimat favorable au développement d’une flore très diversifiée, et un paysage exceptionnel.

C’est également un paysage exceptionnel, intimement lié à l’action de l’homme qui par l’utilisation judicieuse de l’espace (cultures en étages) mais aussi raisonnée de l’eau (système de partage des eaux) a permis depuis des siècles de favoriser l’émergence d’espaces relativement grands de végétation luxuriante dans des régions arides qui ont fixé les populations alentours.

*Oasis de Figuig (2011)

Le paysage culturel de Figuig est une représentation exceptionnelle de l’interaction de l’homme et de la nature dans un environnement désertique, basée sur un système social traditionnel complexe. Ce paysage se traduit par une organisation spatiale structurée en ksour, une architecture de terre particulière et une architecture monumentale par le système d’irrigation adopté pour la palmeraie et les jardins étagés qui lui sont associés. Le micro-climat de la palmeraie, grâce à l’ombrage des palmiers et des autres arbres fruitiers, à l’ombre portée des murs ceignant les jardins, et à la fraicheur apportée par les bassins, constitue un exemple d’interaction positive entre l’homme et l’environnement, dans un contexte marqué par des tendances telles que la désertification et le changement climatique.

La palmeraie de Figuig est également l’un des derniers exemples de jardin étagé oasien encore fonctionnel, c’est-à-dire produisant une variété d’aliments et de produits d’échange (dattes notamment) et s’appuyant sur des savoir faire et des pratiques traditionnelles de gestion de l’eau. Dans la plupart des oasis, les palmeraies ont soit connu une tendance à la modernisation, ce qui les a transformées en agro-systèmes très simplifiés, potentiellement plus productifs mais également plus vulnérables face à la raréfaction de la ressource en eau ; soit les palmeraies sont devenues des « fonds de décor » pour une mise en valeur touristique, ce qui conduit à leur dégradation faute d’entretien.

*Médina de Sfax (2012)

Port et porte de l’Ifrikyia vers le Levant durant une longue période, la médina de Sfax représente, par sa fondation et son plan régulier, un exemple éminent de transfert sur les bords de la Méditerranée de la conception arabo-musulmane de l’urbanisme après son expérimentation pour la première fois avec la fondation de Koufa en Irak ( position centrale de la grande mosquée).

*Les Mausolées Royaux de Numidie, de la Maurétanie et les monuments funéraires pré-islamiques (2012)

Civilisation des populations autochtones du Maghreb antique, la civilisation numide a laissé de nombreux témoignages archéologiques constitués pour l’essentiel de monuments funéraires de type mégalithique et de ce que les spécialistes ont appelé le « type royal ».. Le premier type est constitué de centaines de tombes mégalithiques monumentales d’une grande originalité architecturale, réparties pour la plupart en de grandes nécropoles dont les plus importantes sont celles d’Ellès (Ulules), Hammam Zouakra (Thigibba) et Makthar (Mactaris) dans le Haut-Tell tunisien, auxquelles il convient d’ajouter les monuments funéraires numides de Chimtou (Simitthus) dans la Moyenne vallée de la Majrada. Quant au second type, il est représenté par des monuments comme les mausolées numides de Dougga (Thugga) et de Henchir Bourgou dans l’île de Djerba.

Les monuments et les ensembles de monuments de l’architecture funéraire numide proposés pour inscription illustrent des échanges d’influence entre la civilisation des autochtones du Maghreb et d’autres civilisations de la Méditerranée antique telles que la civilisation phénico-punique ou celle hellenistico-égyptienne. Ils constituent des exemples de grande valeur témoignant des progrès réalisés dans les techniques d’extraction de la pierre et de son transport avec que celles de la construction et de la décoration architectonique.

*Le complexe hydraulique romain de Zaghouan-Carthage (2012)

Il s’agit d’un ensemble architectural exceptionnel par l’ampleur du programme mis en œuvre. Sa réalisation a constitué l’éclatante illustration à la fois de la parfaite maîtrise des techniques de construction de ce type d’ouvrage sur une très longue distance atteinte par la civilisation romaine ainsi que de celles du captage, de l’adduction et de stockage de l’eau en quantité impressionnante.

Par son ampleur et par ses différentes composantes, il témoigne du génie créateur de l’homme. Il constitue un témoignage de grande valeur de la période romaine et offre un éminent exemple des ensembles hydrauliques de l’Antiquité parvenus jusqu’à nous.

*L’île de Djerba (2012)

Par sa situation géographique et par la place qu’elle a occupée dans l’histoire tant régionale que méditerranéenne, l’île de Djerba peut être considérée comme le carrefour de la Méditerranée antique et médiévale.

Le type d’occupation du sol à Djerba constitue un exemple éminent d’une utilisation traditionnelle d’un territoire et d’une interaction de l’homme avec son environnement. L’île de Djerba constitue l’exemple même d’un paysage culturel tel qu’il est défini par la Convention du patrimoine mondial culturel et naturel.

Chantée par Homère, associée à de grands évènements qui ont marqué l’histoire du monde méditerranéen antique et médiéval, l’île de Djerba constitue un exemple éminent d’établissement humain et d’une occupation du territoire représentatifs rendus vulnérables sous l’effet de mutations irréversibles. Son impact sur l’imaginaire universel est très grand depuis l’époque de l’Odyssée jusqu’à nos jours.

*Les carrières antiques de marbre numidique de Chimtou (2012)

Le marbre numidique est un matériau qui a occupé une place centrale dans l’art décoratif de l’Antiquité et pendant la Renaissance. Les carrières d’où il a été extrait avec leurs traces d’extraction et avec leurs constructions et aménagements connexes (caserne-prison) et la « colline sacrée » avec ses trois sanctuaires et sa collection exceptionnelle de reliefs votifs consacrés au dieu africo-romain Saturnus ) constituent un ensemble unique dans tout le monde romain et d’une valeur universelle exceptionnelle.

L’extraction du marbre numidique de Chimtou et sa large diffusion dans le monde méditerranéen sous l’Empire romain ont marqué de manière notable l’évolution de la décoration architectonique et architecturale. Etalée sur une période de plus de 6 siècles, l’exploitation de ce matériau a donné lieu à la création d’un paysage culturel exceptionnel. Les traces d’exploitation encore conservées constituent une témoignage d’une grande valeur sur les techniques d’extraction et de transport adoptées dans une carrière antique, notamment durant l’époque romaine impériale. Les différentes carrières et les constructions et aménagements connexes apportent un témoignage exceptionnel sur le mode d’administration et de gestion directes d’une carrière impériale durant le Haut-empire romain.

*Frontières de l’Empire romain : Limes du Sud tunisien (2012)

La section tunisienne des frontières de l’Empire romain représente un exemple remarquable de transposition dans un environnement à la lisière du Grand Sahara d’un système de défense de territoire et d’une architecture militaire caractéristique d’un pouvoir politique né dans le centre de la péninsule italienne. Elle a été un espace d’échanges économiques et culturels et d’un grand brassage humain. Pendant une période de plus quatre siècles, elle a favorisé la mise en valeur agricole pour assurer l’approvisionnement des garnisons disséminées dans cette vaste région présaharienne. Cette organisation militaire a permis le développement d’une forme de sédentarisation dans des espaces qui, jusque-là étaient voués au nomadisme.

*Casablanca, Ville du XXème siècle, carrefour d’influences (2013)

Casablanca est une ville où l’on trouve une concentration importante de bâtiments art déco, fonctionnalistes et modernistes d’avant-garde.

Le bien proposé à l’inscription est un exceptionnel laboratoire expérimental d’architecture et d’urbanisme du XXème siècle. Casablanca a permis la promotion de nouvelles réflexions architecturales et la diffusion d’une nouvelle science, propre à l’Europe : l’urbanisme. Comparée aux autres villes du Maroc, Casablanca présente certaines spécificités. C’est une ville carrefour qui reflète une exceptionnelle synthèse d’éléments issus de cultures, d’époques, de modèles, et d’idéaux différents. Cet original métissage s’illustre dans son paysage urbain et architectural qui lui confère une valeur patrimoniale indéniable.

Ville au carrefour de trois continents et terre d’accueil, le développement urbain et architectural de Casablanca est le résultat d’un mélange d’influences marocaines, maghrébines, occidentales et américaines. L’architecture de la ville illustre parfaitement ce mélange d’influences. Les arts autochtones et les techniques traditionnelles se marient élégamment aux nouveaux mouvements architecturaux.

Le centre de Casablanca est un témoin de l’application du mouvement moderne. Il s’agit d’une ville nouvelle entièrement construite au XXème siècle, illustrant la naissance de l’urbanisme et de l’architecture moderne. A l’innovation urbanistique fait écho l’innovation esthétique. Après les styles néo-mauresques et néo-classique, c’est le courant moderne qui s’affirme au fil des bâtiments casablancais.

L’art-déco dont les formes géométriques se marient avec les motifs et les techniques traditionnels, amorce cette réflexion architecturale. Gagnés par cet esprit pionnier, les promoteurs rivalisent d’audace pour élever ces immeubles qui portent encore leur nom.

*Le chapelet d’oasis de Tighmert, Région présaharienne du Wad Noun (2016)

Le chapelet d’oasis de Tighmert, riche en éléments archéologiques, constituait le chef-lieu de la ville de Nul-Lamta, l’agglomération, capitale médiévale de la rive Nord-Ouest saharienne jusqu’au XVIe siècle. Il se présente aujourd’hui comme une série de palmeraies relevant de la commune rurale d’Asrir à 12 km au Sud-est de la ville de Goulmim à 200 km au Sud d’Agadir. Ce chapelet d’oasis, incarné par un ensemble de ksur (sing. ksar) suivant le fleuve Warg-n-Nun de l’amont vers l’aval. Il s’étale du Nord-Est au Sud-Ouest sous l’intitulé Ayt Bakkou, Taourirt, Ayt Massoud, Ayt Mhamad, Ayt al-Khannous, Asrir et Zraywila. L’oasis d’Asrir étant la limite Sud du Chapelet est séparée de Zraywila d’environ 30 km.

La partie Sud de la cité de Nûl-Larnta, celle du versant et du contrebas de la colline d’ Asrir et Tuflit al-Harratin, fait de l’agglomération une organisation politique dont les 8 données récoltées sur la morphologie, les modes de construction et d’occupation des maisons fournissent un corpus de premier ordre. Les vestiges encore visibles, montrent la genèse de l’organisation oasienne à partir de son économie complétée sensiblement par rapport celle fournie par les sources.

*Le Permien marin de Jebel Tebaga (2016)

Vu ses ressources naturelles exceptionnelles (roches, fossiles, paysages), le Jebel Tebaga de Médenine est le seul témoin de la nature de la vie et de la dynamique sédimentaire qui animaient, à la fin de l’ère primaire, le jeune océan téthysien en cours d’ouverture. Il constitue une véritable réserve géologique nationale et un patrimoine mondial.

Il s’agit de l’unique affleurement de Permien  supérieur marin  à l’échelle de l’Afrique dont les sédiments et les fossiles constituent un exemple remarquable d’un grand stade de l’histoire de la vie sur la terre.

*Le Stratotype de la limite Crétacé-Tertiaire (limite K-T) (2016)

L’extinction Crétacé-Tertiaire ou extinction K – T qui marque la fin du Crétacé est une extinction biologique massive et à grande échelle. Elle représente un phénomène naturel remarquable.  La crise Crétacé-Tertiaire est l’une des cinq crises majeures qui ont marqué les temps géologiques. La limite K – T constitue un exemple remarquable d’un grand stade de l’histoire de la vie sur la terre.

*La Table de Jugurtha à Kalaat-Senen (2017)

La Table de Jugurtha offre de nombreuses particularités morphologiques et géologiques (exokarst, modelé lié à divers processus de météorisation…) qui ont été mises à profit par l’homme, mais surtout un paysage unique. Du haut de ses 1200 m, cette éminence qui émerge dans le paysage, constitue un repère pour les habitants et les visiteurs de cette partie du Haut Tell, en plus de fournir une vue panoramique exceptionnelle à 360° des régions environnantes et qui déborde su l’est algérien. La raideur de ses abrupts ne donne que plus de pittoresque au site.

Situé dans une zone de transition et de passage, le bien constitue un bel exemple qui témoigne d’un échange intense et continu entre les différentes civilisations du bassin méditerranéen dans leurs successions et rencontres et ce pendant plus de trois milles ans, d’une manière permanente. Le « Bien » recèle d’importantes richesses archéologiques où se superposent des apports de civilisations diverses, numides, romaines, byzantines, islamiques, ottomanes et occidentales.

La « Table de Jugurtha » est un site historiquement rattaché à un événement décisif dans l’histoire de la Numidie. La défaite de Jugurtha qui s’est retranché en haut de cette table, a ouvert à Rome la voie pour l’occupation de l’Afrique du Nord. Cette épopée de la résistance des Africains se répète dans des conditions similaires avec la résistance légendaire de la célèbre Kahena lors de la conquête arabe.

C’est aussi un lieu identitaire et hautement symbolique pour les populations des deux côtés de la frontière tuniso-algérienne.  C’est aussi un témoignage unique et incontestable sur le développement d’une industrie et d’un savoir-faire ancestral et local que les invasions des tribus nomades d’Orient au Moyen-âge, ont fini par déconstruire. Cette rupture des équilibres et cet arrêt de la dynamique endogène ont plongé la région dans un processus de paupérisation, sans pour autant effacer l’empreinte du génie humain qui a façonné les lieux auparavant.

Géoparcs mondiaux de l’Unesco

Les géoparcs mondiaux UNESCO sont des espaces géographiques unifiés, où les sites et paysages de portée géologique internationale sont gérés selon un concept global de protection, d’éducation et de développement durable. Leur approche « partant de la base » et associant la conservation et le développement durable tout en impliquant les communautés locales devient de plus en plus populaire. A ce jour, on compte 127 géoparc mondiaux UNESCO dans 35 pays.  Le Maghreb en compte un seul pour le moment.

Geoparc du M’Goun (2014)

Pour obtenir le ce label, le Géoparc du M’Goun a dû répondre à deux critères essentiels, à savoir présenter un territoire qui recèle un patrimoine naturel, géologique, culturel et architectural riche et varié, et être doté d’une structure de gestion appropriée et d’une stratégie de développement socio-économique, s’appuyant notamment sur le géotourisme et le tourisme durable, explique le communiqué.

Situé dans le haut Atlas central, ce Géoparc est riche d’un patrimoine géologique, minéralogique et paléontologique exceptionnel qui suscite l’intérêt de la communauté scientifique nationale et internationale. Il renferme de nombreux géosites de sites géotouristiques et des sites archéologiques de grande valeur, tels que les empreintes de Dinosaures, les gravures rupestres, les Cascades d’Ouzoud, le pont naturel d’Iminifri, le Rocher de Mastfran, des sites architecturaux, et des sites à intérêt biologique et écologique.

L’histoire de cette région remonte à des millions d’années: elle constitue un secteur géologique privilégié, caractérisé par la présence de célèbres et spectaculaires traces de pas de dinosaures sauropodes et théropodes dont le site préhistorique d’Iroutane (région de Demnate) et sur divers sites au cœur de la vallée d’Ait Bouguemmez. La région a connu la découverte d’un squelette presque complet d’un sauropode dénommé Atlasaurus imlajei et qui est actuellement exposé au Musée des Sciences de la Terre à Rabat . Le géoparc du M’goun regorge aussi d’une faune riche en espèces menacées de disparition, telles le mouflon à manchettes, l’aigle royal, le gypaète et la panthère de Tamga. En plus du patrimoine archéologique, le site est riche d’un patrimoine architectural et historique de grande valeur (kasbahs, ighermans, greniers collectifs et gravures rupestres).

Autres sites et biens proposés

Site archéologique de la ville de Ptolemais (1984)
Le Parc national du Toubkal (2006)
Moussem d’Imilchil (2011)
Tazotas de Doukkala (2016)
Tanger, Carrefour de civilisations (2016)
La Musique Gnaoua (2016)
Le raï, chant populaire d’Algérie (2017)
Malga Assalihine, moussem annuel de la Zaoïa d’Assa (2018)
L’Art du Malhoun (2018)
La Tradition du Couscous (2019)
La Broderie de Tétouan
La Broderie de Chefchaouen
Fabrication de la poudre à canon traditionnelle chez les Beni Yekhleften
L’Ahidous du Moyen-Atlas
Broderie de Meknes
La Procession des Cierges à Salé
La natte de Salé
La Broderie de Salé
La Broderie de Rabat
La Broderie d’Azemmour
Ahidous de de la vallée de Mgoun
Danse d’Ahouach
Le conte de Hammou Ounamir
Les Cérémonies du Henné et du Mariage à Ighrem
Moussem Sidi Ahmed Ou Moussa
Moussem de Lalla Aîcha
Moussem de Tazerwalt
La tradition assifat
La colline maraboutique des Bhallas
Vannerie de Douar Doum
Tradition de la tborida à Dar Chafaï
Cérémonie de mariage à Dar Chafaï
Gouffres des Mazouch (Kifane Lemzoch)
Zaouias et Marabout de la Chaouia
Légende de kahf al- harba ou Koudiat malliyat es-saullih
Abidat R’ma
La Tradition du R’rgag chez les Beni Meskin
La tradition et la confection de L’flig
Confrérie du Cheikh al- Bouazzaoui
Jeu de l’Arah
La poésie hassanie
La tradition de la Ziada
Jeu du Ddabli
Danse de Lblayda
La Maroquinerie
La Dinanderie de Meknes
Danses de Rguis et de la Guedra

Réserves de Biosphère

Régions reconnues par l’UNESCO comme modèles conciliant la conservation de la biodiversité et le développement durable, avec l’appui de la recherche, de l’éducation et de la sensibilisation, dans le cadre du programme sur l’Homme et la biosphère (MAB).

Djebel Chambi (1977)

IIes Zembra et Zembretta (1977)

El Kala (1990)

Djurdjura (1997)

Arganeraie (1998)

Oasis du sud marocain (2000)

Chrea (2002) 

Taza (2004)

Gouraya (2004)

Delta du Fleuve Sénégal (2005)

Intercontinentale Méditérraéenne (2006)

Belezma (2015)

Montagnes de Tlemcen (2016)

Cédraie du Moyen-Atlas (2016)

Evasion : Mystérieuse Arabie Saoudite

Gigantesque royaume bâti dans le désert, l’Arabie saoudite passe pour l’un des États les plus riches et conservateurs de la planète. Mais au-delà des lieux communs, comment vivent ses habitants ? Une découverte à travers un reportage moderne, serré, filmé au plus près des « vrais gens » sur un monde qui nous est étranger par certains de ses aspects. Paysages fantastiques, terres d’aventures, le résultat est passionnant et dépaysant.

1- L’Ouest

2- L’Est

Musiques et Sons du Maghreb #1 – La Musique Citadine

#1 La Musique citadine

La musique maghrébine se compose de quatre grands genres musicaux : la musique citadine arabe (Ala, Malouf, Malhoun, Chgouri, Haouzi..etc), la musique populaire (châabi, Aita, Rai, Reggada..), la musique berbère (Ahwash, Kabyle, Tsanguif, Ahidous..), la musique bédouine (Guedra, Targui, Ahellil , la musique spirituelle (Madah, Aissawa, Gnawa, Samaa…) et la variété occidentale (jazz, rap, rock, funk, orchestre philarmonique…) et la variété orientale (libano-égyptenne, indienne…etc). Chaque groupe musical en soi est constitué de sous-groupes régionaux.

1- La Musique arabo-andalouse

La musique arabo-andalouse (arabe : الطرب الأندلسي), aussi appelée [read more= »Click here to Read More » less= »Read Less »]al moussiqa al andaloussia, gharnati, san’â, chaàbi, hawzi ou malouf en Algérie, al-ala, gharnati ou al-ala au Maroc, malouf en Tunisie et en Libye est un genre musical profane, classique ou savant, du Maghreb, distinct de la musique arabe classique pratiquée au Moyen-Orient (ou Machrek) et en Égypte. Elle est l’héritière de la musique pratiquée en Espagne et au Portugal avant la Reconquista et de la tradition musicale arabe transmise au ixe siècle de Bagdad (alors capitale des Abbassides) à Cordoue et Grenade grâce notamment à Ziriab, musicien brillant qui en créa à l’époque les bases, en composant des milliers de chants et en instituant le cycle des noubat, composées de formes poétiques tels le muwashshah ou le zadjal (qui furent l’une des sources des Cantigas de Santa Maria du roi Alphonse X de Castille, du flamenco et des troubadours). Cette musique aura également une influence sur la musique occidentale contemporaine, notamment sur les œuvres de Camille Saint-Saëns à la suite de ses contacts avec des musiciens Algériens, tel Mohamed Sfindja.

De ces instables émigrations, se sont alors formées des Ecoles différentes, tirant leurs influences des trois Ecoles Andalouse principales : Cordoue, Séville et Grenade. On retrouvera alors au Maghreb l’Ecole Algérienne, l’Ecole Libyenne, l’Ecole Marocaine, et l’Ecole Tunisienne. Ces différences font alors dire aux connaisseurs que Tlemcen reçut l’héritage musical de Cordoue, Fès celui de Grenade, tandis que Tunis et Tripoli bénéficièrent de l’héritage de Séville.

Nouba de Fes:

Au Maroc, les Andalous apportent trois formes musicales : « tarab al-âla », forme principale rencontrée à Fès, « tarab al-gharnâti », forme rencontrée à Oujda, Rabat et Salé ainsi que les « piûtim » et les « trîq » pratiquées par les juifs. Le pays est fortement imprégné par la culture arabo-andalouse pour de multiples et évidentes raisons. Par sa proximité géographique avec l’Espagne qui fera qu’une large majorité d’arabo-andalous chassés s’installeront par strates successives (avant et après 1492 et en 1609) au Maroc. Cette musique est restée très vivace au Maroc où elle possède un véritable public d’avertis depuis des siècles.

Nouba Raml El Maya (Tlemcen)

Nouba Qodam El Maya (Fez)

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1-1 Musique séfarade

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Tarab Sefardi (Tetouan)

Il y avait bon nombre de musiciens juifs au sein du Califat qui régnait sur l’Espagne au Moyen Âge. De même, on en retrouve aussi à la Cour d’Alphonse X de Castille, où ils participeront à l’élaboration des Cantigas de Santa Maria. Cette harmonie des cultes ne devait pas durer et lors de la Reconquista, bon nombre de musiciens juifs furent contraints à l’exil en même temps que les Arabes ou musulmans. Il y eut plusieurs vagues d’émigrations qui portèrent au Maghreb ces réfugiés. Ils y furent bien reçus et purent continuer leurs activités musicales (piyyut) en se regroupant au sein de quelques cités. Ils adoptèrent alors l’arabe comme langue et pratiquèrent le répertoire arabo-andalou (puis l’aroubi), d’autant plus facilement que les Musulmans avaient des réticences vis-à-vis de la musique instrumentale. Cette tradition et cette cohabitation dure depuis des siècles sans faillir.

Romance séfarade

Langue vernaculaire judeo-andalouse, la Haketia tire son nom d’un terme arabe, ħaka حكى, qui signifie « dire » ou « raconter ». Son foyer de la haketia se situe sur la côte nord du Maroc, à Tétouan, avec une forte implantation dans les villes de Tanger, Larache, Asilah, Ksar El Kebir, Chefchaouen. Du fait des mouvements migratoires des populations juives, la haketia s’est diffusé par la suite en Algérie, essentiellement dans la région d’Oran (voir Tetuani), et en Amérique latine.

On s’accorde à relever une influence croissante de l’espagnol péninsulaire sur la haketia au fil du temps. Cette « recastillanisation » (Haïm Vidal Séphiha)  ou « hispanisation » (Yaakov Bentolila)  peut être datée de 1860, date à laquelle une expédition espagnole s’empare de Tétouan. Une telle évolution est favorisée par les contacts étroits qu’entretient le Maroc avec la péninsule Ibérique, contacts renforcés par la colonisation et l’instauration du protectorat espagnol sur le Maroc en 1912.

Hija Mia- Amina Alaoui (Haketia de Tetouan)

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1-2 Tarab El Ala (Maroc)

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Le Maroc a été fortement imprégné par la culture et la musique andalouse à la fois en raison de la proximité géographique avec l’Espagne, de l’intervention des dynasties de l’actuel Maroc en Andalousie, de l’installation de nombreux andalous de Tolède, Cordoue, Séville, Valence ou Grenade à la suite de l’expulsion des Morisques d’Espagne vers le Maroc en 1609. Du fait de sa position géographique, le Maroc a toujours été une zone naturelle d’échanges entre l’Europe, l’Afrique et le monde musulman. Du fait de sa position de capitale (en particulier spirituelle), la ville de Fès devint la patrie de nombreux réfugiés musulmans et juifs espagnol. Un quartier de Fès est d’ailleurs aujourd’hui connu sous le nom de Quartier andalou.

Tarab El Ala (Fes)

La musique andalouse marocaine est nettement différente de la musique orientale : elle ne comporte généralement pas de quarts de tons, elle suit en principe le système de la gamme tempérée occidentale, la gamme est souvent exécutée comme une seule succession mélodique, alors qu’en musique orientale, elle est polycorde et, enfin, sa ligne mélodique est simple et claire, les modulations y sont rares. La composition musical est construite selon un nouba, c’est-à-dire un mode dans lequel des pièces instrumentales et vocales s’enchaînent selon un ordre déterminé et selon une progression musicale allant du non mesuré au mesuré. Un prélude libre, laissant une large place à l’improvisation ouvre la suite où se succèdent diverses pièces, notamment des poèmes dont les thèmes sont souvent l’amour, la nature, le vin… La nouba se termine par une phase plus vive, plus rythmée.

Tarab Andaloussi de Fes

Opéra de Rabat

Rabat constitue également une des 3 principales écoles de musique arabo-andalouse d’al-Ala, les Rbatis sont, traditionnellement, amateurs de cette musique. De nos jours, une demi douzaine d’orchestres de la musique al-aala sont actifs à Rabat.

Ala de Rabat

Chabab El Andalous de Rabat

Actuellement, les groupes les plus connus d’Al-Aala de Rabat (Chabab Al-Andalus, Orch. Amine Debbi, Orch. de l’assoc. des amateurs de musique andalouse á Rabat) suivent une école « ‘hybride », résultante d’une période oú les médias (qui se résumaient á la seule radio-TV gouvernementale) donnèrent beaucoup d’importance á l’orchestre Loukili (orch. de la Radio-TV marocaine).

Al Ala de Rabat

Originaire d’Afghanistan et du Nord du Pakistan, le r’bab, rubab, robab ou rabab est un instrument à cordes joué dans de nombreux groupes de musique arabo-andalouse.

Al Ala de Rabat

Sur le plan musical, Tétouan est également un centre de rencontre de plusieurs styles andalous: la musique andalouse d’Al Aala, principal genre de musique de la ville qui anime toutes les occasions festives, a été modernisé par Mohammed El Arbi Temsamani. Les principaux instruments sont le violon, le luth et les percussions (Tar et Derbouka). Le piano et les cuivres (saxophone et clarinette) ont été introduits par Temsamani.

Al Ala de Tetouan

Tétouan n’était plus qu’une modeste bourgade avant l’arrivée des musulmans d’Andalousie. Les émigrés Grenadins furent à l’origine de la renaissance de la ville et de son extraordinaire développement. Pendant quatre siècles, du XVIe au XIXe, Tétouan fut un foyer de culture andalouse . Gouvernée par de grandes familles au pouvoir héréditaire, riche d’une forte élite intellectuelle et commerçante se perpétuant d’âge en âge, elle sut maintenir son autonomie politique, étendre ses échanges vers l’Europe et le Proche-Orient, accueillir des populations diverses, tout en conservant sa profonde originalité culturelle.

Qacida de Tetouan

Suivant l’école de Tétouan, la Ala de Chaoue a des marques spécifiques (abscence d’inqilab pendant l’insiraf vers le Mcharqi Sghir, contrairement aux autres écoles du Maroc)

Ala de Chaouen

De nos jours le répertoire Al-âla du Maroc ne comprend plus que 11 noubas sur les 24 théoriques. Elles sont complètes et longues comme le veut la tradition puisque chaque nouba est supposée durer 1 heure, ce qui les singularise par rapport aux autres noubas maghrébines plus nombreuses, parfois incomplètes mais surtout plus courtes; chacune d’entre elles est divisée en cinq mouvements (mîzân) joués sur cinq rythmes de base. Chaque nouba est très longue mais il est rare qu’on les joue au complet. On se contente souvent de jouer un seul mouvement. Chaque suite comprend des poèmes chantés en arabe littéral ou dialectal.

Toushia de Fez

L’orchestre est généralement composé du plusieurs instruments à cordes (violon, rebab, oud, violoncelle, alto), des percussions et un ou plusieurs chanteurs. Les membres de l’orchestre sont tous vêtus d’une tenue marocaine traditionnelle avec un Fez, des djellabas blanches et des babouches blanches ou jaunes.

Orchestre de Fez

Après l’avènement des Alaouites, en 1660, la musique arabo-andalouse connaît un nouvel essor grâce aux zâwya et tariqa (confréries soufies) qui encouragent leurs adeptes à la pratique musicale. Un siècle plus tard, le Tétouanais Al-Hâ’ik sauvegarde le patrimoine poétique et musical de al-Âla.

Mawal de Tetouan

En 1886, Al-Jâm’î publie un ouvrage sur le répertoire pratiqué à Fès : Précis du kunnâsh de al-Hâ’ik. Entre la fin du xixe siècle et le début du xxe siècle, des mouvements importants de populations au sein du Maroc auraient entraîné une dissémination de la musique andalouse dans le pays. Ceci renforça la vivacité déjà préexistante de cette musique qui possède un véritable public d’avertis depuis des siècles.

Mawal de Fez

À la même période, entre Oujda et Tlemcen et Oran (en Algérie) des échanges musicaux et humains ont eu lieu entrainant une dissémination du style gharnati au Maroc
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1-3 Gharnati (Algérie, Maroc)

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Gharnati de Fez

Le gharnati ou musique gharnatie (arabe : الغرناطي) désigne le répertoire de musique arabo-andalouse qui porte en souvenir, le nom de la ville espagnole de Grenade, dont il est originaire. Le gharnati est généralement exécuté en petite formation, composée de musiciens à la fois instrumentistes et chanteurs, et valorisant le chant en solo. Le chant est exécuté à l’unisson par un ensemble restreint, parfois enrichi d’ornements vocaux effectués par le mounchid, ce qui différencie le gharnati d’autres styles de musique arabo-andalouse

Gharnati de Fez

Pour beaucoup d’historiens en art, le berceau arabe du chant grenadin reste la ville algérienne de Tlemcen. De même, les premiers chanteurs gharnatis du Maroc du XIXe siècle avaient, le plus souvent, des origines algéro-andalouses. Grenade et Tlemcen ont partagé des intérêts communs et établi des alliances : les dynasties nasride de Grenade et zianide se sont liées contre les couronnes d’Aragon et celle de Mérinides au Maroc, ce qui a conduit un très grand nombre de familles grenadines à se réfugier en premier à Tlemcen après la chute de Grenade en 1609.

Gharnati de Tlemcen

De retour au Maroc, les maîtres du chant grenadin se sont majoritairement installés à l’ouest du Maroc, à Oujda, dans le nord, à Tanger, Tétouan mais aussi vers le centre, à Fès, Zarhoun et à Rabat. Au début du XIXe siècle, les « qsidas » religieuses furent récitées dans des « msids », des écoles où l’on apprenait, également, le Coran. Les « qsidas » sentimentales, elles, furent chantées dans des célébrations traditionnelles, telles que les mariages et les fêtes. Pour le musicologue Ahmed Aydoune, la musique gharnatie est celle de l’intelligentsia du Maroc, des bourgeois et des amoureux de la littérature arabe.

Gharnati de Rabat

Au gré des siècles, une nouvelle tendance est née : soucieux de l’aspect sophistiqué de ce style musical, les mâalems marocains ont donné naissance à des écoles modernes entièrement dédiées à leur art fétiche. Parler de l’Ecole de Rabat ramène automatiquement à reconnaître le travail accompli par Ahmed Piro, l’un des piliers de cet héritage musical. « J’ai grandi dans une famille de mélomanes épris de la tradition musicale grenadine. Inévitablement, depuis mon plus jeune âge, je connais par coeur des centaines de qsidas. J’en compose également, au gré de mes inspirations. L’école gharnatie de Rabat, elle, ne déroge pas aux règles musicales des autres écoles du même style », témoigne maître Piro. Et de conclure : « Même si au Maroc, l’heure est à la fusion des genres musicaux, les mordus de la tradition grenadine préfèrent rester fidèles aux règles et exigences de cet art ancestral ».

Gharnati de Rabat

Tlemcen est également la capitale de la musique arabo-andalouse en Algérie. Elle est le berceau de grands artistes de ce genre. Deux anciennes écoles de musique arabo-andalouse co-existent en Algérie. Celle de Tlemcen et de Constantine. L’école d’Alger ne fut fondé que plus tardivement. Elle est davantage reconnue comme un berceau du « hawzi », un autre genre musical qui découle de la musique andalouse.

Gharnati d’Alger

Gharnati de Tlemcen

L’Association de Musique Andalouse EL-BACHTARZIA de Koléa a été fondé en 1992 en hommage au grand Maître de la musique arabo-andalouse et homme de théatre, Mahiéddine BACHTARZI.

Gharnati d’Oujda

Festival de la Musique Gharnatie à Oujda

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1-4 Malouf (Algérie, Tunisie, Libye)

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Le Malouf remonte aux origines lointaines des écoles de Séville, Grenade et Cordoue. Son introduction s’est faite progressivement par les musiciens andalous chassés d’Espagne, avant de se fixer dans l’Est algérien. Le malouf qui reste fondamentalement un dérivé populaire de la musique andalouse revêt certaines particularités: utilisation du quart de ton, qui confère un aspect de maqam hérité de la musique arabe, et des sonorités riches du fait que l’accordage du violon qui se met différemment des autres genres andalous. Il faut savoir que le malouf est une poésie rythmée appelée zjel qui a sa propre interprétation, ses rythmes dynamiques et son harmonie mélodieuse qui se base sur une suite de mouvements.

Malouf de Constantine

À Constantine il existe un autre genre musical majeur, aussi ancien que la nouba, connu sous la dénomination de Zjoul (ce sont des azjels propre à l’école de Constantine et non interprétés dans la nouba). Les thèmes des Zjoul ont trait à la nature. On interprète les zjoul sur une musique monocorde qui se termine par une envolée élégante. Ce genre musical utilise les modes musicaux connus dans l’école andalouse de Constantine mais avec des rythmes qui lui sont propres. Le chant des Zjoul s’accompagne souvent par les frappes des mains.

Zjoul de Constantine

Dérivé du Malouf, le Mahjouz est un autre genre où le chant est fortement scandé et accompagné d’une musique composée sur les modes musicaux du Malouf, mais avec des rythmes différents de ceux de la Nouba. Dans ce genre musical, la zorna (instrument à vent de la famille des hautbois) tient la place du f’hel (petite flûte faite à partir de la tige d’un roseau). Les textes du Mahjouz sont en arabe populaire algérien, dont les auteurs sont des poètes issus du sud-est constantinois de l’époque.

Mahjouz de Constantine

Le maalouf est également très répandu à Annaba, représenté par les artistes Hassan El Annabi, Hamdi Benani, Cheikh Dib, M’barek Dekhla, Salim Halali et Allaoua El Far.

Dans la tradition musicale tunisienne, la Malouf occupe une place privilégiée car il comprend l’ensemble du patrimoine musical traditionnel et englobe aussi bien le répertoire profane (hazl) que les répertoires religieux (jadd) rattachés aux liturgies des différentes confréries. Il recouvre toutes les formes de chant traditionnel classique : le muwashshah, genre post-classique dont la forme se détache du cadre rigide du qasida classique, le zadjal qui s’apparente au muwashshah mais fait surtout usage de la langue dialectale, et le shghul, chant traditionnel élaboré . Mais la forme principale du malouf est la nouba, terme désignant à l’origine la séance de musique et que l’on peut aujourd’hui traduire par « suite musicale ».

Malouf Tunisien

Kairouan, capitale des Aghlabides et première ville religieuse du pays, cultive vers la fin du viiie siècle un art musical comparable à celui qui fleurit à Bagdad et son influence s’étend jusqu’à Fès (Maroc) en passant par Béjaïa, Constantine et Tlemcen en Algérie. C’est pourquoi l’illustre musicien Ziriab, fraîchement expatrié de Bagdad, en fait une longue étape de son voyage vers l’Occident (aux environs de 830) avant de s’établir à Cordoue où il fondera la première école de musique andalouse.

Malouf de Kairouan

Si le malouf tunisien a subi l’influence ottomane qui se traduit par l’usage des modes (maqâmat) et des formes (bashraf et samai) turques, l’accord des instruments reste maghrébin et la musique reste ancrée dans le genre arabo-andalou et l’art de la nouba occidentale. L’école de Kairouan s’est transportée à Tunis, où le malouf est représenté par : Khemaïs Tarnane, Cheikh El Afrit, Raoul Journo, Ali Sriti, Lotfi Bouchnak, Tahar Gharsa, Zied Gharsa.

Malouf de Tunis

La Libye possède également un patrimoine commun issu de la musique arabo-andalouse. Mais ce pays, plus que les trois autres a subi l’influence turque qui a laissé des traces très visibles jusqu’à l’occupation italienne en 1911.Le malouf libyen a quasi disparu aujourd’hui et n’est plus guère représenté que par l’Ensemble de Malouf de la Grande Jamahiriya dirigé par Hassan Laribi.

Malouf Libyen

Malouf Libyen

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1-5 Sanâa(Algérie)

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Le Sanaa est la forme algéroise de la musique arabo-andalouse, à la suite de l’installation des réfugiés andalous et morisques, en majorité cordouans, à Alger.

Les villes du centre de l’algérie comme: Blida, Bejaia, Cherchell suivent aussi la tradition de l’école andalouse d’Alger. Mostaganem est la seule ville de l’ouest Algérien où on pratique la San’aa Algéroise.


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1-6 Hawzi (Algérie)

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Le haouzi est un genre poétique qui est né dans les faubourgs de Tlemcen et s’est répandu au sein des populations citadines. En l’absence de documents situant précisément son émergence, on peut affirmer que Khaled El Mendassi a été le premier poète populaire au cours du xvie siècle à l’avoir consacré.

Le haouzi est au gharnati ce que le zadjal est au muwashah. Du point de vue linguistique, il se distingue par l’emploi de la langue usuelle populaire de l’époque. C’est une longue poésie qui compte des strophes constituées en refrains (Aqfal) et en couplets (Adouar). Les spécialistes en attribuent avec certitude l’origine socio-historique à la ville de Tlemcen et ses alentours. Pour ses compositions musicales, le Haouzi utilise huit modes sur seize connus dans le répertoire de la musique classique algérienne dit  » musique andalouse  » à savoir: Moual, âraq, Ghrib, Reml maya, Jarka, Zidane, Sika, Mazmoum. Ses principales variantes sont appelées M’senaa, Goubahi, Bérouali, Zendali. Les concepteurs de ce genre sont tous d’origine tlemcenienne et ils se sont inspirés du patrimoine arabo-andalou pour y apporter les dernières perfections savantes. Parmi les plus célèbres de ces poètes et musiciens, on peut citer Mohamed BENMSAÏB, Ahmed BENTRIKI ou encore Mohamed BENSAHLA et son fils Boumediène.

Fadhéla Dziria, (1917-1970), l’une des figures les plus marquantes de la chanson citadine dite « Haouzi »

Hawzi de Blida

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1-7 Melhoun (Maroc)

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Le melhoun est un genre musical populaire citadin qui puise ses textes dans les répertoires des poètes du melhoun marocain. L’origine du Malhoun est une forme musicale savante relativement moderne qui remonte au xiie siècle, et emprunte ses modes à la musique arabo-andalouse en simplifiant ses modes et se développe sous une forme littéraire ne respectant pas la structure grammaticale classique (le Qasidah).

Musique citadine, le Malhoun se développe principalement à l’intérieur des corporations artisanales de Meknes. Il s’agit d’une poésie chantée en arabe dialectal, à sujet bien religieux que profane, caractérisé par un langage sophistiqué et par une mélodie en style déclamatoire. Le poème écrit en zéjal est enrichie de mélodies populaires, cette création va donner naissance au Melhoun. Cette poésie conserve la division du texte en strophes comme dans le chant andalou : le couplet (ghson : branche ou rameau) peut comprendre de huit à seize vers, un court refrain (harba : lance) offre une alternance qui permet de rompre la monotonie du discours musical du chant melhoun.

D’après Ibn Khaldoun à l’époque de la dynastie almohade de nombreuses productions maghrébines et andalouses du zajal (poème écrit en arabe dialectal) ont vu le jour, c’était les prémices du Melhoun. La forme première du Melhoun était véhiculée par El meddah (le laudateur) et s’accommodait en effet très bien avec la mission de diffusion d’informations que s’étaient assignée les premiers Almohades.

D’Azemmour à Salé, le Melhoun a connu des jours fastes au XIXème siècle avec des représentants illustres qui ont en ont fait un chaînon fort du malhoun et de la tradition poétique zemmourie et salouie de ce siècle.

Malhoun de Salé

Malhoun d’Azemmour

Le Malhoun a également été introduit à Marrakech après l’installation de nombreuses fammiles originaires de Fez au début du XX siècle

Malhoun de Marrakech

Malhoun de Fez

Selon le chercheur illustre du patrimoine du malhoun. Ahmed Souhoum, Mohamed Ben Sghir représente un chaînon fort du malhoun et de la tradition poétique d’Essaouira de ce siècle. Ce maître était un adepte de la confrérie des aissaoua pour laquelle il a composé plusieurs chants religieux (adkar). Sa poésie d’une extrême finesse épousait la culture de son époque. Néanmoins la richesse de ses textes et de son répertoire lui ont valu une grande notoriété dans tout le Maroc et ce jusqu’à nos jours. Parmi ses célèbres qaçaïd on peut citer en particulier Lafjar (l’aube); achamâa (la bougie), al falaka (la punition), al kasbah et al warchane (la colombe). Al Warchane est un véritable hymne à l’amour de l’auteur pour sa ville natale, poésie dans laquelle la colombe d’Essaouira effectue une longue pérégrination, imaginaire jusqu’à Tlemcen en Algérie après avoir rendu visite aux sept saints des regraga dans l’arrière pays des chiadmas pour recueillir leur bénédiction.


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1-8 Chaabi algérois (Algérie)

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En Algérie, le chaâbi désigne un genre musical né à Alger au début du xxe siècle, dérivé de la musique arabo-andalouse.

En parallèle du medh (chant religieux) qui est l’ancêtre du chaâbi, Alger possédait déjà un autre genre musical populaire qu’on appelle aroubi et qui puise ses modes dans la musique arabo-andalouse. Au temps de Cheïkh Nador (décédé en 1926) il y avait une pléiade d’artistes meddah (interprète du medh) tels que Mustapha Driouèche, Kouider Bensmain, El Ounas Khmissa, Mohamed Essafsafi, Saïd Derraz, Ahmed Mekaïssi, Saïd Laouar, Mahmoud Zaouche. Au début du vingtième siècle, existait déjà une tradition dans les fumeries de la Casbah d’Alger qui consistait à interpréter des istikhbar (improvisation musicale, prélude vocal improvisé sur un rythme libre) dans les modes musicaux sika et sahli tout en s’accompagnant d’un guember. À l’origine, les chants sacrés du medh étaient accompagnés par le son des instruments à percussion et des instruments à vent.

Les musiciens ont commencé alors à adapter les textes interprétés aux modes andalous de l’école algéroise tout en travaillant la forme et l’orchestration. Ce n’était pas la forme musicale la plus appréciée, ni la plus écoutée car parfois les textes du Melhoun sont écrits en arabe dialectal marocain mais qu’en plus leur contenu est frappé d’anachronisme et ne reflète aucunement les événements socio-historiques qu’a connus l’Algérie.

Le chaâbi est ainsi né au début du xxe siècle dans la région d’Alger . Il est issu d’un mélange entre trois sources principales : la mélodie arabo-andalouse, le melhoun marocain et la poésie amoureuse ainsi que la langue berbère dans un certain temps. Le genre appartient dans sa forme à la musique arabo-andalouse mais enrichi aujourd’hui par divers influences arabe, européenne et africaine dans ses mélodies et gnawa et berbère dans ses rythmes. Alger demeure son centre le plus actif, suivi par, dans une moindre mesure, la ville de Mostaganem. Cependant, il est apprécié dans toute l’Algérie, pour l’aspect moral et social de ses textes.

Le chaâbi utilise les instruments de musique suivants : deux instruments à percussion à savoir la derbouka et le tar mais aussi le mandole chaâbi (instrument typiquement algérien, sorte de grosse mandoline aux sonorités de guitare, munie d’un long manche avec quatre cordes doubles en métal), le violon et le banjo (généralement dans l’orchestre chaâbi, nous avons un banjo guitare et un banjo ténor), ney (flûte en roseau) sans oublier le qanûn. Les violonistes de l’arabo-andalou et du chaâbi utilisent toujours leur violon à la verticale. Quant au mandole, il a remplacé la kouitra (instrument de la musique arabo-andalouse algérienne). Il n’est pas rare d’entendre aussi le piano. En revanche, aucun instrument électrique n’est admis, hormis parfois le clavier pour son côté pratique.
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1-9 La Rachidia (Tunisie)

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Deux ans après le congrès sur la musique arabe, organisé en mars 1932 au Caire, La Rachidia tunisienne voit le jour en réaction à l’envahissement des espaces publics, notamment les cafés, par les disques originaires du Machrek, à l’apparition de chansons tunisiennes écrites en français — menaçant selon ses fondateurs l’identité nationale en période de colonisation — et aux effets de chansons alors considérées comme « de bas étage ».

Louisa Tounsia (Louisa la Tunisienne), de son vrai nom Louisa Saâdoun, née en 1905 et décédée en 1961, est une chanteuse tunisienne du xxe siècle. Elle jouit d’une très grande popularité avant, durant et après la Seconde Guerre mondiale. D’origine juive, connue par l’état civil sous le nom de Louisa Saâdoun, elle chante régulièrement à Paris, avec l’orchestre du cabaret La Casbah en 1947, et au Maroc où elle obtient un grand succès.

Saliha , née en 1914 à Nebeur dans le gouvernorat du Kef et décédée le 26 novembre 1958 à Tunis, est une autre figure importante de la Rachidia. Artiste passionnée et authentique, elle demeure à travers ses chansons attachée à son terroir et à ses origines campagnardes

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1- La Musique classico-populaire

2-1 Chgouri Chaabi (Maroc)

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Le chaâbi citadin marocain ou chgouri est un genre musical influencé par les modes de la musique andalouse et tirant son origine dans les genres musicaux ruraux tel le chaabi et la taqtouqa ainsi que dans le melhoune de Meknes.

Ce style de musique populaire est associé à la fête et s’est surtout développé dans les villes marocaines . L’utilisation du langage arabe dialectique (darija) et la création de nouveaux rythmes ont fait de ce style un complément essentiel de la danse.

Le chgouri a la particularité d’être commun aux citadins musulmans et juifs. Parmi les célèbres chanteurs de chaâbi citadin on cite Houcine Slaoui, Pinhas Cohen, Haïm Botbol, Abdessadeq Cheqara, Émile Zrihan, Samy Elmaghribi, Maxime Karoutchi, Mike Karoutchi, Cheikh Mouijo, Nino El Maghrebi.

Zohra Al Fassiya (1905-1994), née à Séfrou près de Fès, est une chanteuse et poétesse marocaine. Sa contribution à la musique marocaine moderne, et plus particulièrement au genre du melhoun est largement reconnue. Son répertoire inclut également bien d’autres genres comme le chaâbi, le gharnati, le djiri, le houzi, tous genres reliés à la musique arabo-andalouse d’Algérie et du Maroc, ainsi que des chansons populaires à caractère plus européen. Juive, elle dut émigrer en 1962 en Israël, pays où ses talents furent ensevelis dans un oubli complet. Vers la fin des années 2000, plusieurs artistes marocains ont repris son répertoire et un hommage posthume lui fut dédié en 2009 au festival des Andalousies Atlantiques d’Essaouira.

Le chaabi ou chgouri de Tetouan aborde avec aisance des répertoires sacrés et profanes, souvent mêlés qu’ils soient arabes, arabo-andalou ou judéo-arabe, de la poésie populaire à thématique essentiellement amoureuse, jusqu’au piyyoutim, et smaa (louanges à Dieu).

Chgouri de Rabat

Houcine Ben Bouchaïb (1921–1951), surnommé Houcine Slaoui en raison de sa naissance à Salé, est un chanteur compositeur marocain, également luthiste, qui a marqué l’histoire de la musique populaire marocaine. Il est considéré comme le père de la musique châabie.

À 20 ans, Houscine Saloui commence à composer sa propre musique et à écrire ses propres textes. Pendant sa carrière, il aborde tous les sujets de société : la corruption qui sévissait pendant la famine des années 1940, l’amour et le désamour (Yamna), le caractère de ses compatriotes (hdi rassek lay fouzou bik el qoumane ya flane)…

Houcine Slaoui développe un talent incontestable en pointant subtilement du doigt là où ça fait mal. On lui doit aussi l’immortelle Dakhlat l’marikane, racontant avec humour le débarquement en 1942 des troupes militaires américaines au Maroc

Chaabi instrumental

Chgouri Chamali (Nord du Maroc)

Rahima accompagnée de l’orchestre féminin de Tétouan.

Orchestre féminin de Tétouan.

Abdessadeq Cheqara (né en 1931 – décédé le 31 octobre 1998) (en arabe: عبد الصادق شقارة) est un chanteur marocain de musique arabo-andalouse et de musique marocaine folk. Connu comme le grand maître de al-Ala (musique andalouse), il était aussi un violoniste et un virtuose de l’oud, instrument utilisé principalement dans les pays arabes. Cheqara a fait beaucoup pour populariser la musique andalouse, qui était en grande partie dédiée aux élites du domaine et tournée vers les seuls Andalous.

Une grande partie de l’Andalousie, de chansons populaires ou de chaâbi (Sha’abi) auraient été influencées par des femmes andalouses musiciennes de Tétouan comme Hajja Shili et Hajja Shahaba. Pour des raisons sexistes, elles n’étaient pas autorisées à enregistrer ou à jouer si des hommes étaient présents, et elles sont donc mal connues de nos jours. Abdessadeq Chekara aurait eu l’habitude de se joindre à Hajja Cha’haba et Hajja Shili pour apprendre les chansons chantées par les femmes. De nombreuses chansons populaires (comme Bent Bladi) sont ainsi écrites en prenant le point de vue d’une femme.

Chaabi Tangérois

Chaabi Chgouri de Casablanca

Musique populaire casablancaise des années 1940

En 1949, Salim Halilil s’installe à Casablanca et rachète un vieux café dans le Maarif, quartier cosmopolite de la ville qu’il transforme en un prestigieux cabaret, Le Coq d’Or. Le cabaret est fréquenté par les familles riches du pays et des personnalités de passage. Le Coq d’Or est détruit dans un incendie et Salim revient alors en France, à Cannes, au début des années 1960.

Tout comme les musulmans au Maroc, la communauté juive a toujours été fan et admiratrice de la musique Chaâbi. Cette scène s’était largement développée et les juifs marocains considéraient la musique chaâbi comme une nécessité pour toute grande occasion. Des artistes juifs avaient commencé à se distinguer dans ce domaine. Maurice Elbaz, producteur artistique, explique que « la musique chaâbi judéo-marocaine s’est depuis très tôt épanouie, dans le sens où par rapport à la tradition juive, il n’y avait pas d’interdit. Il y avait moins de tabous que chez leurs compatriotes musulmans et étaient aidés par une certaine tradition de chant synagogal marocain.

Raymonde El Bidaouia, « La perle orientale », figure de la chanson casablancaise.

Chaabi Judeo-Marocain

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2-2 Variété Tunisienne

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Dans les années 1960 et 1970, on assiste à l’émergence de compositeurs et d’interprètes travaillant pour la plupart au sein de l’orchestre de la radio-télévision tunisienne. Dans cette vague, la variété occupe une place de choix.

La création en 1983 de la Troupe nationale de musique sous la direction de son fondateur, le compositeur Ezzedine Ayachi, donne une impulsion significative à la création musicale. Parmi les compositeurs actuels figurent Ezzedine Ayachi, Adnène Chaouachi, Fethi Zghonda, Abdelkrim Shabou, Mohamed Majri, Abderrahmane Ayadi, Mohamed Salah Harakati, Naceur Sammoud, Mohamed Driss, Abdelhakim Belgaïd, Rachid Yeddes, Samir Agrebi et Lotfi Bouchnak. Parmi les interprètes les plus représentatifs se trouvent Latifa Arfaoui, Bouchnak, Amina Fakhet, Dhikra Mohamed, Najet Attia, Soufia Sadok, Sonia M’Barek, Saber Rebaï, Slah Mosbah, Noureddine El Béji, Chedly Hajji, Dorsaf Hamdani ou encore Nawal Ghacham.

La chanson tunisienne empruntant des mélodies et rythmes populaires a connu, notamment avec Ahmed Hamza et plus tard Kacem Kefi, une ascension importante. Originaires de Sfax, ils emboîtent tous les deux le pas à Mohamed Ennouri, maître incontesté de la musique populaire dans cette métropole du sud du pays. À partir des années 1980, la scène musicale voit émerger une génération de musiciens, compositeurs et interprètes de formation musicale arabe et occidentale qui considèrent que la musique tunisienne a besoin de nouvelles techniques d’écriture. Leur approche repose sur l’écriture harmonique et contrapuntique ainsi que sur l’orchestration où la variété des timbres instrumentaux constitue un élément essentiel.

L’Orchestre symphonique tunisien (الأوركسترا السمفوني التونسي), fondé en 1969, est l’un des principaux orchestres symphoniques de la Tunisie. Il s’agit d’un établissement placé sous tutelle du ministère de la Culture.

Abdelkrim Shabou, chanteur et compositeur tunisien. En 1982-1983, il fait partie des fondateurs de la Troupe nationale de musique. En 1993, il ouvre un conservatoire de musique portant son nom à El Menzah

Dans les quartiers de la médina de Tunis, notamment de celui de Halfaouine qui a produit nombre d’artistes et où se mêlaient charmeurs de serpents, conteurs, musiciens de rue, et cafés-concerts, Lotfi Bouchnak grandit dans un environnement qui associe l’enracinement aux principes de la famille arabo-musulmane, le rythme effervescent de son quartier et l’amour pour la musique traditionnelle tunisienne et orientale. Cette association a forgé sa forte personnalité, un sens de la perfection, une grande sensibilité et déterminé ultérieurement son parcours artistique.

Lotfi Bouchnak est également ambassadeur de la paix auprès de l’ONU depuis le 12 juillet 2004 et ambassadeur honorifique du Festival de la chanson orientale à Sarajevo depuis mars 2004.

Chanteur hors pair, Lotfi bouchnaq a une technique lui permettent de toucher à la perfection avec des envolées, des variations, des ornementations et des pics inégalables

L’émergence de nouvelles tendances de métissage et de musiques improvisées depuis la fin des années 1990 fait évoluer le paysage musical tunisien. Les partisans, instigateurs prometteurs de ce nouveau phénomène, sont ceux qui privilégient l’improvisation. Parmi les références, on cite les compositeurs-interprètes Dhafer Youssef (oud), Anouar Brahem (oud), Fawzi Chekili (guitare), Jasser Haj Youssef (violon et viole d’amour), Fayçal Karoui (saxophone), Lassad Hosni (percussions), Riadh Fehri (oud), Béchir Selmi (violon), Achref Chargui (oud), Yousra Dahbi (oud), Hichem Hemrit (guitare) et Wajdi Cherif.


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2-2 Variété Marocaine

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Né en 1928 dans la médina de Salé, Maati Belqacem apprend le coran au msid (école coranique). Pendant son enfance, il s’initie à la musique arabo-andalouse et au chant du Malhoun en fréquentant les cafés traditionnels, notamment celui de Mohamed Baroudi, les « Halka » de Bab Lakhmis (Salé) et de Souk Laghzel (Rabat). À l’âge de 15 ans, il commence à imiter les grands chanteurs arabes de l’époque, comme Mohammed Abdel Wahab, Oum Kalthoum et Farid El Atrache. En 1947, il forme, en compagnie d’un groupe d’amis, un orchestre local dirigé par le musicien Mohammed benabdeslam, appelé « Al Ittihad Assalaoui », puis rejoint l’orchestre de la radio régionale de Fès. Il se fait remarquer par sa maîtrise de la contrebasse et le luth. Pendant les années 1950, il fréquente également des groupes de jazz américains dans la base de Kénitra (40 km de Salé).

Après l’indépendance du Maroc en 1956, Maati Belqacem se consacre à la chanson marocaine et travaille avec les plus éminents et les plus importants musiciens de l’époque, comme Abderrahim Sekkat et Abdenbi El-Jerari. Plusieurs de ses chansons sont devenues des classiques de la musique marocaine moderne, notamment Alach ya ghzali, Ya Bent Lamdina, Kan yahen alia et Mkhasamni.

Ghita Benabdeslam a entamé sa carrière artistique au milieu des années soixante-dix avec la «reprise» de la célèbre chanson « Allah aâliha k’sara » composée initialement par son père Mohamed Benabdeslam à la chanteuse Naïma Samih, qui était elle aussi, à ses débuts.

Ismail Ahmed descend d’une grande famille de caids des Doukkala, les Khattabi. A Rabat, il rejoint à 14 ans l’orchestre « al ittihad arribati » de Abdennebi Jirari. Flairant ses potentialités artistiques, le maître l’oriente. Il s’inscrit au conservatoire La mamounia où il passe deux ans à s’initier au violon sous la direction d’un professeur allemand. Cet apprentissage académique de la musique classique internationale ne l’empeche pas de continuer de puiser dans le riche et foisonnant patrimoine marocain. Avec ses amis Mohamed El Wali, Mustapha Lamdaouer et Abdelmaksoud Ben Azzouz, il ne ratait pour rien au monde les soirées de musique andalouse et du Melhoun, organisées tous les jeudis à Salé.

Saâa Saîda

Ghita Ben Abdessalam

Samira Saîd

Naima Samih est une artiste et chanteuse marocaine d’origine sahraouie. Sa voix authentique, puissante, lui donne d’emblée une envergure spéciale et lui permet rapidement de se distinguer sur la scène musicale marocaine. Dans les années 80, le monde arabe fait enfin sa connaissance. Mais, du fait d’une grave intoxication, elle est hospitalisée.

«Fat el fout» est l’une des belles chansons du début des années quatre-vingt, concoctée par le trio Ali Haddani, Abdelkader Wahbi et Majda Abdelouahab Après le succès phénoménal de «Jrit ou jarit», le parolier Ali Hadani et le compositeur Abdelkader Wahbi, préparaient deux autres chansons pour Naima Samih. Les choses de la vie ont empêché le projet d’aboutir et le texte de «Fat el fout» macérait dans un tiroir. Après maintes recherches, ils apprennent l’existence à Casablanca d’une jeune chanteuse au nom de Majda Blidi, issue d’une famille de musiciens. Ils la contactèrent et lui soumettent le premier couplet qu’elle chanta avec grâce. La chanson a trouvé finalement sa voix. Pendant des semaines, le parolier et le compositeur faisaient la navette Rabat-Casa pour répéter avec elle au sein de sa famille. Une fois la chanson prête, ils l’enregistrèrent avec l’orchestre national. Et dès sa première diffusion le public l’adopta et en fera un tube consacré par le prix de la chanson de la saison 1981.

Née en 1960 à Kénitra, au Maroc, Latifa Raafat s’est fait connaître au début des années 1980. Latifa Raafat remporte le prix de la chanson marocaine avec le titre « Khouyi ».

Latifa Raafat dispose d’une des plus belles discographies de la chanson marocaine avec des titres comme Moghyara, Donia, Al Hamdo Li Llah, Ya Hali Ya Aachrani ou encore Ana fi Arek Ya Yama. La réputation de Latifa Raafat s’étend dans le monde arabe en entier et c’est grâce à elle et à son art que les autres pays arabes découvrent pleinement le dialecte marocain.

Mohamed El Hayani est né à Casablanca en 1947. Sa passion pour le chant l’a mené à Rabat où il intègre la chorale de la radio nationale, encouragé par le doyen de la chanson marocaine, Abdelkader Rachdi.

El Hayani a enregistré sa première chanson « Ya Oulidi » à la fin des années soixante avant de marquer les esprits avec « Rahila », chanson mythique composée par feu Abdessalam Amer.

Naima Samih – Yak a Jarhi

Nadia Ayoub

Abdelwahab Doukkali est né le 1er janvier 1941, à Fès, dans une famille de 13 enfants, conservatrice, modeste et très pieuse de par son patriarche qui tenait tout ce beau monde d’une poigne de fer.
Doté d’une personnalité profondément artistique, Abdelwahab Doukkali s’adonne, très jeune, à la musique, au théâtre, au dessin et à la peinture.
À l’âge de 18 ans, en 1959 donc, Abdelwahab Doukkali, empli d’espoirs et la tête pleine de rêves, prend la route et atterrit à Rabat où ses ambitions sont bientôt freinées alors qu’il s’ennuie à mourir dans son emploi à la RTM.
Bien qu’il ne soit pas apprécié de plusieurs de ses collègues de travail, Abdelwahab Doukkali s’attire néanmoins la sympathie du directeur de la RTM, Mahdi Elmandjra qui l’encourage et lui prédit une carrière flamboyante s’il se motive et essaie véritablement d’y arriver.
Revigoré par tant de confiance, c’est un Abdelwahab Doukkali motivé plus que jamais qui débarque à Casablanca, la ville où la musique se fait à l’époque.

Marsoul El Hob

Grand nom et indéniable légende de la chanson marocaine, Abdelwahab Doukkali a offert au répertoire marocain plus d’une centaine de compositions qui se passent de génération en génération dont « Marsoul el Hob », « Kan ya makan », « Lil o Njoum » ou encore « El-leil We Ana We Enta ».

Abdelwahab Doukkali a obtenu le 1er prix au Premier Festival de la chanson marocaine, qui s’est déroulé à Mohammedia en 1985. Il a participé a ce festival avec la chanson “kan ya makan” dont l’orchestration et l’harmonie furent réalisées par le défunt Abdeslam Khachan, ancien chef d’orchestre royal (de 1973 a 1999).

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2-3 Musique Classique Arabe

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Dès son jeune âge, Lotif Bouchnak s’intéresse à la musique et reprend les chansons de la diva Oum Kalthoum et des maîtres de la chanson égyptienne. Il intègre ensuite la Jeunesse musicale tunisienne puis La Rachidia comme premier soliste. Il peut y pratiquer le chant dont il améliore la technique avec le maître de la musique orientale et virtuose de l’oud, Ali Sriti. Cet apprentissage lui permet d’accéder très tôt à une maîtrise de la musique classique égyptienne et surtout d’élargir sa maîtrise des techniques vocales et instrumentales syro-andalouses et turques : muwashshahs, qasids, dawrs et maqâms irakien, chant mystique et même opéra. Ceci lui permet d’exceller dans l’interprétation du malouf et de développer un style d’interprétation particulier, avec une nette propension à l’improvisation (irtijel) — un genre de chant délaissé car difficile — sur des strophes classiques ou des poèmes en arabe dialectal ; ces derniers mettent en valeur ses qualités vocales.

Chanteuse préférée du roi Hassan II, Aziza Jalal a chanté pour la marche verte et l’unité nationale, comme elle a chanté pour Jerusalem et elle aussi chanté pour l’unité arabe lors des jeux panarabes à Rabat, au Maroc de 1985. La diva a également donné une série de concerts nationaux et internationaux, pour des causes humanitaires.

Warda Al Jazairia est une vedette algérienne de la musique classique arabe. Elle est considérée comme une « diva » de la chanson arabe, au même titre qu’Oum Kalthoum , Sabah ou Fairuz. Son répertoire comprend plus de 300 chansons. Durant sa carrière, Warda a vendu plusieurs dizaines de millions d’albums. Il existe une panoplie d’artistes connus dans le style orientaliste.

Aicha Redouane

Ahmed Gherbaoui

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Les Marocains n’ont plus besoin de visa pour aller au Qatar

Plus besoin de visa pour les Marocains qui désirent se rendre au Qatar.
Le Qatar a décidé d’exempter les ressortissants marocains de visas, a annoncé il y a quelques heures un communiqué de la Chambre des représentants marocains.

Le Qatar a récemment annoncé la suppression des visas pour les ressortissants de 80 pays. Ce mardi 5 septembre, le Premier ministre et ministre de l’Intérieur qatari, Cheikh Abdallah Bin Nasser Bin Khalifa Al Thani, a confirmé pour la première fois que le Maroc sera le 81eme pays bénéficiaire de cette mesure.

Qatar removes Visa requirement for Moroccans

Moroccans will no longer require a visa to visit Qatar

Qatar’s change in visa policy was told to Lahbib El Malki, President of Morocco’s House of Representatives, and Moulay Hafid Elalamy, Minister of Industry, who are currently representing King Mohammed VI at the official inauguration ceremony of Hamad Port held today, Sept. 5, in Qatar.

On August 9, Qatar announced visa-free program to allow citizens of 80 countries to enter the gulf country without applying for a visa. Morocco however was not included. The program aims to encourage tourism and air transport sectors, Qatar Tourism Authority has revealed.

Voyager écolo: Comment éviter la crème solaire, premier polluant de la mer en été

Et si la première cause de pollution des océans était dans votre sac de plage ?

On entend souvent parler de la pollution des déchets chimiques rejetés par les usines, des bateaux de croisière, des jet-ski… Mais rarement d’un fléau tout aussi dangereux pour la biodiversité marine  : la crème solaire.

Si vous pensiez qu’un rapide plouf ne pouvait pas avoir de réelle incidence, plusieurs études ont démontré qu’une baignade de 20 minutes suffit à déverser dans la mer un quart de la crème solaire que vous étalez sur votre peau, et causer un véritable désastre écologique: un fois dans dans la colonne d’eau, les composants chimiques provenant des crèmes solaires favorisent le blanchissement du corail et le développement d’infections virales qui peuvent tuer les coraux en 48 heures

Le comble est que le soleil – contre lequel les crèmes solaires sont censées apporter une protection – aggrave la toxicité de certains composants, ce qui entraîne de hauts niveaux de stress sur le phytoplancton et altère les muscles et les tissus graisseux des animaux marins: corail,  phytoplancton, microalgues, moules,  crustacés, oursins,  anguilles, poissons, mammifères et oiseaux marins.

Une catastrophe si l’on en croit les prédictions des spécialistes : « la moitié du corail mondial est en danger de disparition d’ici 20 ans ». Et si le corail disparaît, c’est tout l’écosystème qui sera mis à mal dont notre propre existence.

Certains pays comme l’Etat de Hawaï , sont entrain d’envisager une interdiction d’utiliser la crème solaire pour protéger le récif corallien de l’archipel.

Quelles solutions?

1- Choisir une crème solaire éco-friendly: Choisissez des lotions fabriquées à base de composants naturels, labellisées Bio et qui ne mettent pas en danger notre écosystème. Plusieurs marques commercialisent des crème solaires avec filtres minéraux (zinc ou titane) qui sont sans danger: les minéraux ne pénètrent pas dans la peau et ne provoquent pas d’allergie et limitent les impacts négatifs sur les écosystèmes marins.

2- Y aller en douceur: En vous exposant progressivement au soleil, vous laissez à votre corps le temps de se créer une barrière défensive naturelle. Parce que c’est bien cela le bronzage : une protection naturelle créée par notre corps. Elle est pas bien faite la Nature ?  En plus, vous garderez votre bronzage plus longtemps !

3- Fuir les heures où le soleil cogne: Quand le soleil est au zénith, mettez vous à l’abri pour un bon déjeuner ou une bonne sieste à l’ombre !

4- Se couvrir: La première des protections est la protection vestimentaire : sortez votre plus beau chapeau, vos lunettes de star, un parasol et une jolie tenue de plage.

5- Changer votre comportement et votre rapport à la plage: Faire la crêpe pendant six heures sous le soleil n’est pas l’idée du siècle, il y a bien mieux pour vous amuser l’été.

Recette de crème solaire maison:

(inspirée de la recette de Planet Addict, avec quelques petites variantes).

Ingrédients :
15g d’huile d’argan
30g d’huile d’avocat
30g d’huile de noix de coco
40g de beurre de karité
30g de pâte d’Ihle (contenant de l’oxyde de zinc sans nanoparticules)
10g de cire d’abeille ou végétal
10 gouttes de vitamine E naturelle
5 gouttes de vanille naturelle.

Mettre l’huile d’argan, l’huile d’avocat, l’huile de noix de coco, le beurre de karité et la cire d’abeille ou végétal dans un bain-marie.
Lorsque cet amalgame est chaud et fondu (ne jamais faire bouillir), ajouter la pâte d’Ihle et remuer suffisamment pour obtenir une texture crémeuse. Ensuite, ajouter les gouttes de vitamine E et les gouttes de vanille naturelle. Déposez dans un flacon de verre stérilisé à l’eau bouillante. Durée de conservation six mois dans un endroit à l’abri de la chaleur.

Le Maroc vu du Ciel

Le 21 juin prochain, 2M diffusera la version arabophone du documentaire exceptionnel baptisé « Le Maroc vu du ciel », réalisé par Yann Arthus-Bertrand et Michael Pitiot. La version francophone sera diffusée le jeudi 22 juin sur France 2 à 20h55 (heure de Paris).

Au-delà des des images inédites mettant à l’honneur la beauté d’un royaume aux richesses culturelles et naturelles rarissimes, le film se veut surtout, une invitation à la réflexion, à la contemplation et à la remise en question quant à la nécessité de préserver ces trésors.

Des douces collines de la Méditerranée aux plaines agricoles de l’Atlantique, des oasis du Sahar aux montagnes enneigées de l’Atlas , c’est le quotidien de tous les Marocains que nous montre le réalisateur. Riche d’un passé où semblent s’être croisées toutes les civilisations, et d’un territoire où semblent exister tous les milieux naturels, le Maroc y apparaît dans toute sa diversité et son unité.

Un voyage qui court les millénaires et les territoires, un  voyage au-dessus d’un Maroc qui frappe. Sur ses montagnes, ses dunes, ses remparts ou ses forêts, un Maroc qui semble témoigner sans cesse de l’incroyable diversité que peut produire le genre humain.

Un hymne à un Maroc, beau, dynamique et fragile.

3 days in Casablanca

Morocco’s largest city – modern, vibrant and cosmopolitan – is one of the kingdom’s greatest assets, a sun-bronzed strip of coastline where tea and culinary innovation are the local obsessions, where Casawis – residents of Casablanca city – speak every language under the sun, and where life is lived outdoors and to the fullest.

The World Heritage Art-Deco-era buildings that give the place its popular title of ‘White City’ are a major draw, as is the historic Habous medina , which has a fascinating Moorish heritage. But the city’s real attraction is the local lifestyle. Visitors tend to get into the Casablanca swing of things straight away, flitting between contemporary art galleries and chic cafes one day, artisan boutiques and blissfully balmy beaches the next. A few days here is fun, but a week can be a revelation – don’t miss it. Casablanca is one of the most exciting cities in the world, so I hope you’ll be willing to explore it !

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Things to do

Day 1

1- Mint Tea for Breakfast 9 A.M

Sqala café.Nestled on the edge of the old medina, this charming garden restaurant is a tranquil introduction to the city. Particularly popular for its traditional breakfast, it also serves briouates, kemias (Moroccan tapas), tajines, pastillas and brochettes for lunch or dinner.

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2- Hidden White Medina 10 A.M

History. Casablanca is barely 100 years old, but the ancient Medina is one of the oldest port cities in the world. At different times it has been governed by Berber, Roman, Arab, Portuguese, Spanish, French, British, and Moroccan regimes. In the 15th century, it emerged as a safe harbour for pirates, which led it to attacks by the Portuguese, who destroyed the town in 1468 and abandoned  completely in 1755 following an earthquake which destroyed it. The medina as it is today was founded in 1770 by sultan Mohammed ben Abdallah (1756–1790). Built with the aid of Spaniards, the town was called Casa Blanca (white house in Spanish) translated Dar el Beida in Arabic.

Visit. A dense warren of white house, city walls, shops and street food, is the most compelling, confusing and fascinating part of the Old Medina. Boulevard des Almohades, the Sqala Bastion, Sidi Allal Karouani, Buenaventura church, Ettedgui synagogue,  Ould El Hamra Mosque, Place de la Belgique, Bab El Marsa, Place Amiral Philibert, Sidi Bou Smara, Dar Makhzen Mosque, Sidi Belyout, the Bazaars,  the Clock tower, Bab Marrakech.

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3- Edgy and Bustling Port 11 P.M

For centuries Casablanca has always been a small seaport that enjoyed a lot of traffic and trade. It finally made the transition to the massive, modern port that it is today when work on the new piers and other important structures was started in 1906. Its historical background and vital function make it a necessity as well as a noteworthy site in Morocco. The port’s southern quay is dotted with bars, brasseries and cafes,  it also offers a very nice view on the Hassan II mosque.

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4- Taste of the Ocean  12 A.M

The most famous Moroccan seafood includes oysters, grilled sardines, shrimps, squids, spider crabs, scallops, lobsters, sharks..etc. Their fame is increased even further by restaurants around the Port and the rest of the city, such as Le Dauphin, Casa José, or Le Restaurant du Port who never misses a chance to stress that these coastal waters produce the best seafood in the world. The gourmet traveler can easily find magnificent seafood and fish, cheap but incredibly tasty.

 

5- The Flamboyant Hassan II mosque   2 P.M

Set over the Atlantic ocean and with a 210m-tall minaret that serves as the city’s major landmark, Hassan II mosque is a showcase of the very best Moroccan architecture. Multilanguage guided tours of the interior are conducted every day between 9:00 and 15:30 for 120 dirhams (60 dhs for locals).

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6- Beyond the Palace   3 P.M

Spend the afternoon touring the white fascinating streets of the Habous Medina. Start at the Mahkama of the Pacha a fantastic example of Moroccan architecture. It is not always possible to gain inside access, but sometimes a smile and a please are all it takes. If you are lucky enough to gain entry, admire the somptuous furnishings and design, the spectacular carved wood ceiling and the luxurious courtyard garden. A few blocks away is Al Mohammadi mosque, a mosque with fine wooden carvings and typical moorish courtyard garden and fountains. Closer access to the King’s Palace is difficult to come by, however it is worth seeing the stunning gate from the outside. Buy some fresh pastries at Pâtisserie Bennis, prepared at the ovens across the street, take them to Café Impérial, order a mint tea before wandering the nearby streets, where there are small souks for ceramics, rugs, olives, copper work and an Andalusian Music conservatory.

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Mahakma du Pacha Palace – By Youssef Aboudrar

7- To the Golden views  6 P.M

End the day with a drive to El Hank peninsula where you can wind your way up 256 steps to the top of the white lighthouse; Some of the most breathtaking scenery in the city is in this seaside neighborhood. First there was Le Cabestan Ocean View, it’s a literary institution, overlooking the ocean and the city’s lighthouse, even its toilets offer an amazing view – Don’t be caught out by the annoying “smart casual” dress code: it means no flip-flops or shorts or ripped clothing -;  and Le Petit Rocher, on the other side, perfectly situated for sunsets overlooking the mosque. Now there is Lily’s, located next to the Cabestan and promising a real journey across the Asian continent. It’s Zen interior offers a warm atmosphere around a varied asian meals. If you like belly dancing shows with an array of candles, lanterns, red velvet cloth and a conservatory with a breathtaking view over the shore Umayya restaurant is the perfect place; on the menu: a unique fusion of gastronomies, evoking flavours from Morocco and the Middle East.

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8- The Legend Continues  8 P.M

Housed in a traditional Moroccan grand mansion with a central courtyard, built in 1930, the Rick’s Café Bar and Restaurant takes advantage of Morocco’s abundance in seafood. The menu offers a wide selection of fish. Steaks, foie gras, goat cheese salad with fresh figs and an Crab Louis are among the dinner selections. Rick’s Cheesecake and brownies figure on the dessert menu. Friday, the popular  Moroccan couscous is available along with Moroccan tagines. The rooftop terrace barbecue, “The Pergola” offers a range of items from mixed grill to roasted game hen and swordfish steak. American crooners dominate the soundtrack when pianist Issam takes a break, and Sunday’s jazz sessions, which start at 9.30pm, are ever-popular.

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9- Beer-drinking in Mers Sultan   10 P.M

The strip of clubs and bars in Mers Sultan lends itself to bar-hopping.  Start at the unpretentious Bar Atomic, a basement bar hidden down the main street infront of the Le Lynx (Art-Deco style cinema). Beer-drinkers should also head to Kim-Mon bar, an other dark and smokey pub with predominant male population. Other bars and restaurants such as the Marcel Cerdan, la Corrida or le Don Quichote lost their 30’s and 70’s luster, attracting

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10 – Dancing and Jamming in the Old Center  12 P.M

Where to dance in Casablanca is a question for the ages — specifically, your group’s ages. But people young and old, or at least young and middle-aged, agree: The ’80s were a glorious decade for popular music. That explains the Saturday night, age-diverse and cosmopolitan crowd at La Bodega. Probably one of the most known places to have good drinks and enjoy latino music in Casablanca. For something stronger, seek out Le Vertigo. The underground bar features solo shows by some of musical theater’s finest talents.

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Day 2

1 – Break Bread. 9 A.M

Along Kennedy Boulevard in the Anfa neighborhood, French bakeries are still where mornings begin. Pick up a french croissant or macaron pastry with your coffee at Frederic Cassel, Gapi, Hotel Casablanca or Chez Paul (Café and Restaurant hosted in Zevaco’s Art Deco house), and watch the neighborhood wake up. So if you’re looking for a more intimate brunch setting, this ain’t it, you’d prefer the hidden garden of Fauchon , situated café in the same area or F.Kabbaj, located in les Arènes street and offering the best brunch of the city.

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2 – Along the Seaside. 10 A.M

For a scenic arrival in Ain Diab, start your walk from the top of Anfa hill at Boulevard du Lido, which offers a gorgeous view over the neighborhoods skyline, the ocean and Ahl Saud mosque. The quiet neighborhood is also home to several Art-Deco style villas also known as Paquebot style architecture. Then, walk along the water through Anfa Place Mall beach to Ain Diab beach. Get a kick of caffeine with a Ness Ness coffee drink or snack on a sweet doughnut from one of the cafés skirting the Ocean.

3 – Sun and Surf . 11 A.M

Much of the shoreline is home to luxury hotels and restaurants. During the day, the many beach clubs here do a roaring trade with sun worshipers lapping up the rays and splashing in the club swimming pools. Further along the shoreline is the public beach of Ain Diab. On sunny weekends, Nezaha Café is a great spot for people watching, with plenty of local families heading to the sand for picnicking and promenading. There are surf spots all along the corniche but the better quality (and well known) schools are found around Gate number 15. At the end of the Corniche, Morocco Mall  has some nice shops and an Imax cinema but not any specialty that makes the place irresistable. My favorite spot is the coffee shop on the main level next to the huge aquarium and looking over the Musical Foutain. You can also do a quick visit to Sidi Abderrahman island. The place used to be very special and original. With all the myth behind it and the « witches » that live there, it was one of the places that was beautiful from the outside as well as from the inside. Unfortunately, the authorities decided to build a bridge in ciment that destroyed its charm.

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4 – Lunch on the Beach. 2 P.M

There’s no need to leave the beach for lunch, though there are plenty of seaside restaurants and cafés. Simply pick up food at a nearby grocery store before you unfurl your beach blanket. Those who want a scene can dip into Hey Boutique, a quirky and delightful boutique and cafe where you can shop, brunch and sunbath, or one of the trendy addresses looking over the ocean: Inside the Tahiti Beach Club, Le Pilotis will welcome you on a terrace facing the sea and offering a great selection of seafood, grilled fish and catalan paella. Next to it, you have the choice between La Terraza, a perfect place if you are looking for a perfectly mastered Italian cuisine, or Gossip Beach Café, if you are looking to hang out wieth friends around delicous food. On the other side of the corniche, Café Bianca, offers a sophisticated menu at the terrace overlooking the ocean, while Boca Chica offers a scenic view on the famous Hassan II mosque.

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5 – The City Below. 5 P.M

It might not be the most stunning rooftop bar, but the 110m high Sky 23 bar of Kenzi Hotel offers a scenic view on the mosque, the ocean and the city’s broad boulevards. The drinks have nothing exceptional, you pay for the view. Less scenic, but more popular the Jameson Rooftop offers a sophisticated, modern lounge atmosphere located 35m above Quartier Gauthier on the roof of the JM Suites Hotels, overlooking the Sacré-Coeur church, the Park, Hassan II mosque and Mohammed V square.

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6 – Gourmet night. 7 P.M

Located on the top of Boulevard de la Corniche, Joleha is a haven of Italian cosiness and refinement. Sitting inside its elgant dining room or outside its spacious and romantic garde, you’ll get a wonderful reception and excellent Italian food ! If you are looking for a Parisian gastronomy, Le Relais de Paris will offer you a succulent menu while adming the ocean from its terrace. Start with a Gratin de Gambas, followed by a Châteaubriand before ending by a sweet Pain Perdu.

7 – Drink Decisions. 9 P.M

Ain Diab is a prime one-stop destination for evening entertainment. Start the night with a drink at the the lounge situated at the back of the Mai Thai restaurant. The yummilicious food and cocktails, the smiling and caring attendants would entice you to share long relaxing hours with your friends. Afterward head to B Rock or La Calèche,  le B-Rock, La Cantine d’Anfa or L’Amstrong where touring musicians usually sit in, playing American pop and rock music. If you like Cabaret show, Le Boudoir offers a wide array of exclusively French cuisine and exceptional artist shows every day of the week in a warm environment.

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8 – Twilight Tipples. 11 P.M

For a nightcap, head to the Sky Bar located in the open air and having an amazing sea view (great during summer) and well known to trendy and wealthy locals. If you want to find a taste of Miami parties, the dance floor at Maison B, a chic and elegant club with an  incredible and open air space, is a good place to look. For more diversity, BAO is an awesome place to hear Afropop, Urban music and Rnb. It’s one of the few clubs in Casablanca when dancing is the main point of focus rather than drugs, money and alcohol.

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Day 3

1 – Art-Deco morning. 9 A.M

If you’re still feeling the excess of your Moroccan night, await at Le Doge, an Art-Deco-era hotel with a lovely rooftop. From there you can walk to the small Museum of Abderrahman Slaoui : a private collection of vintage treasures such as Colonial portraits of Morocco, beautifully displayed over three floors of a private art-deco house. Behind the leafy Parc de La Ligue Arabe, the city’s largest green space, infront of Ecole des Beaux Arts, is the Sacré-Coeur church, a white shiny place, offering an breathtaking view of the city from its rooftop.

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2 – Arty walks and Healthy Juices 11 A.M

A gentrification wave has spruced up the neighborhoods of Gauthier, Racine, Bourgogne and Palmiers with several galeries, as well as original shops and trendy cafes and restaurants: Bondi Kitchen , where an australian family is preparing healthy brunches and organic drinks; Wright, a fabulous moroccan tea house selling « gazelle horn » pastries with Matcha flavor; Le Fence, where American pancakes can be served with alcoholic drinks; Les Soeurettes, a friendly and glamorous café; and Jus de Bordeaux, where you can order and avocado and dry fruits smoothie for less than 15 dirhams. After indulging a cheese and honey harcha or M’semen pancake, walk off some of the calories on a stroll on Boulevard d’Anfa, where you can visit Bet-El Temple, the most important synagogue in the city, next to the Jewish Mellah; then continue on Boulevard Moulay Youssef, a curious avenue marked by a mix of beautiful Art Nouveau houses shadowed by brand new buildings and palm trees. End your walk by a visit to Villa des Arts, a white Art-Deco Museum setting off exhibits of contemporary art in airy rooms.

3 – White Colony. 3 P.M

A walk around the old colonial center will demonstrate clearly that the city was the place that the French colonial authorities gave most attention. The center is very large, with several beautiful buildings white with soft lines, and often plenty of details. The area to explore extends from Hassan II avenue to Place Mohamed V, the main square hosting large structures such as the Palais de Justice, the Wilaya, the Post office and Bank Al Maghrib. Further west and north, and starting from Place des Nations Unies, the long boulevard Mohammed V displays more impressive buildings.  Make sure you have a camera in hand to take pictures of the eleven story Moretti apartment block and the high rise art deco buildings covered with loggias, columns, zellij tiles and geometric carvings. Right in from the boulevard, you will find the Marche Central.  A small market where can taste fresh oysters and seafood and buy some spicy moroccan coffee. If you have time for coffee, try to find the Princière café, a secret Art-Nouveau style café, on the first floor of Immeuble de la Princière. With time, Visit also the following streets : Rue Idriss Lehrizi between the Rialto cinema and Bank Al Maghrib; Rue Alla Ben Abdellah between the Assayag and Excelcior buildinds; Avenue Lalla Yacout, Boulevard de Paris, Rue Prince Moulay Abdellah and Avenue Mers Sultan till Notre-Dame de Lourdes church and the Murdoch garden.

Hotels in Centre-Ville: Click here

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4 – Hammam and Beyond. 5 P.M

You’re bloated on brunches. You’ve walked a lot of miles. Try one of the numerous and opulent hammams that the city offers. An attendant will position you on a heated marble slab, wet you with hot water, rub your entire skin with a rough glove, mummify you in foamy soap and finish by massaging your back and send you into the relaxation room for a glass of mint tea.

5 – GauthierMania. 7 P.M

You won’t find the Gauthier district in most travel guides. But its tony streets are at the front lines of a style invasion. For a relaxing drink with friends, hit the garden bar of Gauthier Hotel; for a cosy and original design, snap-up a drink at Le Bazaar. Then flaunt your finery at Le Kimmiz , popular for loungier outings or other pubs and bars such as l’Artiste, le Chester’s, l’Equinox and Trica.

Hotels in Gauthier: Click here

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Where to stay

Beach side

  • Villa Blanca : 120€ per night
  • Pestana Seaview: 122€ per night
  • Four Seasons: 207€ per night

Art Deco center

  • Imperial Hotel:  53€ per night
  • Le 135: 86€ per night
  • JM Suites: 109€ per night
  • Le Doge: 132€ per night
  • Hyatt Regency: 158€ per night
  • Sofitel Tour Blanche: 206€ per night

Downtown

  • Barcelo Hotel: 88€ per night
  • Gauthier Boutique Hotel: 95€ per night
  • Movenpick: 108€ per night
  • Palace d’Anfa: 112€ per night
  • Art Palace: 124€ per night
  • Kenzi Tower: 125€ per night

South Beaches

  • Hotel des Arts: 50€ per night

North Beaches

  • Bahia Golf Beach: 120€ per night
  • Eden island: 1350€ per night

Bouskoura

  • Wellness center: 59€ per night
  • Dar Diafa: 65€ per night
  • Atlas sky: 90€ per night

The remarkable distances you can travel on a European train in 1 day

If you are a fan of travelling by train you might like this train travel map found in the Washington Post.

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If you prefer fast rides, start somewhere close to Paris or London

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Eastern Europe is incredibly poorly connected

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Scandinavia is surprisingly well connected

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10 Moroccan destinations to visit in Autumn

Morocco is justly famous for its long hot summers and amazing beach holidays, but that doesn’t mean the country shuts down for the rest of the year. Indeed, much of the best travelling in the country happens after the crowds head home. Visiting Morocco in the autumn means less tourists, lower prices and a more intimate travel. Here, I pick my top 10 Moroccan destinations for the fall, along with a hotel and restaurants recommendations for each.

1- Imouzzer

In Imouzzer, fall foliage isn’t restricted to the trees. Famous for its lakes, apples and charming village, the region triples the pleasures of fall color in a surprising way. The gold and ruby leaves of apple-trees, oaks, larch, and beech trees are beautiful, sure. But the real punch comes in the low heather, bracken, and bilberry brush that create a velvety red blanket over the Imouzzer’s famed fells (hills and mountains). On still days, you’ll get twice the impact as the dramatic colors are reflected in the lakes below. An autumn hotline helps visitors locate the best color, and hiking offers excellent, free views of the foliage, lakes, and ubiquitous grazing sheep.

 

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2- Ras El Ma

When a the whole region is named after a water spring, you know it’s an extraordinary place to visit. Aspen leaves turn a rich yellow hue in the fall and literally shimmer in the breeze when the sun hits them. The gold tones of aspens in autumn make for a picture-perfect contrast with the evergreens and craggy cedar mountain peaks. While the ritzy ski resort town of Michliffen is the place to see and be seen in the winter, it mellows during the autumn months.

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3- Ain Leuh

Cut into the Dayet Awa and forming a natural border between southern Cedar Forest and northern Middle Atlas range, Ain Leuh is a sublime sight. Come fall, when the firs, cottonwoods, big-leaf maples, Atlantic cedars, and twisted pines start to show their colors, it’s absolutely breathtaking. Visitors can choose to take in the golden and bronze hues while hiking a variety of trails.

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4- Ifrane

This is Morocco as you never pictured it, a Lord of The Rings-style landscape of cedar forests and ancient walkways. Best of all, Ifrane is just over an hour from downtown Meknes making it a perfect autumn day-trip destination. Rent a house, read a book by an open fire, or walk through the cedar forests: whatever you choose you can’t go wrong here. Oh, and the local Trout tagine is among the best in Morocco.

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5- Ketama

For the ruggedly self-sufficient, Ketama is a dream fall foliage destination. By the end of October, all the park’s concessions have closed for the season, guests have gone home, and you pretty much have the entire park to yourself. This is one of the best places to see fall folliage. Golden and Bronze trees intermingled with evergreens set against the backdrop of the massive snow-covered peaks of the Rif mountains make for perhaps the most dramatic autumn scene in Africa. Plus, wildlife abounds, with barbary macaques, wilde boars, Atlas deers and foxes making their preparations for winter.

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6- Azilane

The most spectacular section of the Rif mountains? The deep autumnal colours of Talassemtane’s ancient pine forests, plus its incredible rock formations, certainly make this UNESCO World Heritage Site a strong contender.

The Auberge Tissouka  was once a cannabis plantation, and the charming shapes of the alpine architecture lend themselves well to the natural landscape surroung it . There are many varieties of rooms—singles, double with mezzanine areas, family rooms. The hosting family will also offer free tea, coffee, and prepare delicious traditonal meals prepared with fruits and vegetables grown right on the property.
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7- Ouarzazate

In Berber, Ouarzazate literally means “Door of the Desert.” If you’re heading to Morocco in autumn, this region absolutely needs to be a part of your travel plan. On the way from Marrakech heading down to the Sahara desert, Aint Benhaddou is a World Heritage site where your favorite movies  were made, including: Lawrence of Arabia, Games of Thrones and Gladiator…etc.

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8- Tazzeka Park

Tazzeka Park, between Taza and Fez in Morocco’s Imperial Region , is a true surprise. After all, who’d have guessed that somewhere in Africa, among towering snow-capped peaks, you’d find an alpine meadow studded with thousands of mountain cedar and mapple trees, which turn vibrant yellow every Autumn? The trees, some of them 1000 years old, are a sure sign of the region’s « fifth season, » or Berber summer.

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9- Legzira beach

Travel from Atlantic shore to Sahara’s edge on this bird-filled autumn to southern Morocco. Legzira beach is often seen as one of the most amazing stretches of sand in all of Africa, mainly due to its two formidable red rock arches, formed by years of erosion from the pounding ocean. I’m told the best time to see them is at sunset when the rock turns a glowing red colour..

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10- Dakhla

Between ocean, lagoon and desert, hundreds of km  from any kind of civilization, Dakhla is the perfect place for relaxing and spending unusual holidays. You will find in this place, at the border of several worlds, influenced by the Moroccan and African cultures, an ideal location to open up to new sensations and horizons.

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